Le cabinet de conseil en ressources humaines LHH publie la première édition de son Observatoire des trajectoires professionnelles.
Selon l’Observatoire des trajectoires professionnelles LHH, le retour à l'emploi salarié progresse au second semestre 2025 et représente désormais 55,6 % des transitions, contre 50,8 % au premier semestre 2024.
Dans un contexte
économique incertain, la recherche de sécurité de l'emploi s’impose comme un
critère déterminant. Cette tendance s'accompagne toutefois d'un allongement des
délais et d'une mutation des profils, désormais largement composés de cadres.
« Cette première édition de l’Observatoire des trajectoires
professionnelles, permet d’analyser les parcours de retour à l’emploi pour
mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre sur le marché du travail. Il met en
évidence un marché qui reste dynamique, mais dont les équilibres évoluent. Les
retours à l’emploi sont nombreux, mais les trajectoires deviennent plus
contrastées : les délais de reclassement s’allongent, tandis que les
entreprises ciblent davantage des profils « prêts à l’emploi », allongeant le temps
de sélection pour une partie des candidats. Cette lecture permet de mieux
comprendre comment entreprises et candidats ajustent aujourd’hui leurs attentes
dans un environnement incertain » explique Michaël
Chambon, spécialiste des transitions de carrière chez LHH.
Le salariat, solution privilégiée dans un contexte incertain
Dans un environnement peu lisible où les projections économiques des entreprises restent incertaines et les plans de restructuration difficiles à anticiper, le retour à l'emploi salarié s'impose comme la réponse la plus directe et la plus sécurisante. Ce choix s’explique aussi par une logique de continuité de la carrière : l'emploi salarié permet de rebondir sur un métier connu, parfois dans un autre secteur, sans s'exposer aux aléas d'un projet entrepreneurial ni à l’engagement d'une reconversion.
En deux ans, cette
tendance de retour en entreprise s'est consolidée de près de cinq points,
passant de 50,8 % au S1 2024 à 55,6% au S2 2025.
À l'inverse, dans ce même contexte, créer son entreprise ou s'engager
dans une formation longue apparaît comme un pari plus aléatoire. La création
d'entreprise recule (21,4 % au S2 2025 contre 22,9% au S1 2024), tout comme la
formation longue (17,0 % vs 18,3 %).

Des retours à l’emploi plus fréquents… mais plus longs
Si davantage de personnes retrouvent un emploi salarié, le chemin pour y
parvenir s’étire. La durée moyenne de reclassement passe de 6,5 mois (S2 2024)
à 7,6 mois (S2 2025). Cette hausse traduit une plus grande prudence des
entreprises dans leurs décisions de recrutement. Pour limiter la prise de
risque et les investissements de formation à long cours, elles préfèrent
favoriser des profils immédiatement opérationnels. Par ailleurs, avec un volume
d’offres plus restreint, les employeurs bénéficient d’un pouvoir de sélection
plus fort.
Les parcours de formation longue restent stables, avec des calendriers
généralement fixés à l’avance (environ 4,5 mois). À l’inverse, les délais
diminuent pour la création d’entreprise (de 9,7 à 8,2 mois) et les dispositifs
de fin de carrière (de 13,7 à 11,9 mois).
Davantage de cadres concernés, mais des atouts pour rebondir grâce aux
compétences transférables
Le profil des bénéficiaires en transition évolue : les cadres
représentent désormais 47,7 % des reclassements en emploi (contre 36,8 % début
2024). Cette mutation reflète notamment la transformation des restructurations,
qui touchent de plus en plus les fonctions support et managériales. Mais elle
illustre aussi la capacité de rebond propre aux cadres. Dotés de compétences
transversales (gestion de projet, gestion des risques, capacités d’analyse,
prise de décision, maîtrise d’outils et de méthodes de travail), ils peuvent
plus facilement faire valoir leur profil dans des environnement variés, y
compris en dehors de leur secteur d'origine. Au-delà des seules compétences
techniques, leur adaptabilité repose également sur des compétences
comportementales (curiosité, autonomie, capacité de collaboration, leadership)
qui facilitent les mobilités professionnelles et les reconversions. Moins
spécialisés, ils peuvent donc plus facilement trouver des débouchés là où
d’autres métiers se heurtent à des exigences techniques sectorielles.
D’ailleurs, l’Observatoire révèle que la part des ouvriers diminue nettement,
aussi bien dans le retour à l’emploi (21,7 % au S1 2024 vs 13,2 % au S2 2025)
que dans la formation (30,8 % vs 10,9 %).
« Un profil type aujourd’hui, c’est celui d’un cadre expérimenté dans
l’industrie, autour de 40-50 ans, qui retrouve un poste après plusieurs mois de
recherche. Il ne change pas forcément de métier, mais évolue vers un autre
secteur d’activité en valorisant des compétences transverses, facilement
transférables qui doivent être repérées, développées et enrichies. Ce type de
trajectoire illustre bien la réalité actuelle : les opportunités existent, mais
elles nécessitent davantage de temps, d’adaptation et de lisibilité, à la fois
pour les candidats et pour les entreprises. »,
analyse Michaël Chambon.
L’industrie est le premier secteur de destination
L'industrie manufacturière demeure le premier secteur d'accueil des personnes retrouvant un emploi avec 30 % des transitions vers l'emploi salarié au S2 2025. Le commerce progresse nettement, passant de 16,8 % à 19,1 %. Les activités financières et d'assurance ainsi que l'information-communication reculent (respectivement 5,1 % chacun), reflétant le ralentissement observé dans la tech et la finance. La santé et action sociale double presque sa part (de 3,3 % à 5,1 %), confirmant l'attractivité croissante de ce secteur en tension de recrutement.


