1er baromètre des Travailleurs Non Salariés - IFOP pour
Welfaire
Alors que la santé mentale est reconduite Grande cause nationale en
2026, le sujet reste presque exclusivement abordé sous l'angle du salariat :
médecine du travail, prévention des risques psychosociaux, accords
d'entreprise. Les 4,6 millions de travailleurs non-salariés selon l'Urssaf, en
hausse de plus de 5 % par an, exercent pourtant sans employeur, sans collectif
et sans service de prévention.
Welfaire, première mutuelle santé et prévoyance dédiée aux indépendants
entrepreneurs, publie avec l'IFOP le volet santé mentale de son baromètre
annuel : un indépendant sur cinq juge sa santé mentale mauvaise, et trois sur
dix ont déjà renoncé à consulter faute de moyens.
Les 4 chiffres à retenir
• 21 % des travailleurs indépendants jugent leur santé mentale mauvaise ou
très mauvaise
• 58 % jugent difficile de faire face à la fatigue, au stress et à la charge
mentale générés par le fait de porter seul(e) leur activité
• 30 % ont déjà décalé ou renoncé à consulter un psychiatre, un psychologue ou
un thérapeute, faute de moyens
• 34 % ont déjà envisagé de renoncer au statut d'indépendant pour réduire leur
stress et protéger leur santé mentale
Une santé mentale qui tient… jusqu'à ce qu'elle lâche
Une large majorité des indépendants s'estiment en bonne santé mentale, à
un niveau proche de leur santé physique. Un sur cinq déclare toutefois avoir
une santé mentale mauvaise ou très mauvaise, et cette proportion varie
fortement d'un profil à l'autre.
Elle se concentre là où le risque économique et le déséquilibre des
temps de vie se cumulent. Les indépendants qui anticipent une baisse
d'activité, ceux qui ne vivent pas correctement de leur travail et ceux qui ne
parviennent plus à séparer vie professionnelle et vie personnelle sont
nettement plus touchés. Pour ces derniers, la proportion en mauvaise santé
mentale est plus de deux fois supérieure à la moyenne.
La solitude et la charge mentale, parmi les premières difficultés citées
Les indépendants sont par ailleurs très largement satisfaits de
l'intérêt de leur travail, de son contenu et de leur autonomie, davantage que
les salariés français. Les difficultés qu'ils déclarent portent sur d'autres
dimensions : près de six indépendants sur dix jugent difficile de faire face à
la fatigue, au stress et à la charge mentale générés par le fait de porter
seul(e) leur activité. Plus d'un sur deux se dit exposé à un sentiment de
solitude professionnelle, et une large majorité juge difficile de faire face
aux périodes de baisse ou d'interruption d'activité (maladie, accident,
grossesse ou ralentissement économique).
Les femmes indépendantes déclarent des difficultés nettement plus
marquées que leurs homologues masculins : 77 % d'entre elles jugent difficile
de faire face aux périodes de baisse d'activité (contre 67 % des hommes), et 64
% de porter seules la fatigue, le stress et la charge mentale liés à leur
activité (contre 55 % des hommes).
Le renoncement aux soins, faute de moyens
L'étude mesure également l'accès aux soins : trois indépendants sur dix
déclarent avoir déjà repoussé ou abandonné une consultation chez un psychiatre,
un psychologue ou un thérapeute parce que leurs moyens ne le leur permettaient
pas.
Cette proportion double presque lorsque les répondants se déclarent en
mauvaise santé mentale, et s'élève encore davantage parmi les indépendants
issus des catégories populaires. À l'inverse, moins d'un indépendant sur cinq a
déjà consulté un professionnel de la santé mentale pour l'accompagner dans son
activité.
Quand la santé mentale devient un risque économique
Faute de pouvoir se soigner, beaucoup envisagent de lever le pied, voire
de tout arrêter. Un tiers des indépendants ont déjà envisagé de renoncer à leur
statut pour se préserver, et près d'un sur deux d'y ralentir leur activité.
Parmi eux, certains profils apparaissent surreprésentés : les 30-39 ans,
les habitants des petites communes, les indépendants issus des catégories
populaires, ceux qui cumulent leur activité avec un emploi salarié et les
travailleurs du commerce.
Les répondants en mauvaise santé mentale sont par ailleurs plus nombreux
à anticiper une baisse de leur activité au cours de l'année à venir, et à se
déclarer plus vulnérables que les salariés face aux aléas économiques.
« Les indépendants portent seuls leur activité, leur trésorerie et leurs incertitudes, jusqu'à devoir parfois arbitrer entre leur santé et leur entreprise. Leur santé mentale est un facteur direct de fragilité économique et, lorsqu'elle se dégrade, de destruction de valeur pour le tissu productif français. C'est pour eux que Welfaire a été créée, et c'est le sens des services de prévention que nous développons. Alors que la santé mentale est Grande cause nationale, nous appelons les pouvoirs publics, les assureurs et les réseaux d'accompagnement à construire un plan d'action pour la santé mentale des indépendants. Ils font vivre l'économie des territoires : il est temps que leur santé mentale compte autant que leur contribution. », conclut Jérémie Herscovic, cofondateur de Welfaire.


