Chiffres OCDE sur la finance climat 2023/2024.
Les pays riches
estiment avoir mobilisé 132,8 milliards de dollars en 2023 et 136,7 milliards
de dollars en 2024 pour la finance climatique internationale.
« Il n’y a pas de quoi
se réjouir. Les hausses observées en 2023 et 2024 ne doivent pas masquer la
réalité bien plus préoccupante du présent : en 2025 et 2026, les coupes dans
l'APD vont inverser la tendance. Nous sommes face à un sérieux risque de recul
», commente
Selma Huart, chargée de plaidoyer sur la transition justice, Oxfam France.
2025 : un tournant
marqué par les coupes dans l’aide et le manque de visibilité
Malgré l’adoption d’un
nouvel objectif mondial sur la finance climat lors de la COP29, la France n’a,
elle, toujours pas annoncé à quelle hauteur elle participera à l’effort. Sans
objectif français de finance climat après 2025, mais avec des coupes successives
dans l’APD, la capacité du pays à augmenter (et même maintenir) son niveau de
finance climat dans les prochaines années est sérieusement en péril.
Cette absence de
visibilité est d’autant plus inquiétante que d’autres pays, comme le Canada,
ont déjà clarifié leur trajectoire.
Des prêts toujours
majoritaires, et souvent peu concessionnels
En 2023 et 2024, la
grande majorité des financements climat reste constituée de prêts, dont
beaucoup ne proposent même pas de conditions réellement préférentielles.
« Dépasser le seuil des
100 milliards ne suffit pas si la majorité de cette finance climat continue
d’endetter les pays du Sud au lieu de leur permettre de face à la crise
climatique »,
déclare Selma Huart. « La France se distingue particulièrement par sa
capacité cynique à se faire de l’argent sur le dos la crise climatique et de
ceux qui la subissent déjà. Près de 80 %
de sa finance climat est accordée sous forme de prêts, avec seulement 15% de la
somme annoncée (1,09 milliard d’euros) correspondant à la part réellement
concessionnelle des prêts. Les financements climatiques français rapportent des
sous au créancier, loin d’un véritable soutien climatique. »
Une croissance tirée
par le privé… qui laisse les plus pauvres de côté
Une part importante de
la croissance observée en 2023 et 2024 est liée à la mobilisation de
financements privés. Ces investissements peuvent contribuer à des projets
notamment dans le secteur de l’énergie dans certains pays émergents. Mais ils
bénéficient très peu aux pays les plus pauvres.
Derrière les annonces
triomphantes, le rapport de l’OCDE révèle surtout les profondes failles de la
finance climat internationale. Les Pays les Moins Avancés (PMA) qui ont le
moins contribué à la crise climatique, continuent d’être largement laissés de côté.
Alors qu’ils dépendent avant tout de financements publics pour protéger leurs
populations et s’adapter aux catastrophes climatiques, les montants qui leur
sont destinés ont chuté de 11 milliards d’euros en 2022 à 8,4 milliards en
2023, avant une légère remontée à 9,6 milliards en 2024. Même aujourd’hui, ils
reçoivent toujours moins qu’il y a deux ans.
Adaptation : encore
loin de l’objectif de triplement
Les financements dédiés
à l’adaptation ont poursuivi une progression, à un rythme très insuffisant
(environ +1 milliard de dollars par an depuis 2022). L’OCDE déclare qu’il
faudrait augmenter de 18 % les financements pour l’adaptation d’ici l'année
prochaine pour atteindre l'objectif de Glasgow (qui dit qu’il faut doubler le
financement de l’adaptation) et encore beaucoup plus pour atteindre l’objectif
de COP30, celui de tripler les montants.
Demandes
Oxfam France appelle à
:
• Un engagement clair et pluriannuel de la
France au-delà de 2025 ;
• Une augmentation massive des financements
climat sous forme de dons ;
• Un triplement effectif et accéléré des financements pour l’adaptation, sous forme de don.


