Longtemps perçu comme une étape clé de progression de carrière, le management semble aujourd’hui perdre de son attractivité. Entre pression accrue, responsabilités élargies et rémunération jugée insuffisante, de plus en plus de Français remettent en question l’intérêt
de franchir ce cap.
L’agence How Much a
mené l’enquête auprès de 3 103 salariés (manageurs ou non) afin de vérifier si
le modèle managérial est effectivement remis en question.
Selon Sandrine Dorbes, Conférencière,
Experte en stratégie de rémunération et Créatrice de « How Much » :
« Le management est-il plus toujours perçu comme une évolution
désirable ? Aujourd’hui, les actifs arbitrent de plus en plus
rationnellement entre contraintes et bénéfices, et le calcul n’est peut-être
pas toujours en faveur du rôle managérial. »
Un net recul de
l’attractivité managériale
Le management est
aujourd’hui perçu d’abord comme un poste plus contraignant que réellement
intéressant financièrement, surtout par celles et ceux qui l’exercent déjà.
En effet, côté
manageurs, 81 % pencheraient vers l’idée que la fonction apporte soit un peu
plus de salaire pour beaucoup plus de contraintes (32 %), soit presque pas plus
de salaire pour beaucoup plus de contraintes (31 %) et moins intéressant
financièrement que des postes d’experts (18 %).
Chez les salariés, la
vision est légèrement moins sévère mais reste majoritairement prudente, avec 78% sur ces trois réponses.
Il y a donc un réel
recul de l’attractivité de la fonction managériale en France.
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Parmi les éléments suivants, lequel
reflète le mieux votre perception actuelle du management ? |
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Réponses |
Manageurs(-euses) |
Salariés(-es) |
|
Plus de salaire, mais aussi plus
d’avantages et de responsabilités |
14 % |
19 % |
|
Un peu plus de salaire, mais beaucoup
plus de contraintes |
32 % |
38 % |
|
Presque pas plus de salaire pour
beaucoup plus de contraintes |
31 % |
29 % |
|
Moins intéressant financièrement que
des postes experts |
18 % |
11 % |
|
Je
ne sais pas / Ne se prononce pas |
5 % |
3 % |
Quid de la rémunération ?
En ce qui concerne le salaire, 66 % des manageurs jugent cette fonction insuffisamment rémunérée
(39
%), ou clairement sous-payée (27 %).
Même constat chez 55 %
des salariés, où cette perception négative reste majoritaire mais un peu moins
marquée.
La hausse de
rémunération ne compense pas toujours l’intensification des contraintes.
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Diriez-vous qu’aujourd’hui, les postes
de manageurs(-euses) sont : |
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Réponses |
Manageurs(-euses) |
Salariés(-es) |
|
Mieux payés que jamais |
7 % |
9 % |
|
Correctement rémunérés |
23 % |
27 % |
|
Insuffisamment rémunérés |
39 % |
33 % |
|
Clairement sous-payés |
27 % |
22 % |
|
Je
ne sais pas / Ne se prononce pas |
4 % |
9 % |
Devenir manageur : un mauvais
calcul financier ?
Une majorité de
manageurs (61 %) considèrent aujourd’hui que le management est devenu, au moins
en partie, un mauvais calcul financièrement, tout comme 51 % des salariés.
À noter que, 31 % des
manageurs et 35 % des salariés rejettent cette idée. La relation entre une
charge de travail accrue et un gain économique est donc perçue comme moins
évident qu’auparavant.
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Selon vous, le management est-il devenu
un mauvais calcul financièrement ? |
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|
Réponses |
Manageurs(-euses) |
Salariés(-es) |
|
Oui, tout à fait |
28 % |
22 % |
|
Plutôt oui |
33 % |
29 % |
|
Plutôt non |
21 % |
26 % |
|
Pas du tout |
10 % |
9 % |
|
Je
ne sais pas / Ne se prononce pas |
8 % |
14 % |
Un niveau
d’augmentation conséquent pour séduire
Pour accepter un poste
de manageur, 64 % des salariés demanderaient au moins 10 % d’augmentation, dont
25 % réclameraient plus de 20 %. Seuls 28 % se satisferaient d’une hausse
inférieure à 10 %.
Le management reste
perçu comme une progression de carrière, mais de moins en moins comme une
promotion automatiquement attractive si la contrepartie financière n’est pas
suffisamment marquée.
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À partir de quel niveau d’augmentation
accepteriez-vous un poste de manageur(-euse) ? |
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|
Réponses |
Salariés(-es) |
|
Moins de 5 % |
7 % |
|
Entre 5 % et 10 % |
21 % |
|
Entre 10 % et 20 % |
39 % |
|
Plus de 20 % |
25 % |
|
Je
ne sais pas / Ne se prononce pas |
8 % |
Pour redonner de
l’attractivité financière aux postes de management, l’augmentation des salaires
arrive sans surprise en tête. Aussi bien pour 47 % des manageurs que pour 41 %
des salariés.
Les avantages en temps et en flexibilité ressortent ensuite à un niveau élevé (respectivement 24 % et
31 %), en adéquation avec les critiques récurrentes sur la charge, la
disponibilité et l’intensification du rôle. Les bonus et primes restent une
solution jugée utile (18 % et 19 %), mais secondaire par rapport à une
revalorisation durable du fixe.
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Selon vous, que faudrait-il en priorité
pour redonner de l’attractivité financière aux postes de manageurs(-euses) ? |
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Réponses |
Manageurs(-euses) |
Salariés(-es) |
|
Augmenter fortement les salaires fixes |
47 % |
41 % |
|
Renforcer les bonus et primes |
18 % |
19 % |
|
Mieux valoriser les avantages (temps,
flexibilité…) |
24 % |
31 % |
|
Réduire les écarts de responsabilité |
9 % |
6 % |
|
Je
ne sais pas / Ne se prononce pas |
2 % |
3 % |
Des contraintes non
compensées financièrement
À la question « Pensez-vous
que les contraintes (horaires, pression, responsabilités) des manageurs sont suffisamment compensées financièrement ? », les avis sont
partagés.
86 % des manageurs
estiment que les contraintes du management ne sont pas (44 %) ou seulement
partiellement (42 %) compensées financièrement, tout comme 84 % des salariés.
Cependant, les salariés
sont plus nombreux à répondre « Partiellement » (48 %), et nuancent que s’il
existe une contrepartie salariale, elle apparaît souvent insuffisante au regard
des horaires, de la pression et des responsabilités.
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Pensez-vous que les contraintes
(horaires, pression, responsabilités) des manageurs(-euses) sont suffisamment
compensées financièrement ? |
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Réponses |
Manageurs(-euses) |
Salariés(-es) |
|
Oui |
11 % |
12 % |
|
Non |
44 % |
36 % |
|
Partiellement |
42 % |
48 % |
|
Je ne sais pas / Ne se prononce pas |
3 % |
4 % |
Une fonction stressante
En ce qui concerne le
niveau de stress associé aux fonctions managériales, 76 % des manageurs jugent
élevé à 49 % ou très élevé à 27 %.
La hausse de la charge
de travail, le rôle plus complexe, les arbitrages humains plus lourds, et
l’exposition croissante à la pression opérationnelle et relationnelle sont
également perçus négativement par 64 % des salariés.
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Le niveau de stress associé aux
fonctions managériales vous semble : |
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Réponses |
Manageurs(-euses) |
Salariés(-es) |
|
Très faible |
1 % |
3 % |
|
Faible |
4 % |
7 % |
|
Modéré |
18 % |
21 % |
|
Élevé |
49 % |
33 % |
|
Très
élevé |
27 % |
31 % |
|
Je ne sais pas / Ne se prononce pas |
1 % |
5 % |
Une pression
des résultats qui bloque
Le principal frein au management ne serait pas uniquement l’argent, mais l’intensité globale du rôle.
En effet, chez les manageurs, la pression des résultats arrive en tête à 37 %,
suivie des responsabilités juridiques et humaines à 25 %.
Le classement est un peu différent pour les salariés : la pression des résultats reste très élevée à
29 %, mais le manque de rémunération remonte davantage avec 26 %.
La fonction est donc
perçue de l’extérieur comme plus lourde sans contrepartie assez nette.
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Qu’est-ce qui vous freine le plus à
devenir (ou à rester) manageur(-euse) ? |
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Réponses |
Manageurs(-euses) |
Salariés(-es) |
|
Le manque de rémunération |
19 % |
26 % |
|
Les responsabilités juridiques et
humaines |
25 % |
17 % |
|
La pression des résultats |
37 % |
29 % |
|
Le manque de formation/accompagnement |
9 % |
18 % |
|
Le
manque d’intérêt pour le management |
7 % |
4 % |
|
Autre |
1 % |
2 % |
|
Je ne sais pas / Ne se prononce pas |
2 % |
4 % |
Prêt(e) pour le
management ?
Heureusement, tout
n’est pas perdu pour la fonction managériale.
Ainsi, 46 % des
salariés seraient « peut-être » prêts à devenir manageur dans les 3
prochaines années, et 28 % l’envisagent clairement.
Autrement dit, 74 % des
salariés gardent au moins une forme d’ouverture au management, mais de manière
prudente et conditionnelle. Le management continue donc d’incarner une
évolution possible, mais suscite davantage d’hésitations et de réflexions.
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Seriez-vous prêt(e) à devenir
manageur(-euse) dans les 3 prochaines années ? |
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Réponses |
Salariés(-es) |
|
Oui |
28 % |
|
Non |
23 % |
|
Peut-être |
46 % |
|
Je ne sais pas / Ne se prononce pas |
3 % |


