Tandis que 28% des employés se sentent plus
sereins et économisent jusqu’à 20 heures de travail par semaine, 25% se sentent
submergés par l'usage de l'IA au travail.
L’IA ne se contente
plus de transformer les processus de travail : elle transforme désormais la
manière dont les employés se sentent au quotidien. Une étude mondiale menée
auprès de plus de 3 000 professionnels par l’AI Maturity Index - une plateforme
de recherche qui aide les organisations à comprendre leurs modèles d’adoption
de l’IA - et cosignée par l’agence de communication européenne Ballou, révèle
un fossé psychologique croissant entre les travailleurs qui prospèrent grâce à
l’IA et ceux qui se sentent laissés pour compte.
Cette nouvelle
fracture, davantage liée aux comportements qu’aux caractéristiques
démographiques, est en train de remodeler silencieusement les environnements de
travail :
• 28 % des travailleurs déclarent un
soulagement significatif du stress et un meilleur équilibre vie
professionnelle/vie privée grâce à l’IA ;
• 72 % ne constatent aucune diminution de leur
stress ;
• 25 % se sentent dépassés et 14 % anxieux
concernant leurs capacités liées à l’IA.
• L’Europe devance les États-Unis de 15 % en
matière de maturité IA.
L’Europe est en tête,
mais des écarts persistent
L’Europe affiche une
intégration de l’IA nettement plus avancée au travail avec 65% des travailleurs
qui l’utilisent au quotidien, contre 51% aux États-Unis.
Cette adoption
généralisée se traduit par une intégration plus profonde de l’IA dans les flux
de travail (UE : 73,96 vs. 68,63 États-Unis). Cependant, d’importantes
disparités persistent entre les pays européens :
|
|
Atténuation
du stress |
Temps
gagné |
Meilleur équilibre/vie
professionnelle/vie privée |
Surcharge
psychologique |
|
UE |
15% |
10H |
14% |
60 |
|
UK |
14% |
12H |
9% |
56.7 |
|
FR |
12% |
10H |
7% |
59.7 |
|
DE |
14% |
7.5H |
5% |
57.8 |
|
ES |
14% |
9.3H |
4% |
61.2 |
|
US |
17% |
9H |
6% |
59 |
Si les travailleurs
européens économisent en moyenne près de 11 heures de travail par semaine grâce
à l'IA, ce sont les travailleurs de plus de 55 ans qui font grimper la moyenne,
avec 13 heures économisées par semaine.
Il n’y a pas de
différences majeures entre les hommes et les femmes. Pour les deux groupes,
l’IA est devenue un outil du quotidien (66% des hommes et 62% des femmes l’utilisent
au moins une fois par jour). En revanche, les femmes déclarent un impact
légèrement plus positif sur le stress (15% contre 14%) et la confiance en soi
(19 % contre 17%). C’est au niveau des gains de productivité perçus que l’écart
est le plus net : 24% des hommes déclarent une augmentation de leur
productivité grâce à l’IA, contre 18% des femmes.
L’IA stimule la
productivité mais seulement lorsqu’elle est utilisée pour les bonnes tâches
En moyenne, les
travailleurs gagnent 10 heures par semaine grâce à l’IA. Les meilleurs
utilisateurs arrivent à gagner jusqu’à 20 heures, non pas en travaillant plus,
mais en travaillant plus intelligemment.
Mais un décalage
persiste car la majorité utilise l’IA pour des tâches administratives (e-mails,
création de contenu, recherches basiques). Or les gains les plus importants
proviennent des tâches stratégiques :
• planification de projets (23h économisées par
semaine),
• brainstorming (20h économisées par semaine),
• planification stratégique (16h économisées
par semaine).
Ceux qui mobilisent
l’IA pour des tâches « intellectuelles » gagnent en temps, en clarté et en
sérénité. Ceux qui l’utilisent pour des tâches « opérationnelles » gagnent en
vitesse - mais pas en apaisement.
Marketing : les
utilisateurs d'IA les plus intensifs et les plus débordés d'Europe
Les équipes marketing
sont les premières à adopter l'IA en Europe. Elles obtiennent des scores
supérieurs de +13,9% à la moyenne en matière de productivité et de +24% en
matière d'innovation, soit les scores les plus élevés de toutes les
professions.
Leurs principales
utilisations quotidiennes correspondent aux points forts de l'IA :
brainstorming (43%), création de contenu (29%), planification de contenu (17%)
et études de marché (17%).
Mais cette première
place comporte néanmoins des conséquences : les spécialistes du marketing sont
74% plus susceptibles de se sentir débordés que la moyenne des professionnels.
« Les résultats de
l’étude sont catégoriques : le succès de
l’IA n’est pas une question d’outils ou de budgets, mais de comportement. Les
travailleurs qui font confiance à l’IA affichent jusqu’à 153% de productivité
en plus, et ceux qui l’expérimentent quotidiennement surpassent largement ce
que peut apporter une formation formelle. Les gains réels ne viennent pas de
l’automatisation des tâches administratives, mais de l’utilisation de l’IA pour
planifier, résoudre et imaginer. », explique Iwo Szapar, fondateur de AI
Maturity Index.
« Cette étude reflète
exactement ce que nous observons chez les équipes marketing à travers l'Europe
: elles sont les plus rapides à adopter l'IA et génèrent les gains les plus
importants, mais elles sont aussi les plus exposées à la pression. Pour les entreprises
technologiques, le défi n'est plus l'adoption, mais le soutien des équipes et
la garantie que l'IA améliore leur travail, sans l'épuiser. », conclut Cédric
Voigt, PDG de Ballou


