Après avoir connu en juin le mois le plus chaud jamais enregistré sur son territoire, la France subit une sécheresse exceptionnelle par sa précocité et son intensité.
A la mi-juillet, 95 départements métropolitains sur 96 sont déjà soumis à des restrictions d’eau et un quart des petits cours d’eau sont à sec.
Pour Syntec-Ingénierie, cette
sécheresse chronique ne doit plus être vu comme une crise saisonnière, mais
comme une donnée structurante pour les territoires, et l’adaptation au manque
d’eau doit être intégrée au cœur des politiques d’aménagement.
Sous l’effet du
changement climatique, qui perturbe tout le cycle de l’eau, la sécheresse a
cessé d’être un épisode ponctuel que des restrictions temporaires suffiraient à
résorber. 39 départements sont actuellement touchés par un épisode de
sécheresse sévère, près de 100 000 habitants dépendent de ravitaillements en
eau potable et, avec 54% des points d’observation en-dessous des normales
mensuelles début juillet selon le BRGM, la situation des nappes phréatiques se
dégrade. Les conséquences gagnent toute l’activité agricole, industrielle et
énergétique, causant également l’arrêt de trois réacteurs nucléaires et
favorisant les incendies qui se multiplient sur des sols desséchés. Au-delà de
l’urgence, la réponse à cette situation doit être structurelle et se construire
en amont, dans la manière dont les projets sont conçus, arbitrés et financés,
comme y invite le Plan Eau de 2023 avec, entre autres, son objectif de
réduction de 10 % des prélèvements d’ici 2030, mais au-delà, une nouvelle
approche de la gestion intégrée de l’eau dans notre pays.
C’est là que
l’ingénierie doit être pleinement mobilisée : les solutions existent, de la
résorption des fuites dans les réseaux à la conception de bâtiments et
d’infrastructures plus sobres en passant les études contextualisés sur les
usages et le partage de la ressource en eau ; et les 42 000 ingénieurs de la
branche qui travaillent déjà sur des missions liées au changement climatique
offrent l’expertise nécessaire pour les déployer sur nos territoires, de la
façon la mieux adaptée à chaque contexte, car il n’y a pas de solution «
générale ». L’adaptation aux nouvelles conditions climatiques et plus
particulièrement hydrologiques (sécheresse, risque inondation) ne peut plus
être un paramètre ajouté en fin de projet : elle doit devenir un principe de
conception fondamental, présent dès les premières phases de chaque
infrastructure et de chaque aménagement.
Pour Michel Kahan, président de Syntec-Ingénierie : « Le changement climatique nous oblige à changer de méthode. L’ingénierie a un rôle décisif à jouer pour économiser l’eau, adapter nos infrastructures et accompagner les territoires vers la résilience à ces crises à répétition. Les objectifs de réduction des prélèvements, de meilleure répartition des usages, de réutilisation des eaux usées traitées, sont atteignables mais ils supposent d'engager dès maintenant des actions fortes. »


