Nouvelle Enquête Robert
Half « Ce que veulent les candidats 2026 ».
Entre tensions géopolitiques, chômage en hausse et croissance modérée,
l’actualité des 12 derniers mois a renforcé un climat d’incertitude économique,
à la fois parmi les entreprises, mais aussi parmi les professionnels français.
En additionant, les Français appréhendent le marché du travail de manière plus
prudente, loin de l’époque de la « Grande Rotation » de 2023. De recrutements massifs
de « profils » en période « post-crise sanitaire », le marché du
travail a évolué en quelques années vers un recrutement davantage structuré de
« compétences », servant la transformation des entreprises.
Ces mutations ont inévitablement entraîné des changements d’aspirations professionnelles parmi les Français. Quels sont ces principaux changements ? Quels impacts sur le marché du recrutement ?
Quels sont les critères déterminants pour attirer et retenir les meilleurs talents
Le cabinet de recrutement spécialisé Robert Half décrypte ces tendances
dans la 6e édition de son enquête annuelle « Ce que veulent les candidats ».
Un secteur du recrutement impacté et contrasté pour 2026
Le marché de l’emploi et le secteur du recrutement évoluent
régulièrement et rapidement, au gré des changements économiques et sociétaux.
Ainsi en 2023, période de Grande Rotation, à la question «
Prévoyez-vous de changer d’emploi au cours des 6 prochains mois ? », plus
d’1 professionnel français sur 2 répondait positivement et se déclarait « en
recherche active ou à l’écoute d’opportunités ». (53%)
A la même question posée cette année, ce chiffre baisse à 38% en 2026.
Des envies de changements amoindries pour les professionnels français, qui
misent avant tout sur la prudence dans un marché de l’emploi tendu, impacté par
un contexte économique incertain.
Preuve d’un changement de paradigme rapide en seulement 3 ans, seuls 17% des répondants prévoyant de changer d’emploi dans les 6 prochains mois souhaitent « changer de cap, effectuer une
reconversion », soit -3 points par
rapport à 2025, et -10 points par rapport à 2023.
« Malgré cette prudence accrue et compréhensible de la part des salariés
français, le secteur du recrutement reste actif. Les entreprises ont
aujourd’hui besoin de compétences spécifiques pour mener à bien les projets de
transformation impactant les organisations,
commente Matthieu Imbert-Bouchard, Directeur Général de Robert Half France.
La dernière étude de Robert Half sur les intentions d’embauches a révélé que
37% des entreprises prévoyaient de créations de postes en CDI au 1er semestre
2026. Le marché offre donc de belles opportunités professionnelles pour les
professionnels qui décident de les saisir. »
Un marché du recrutement à plusieurs visages
Les résultats de l’étude démontrent des fractures générationnelles et de
genre dans un marché du travail à plusieurs vitesses. D'un côté des professionnels, notamment les
jeunes talents, qui restent dans une logique de mobilité et d'opportunisme, et
de l'autre, des actifs qui, face aux incertitudes, se mettent en retrait.
A la question « Prévoyez-vous de changer d’emploi dans les 6 prochains mois ? » la fracture générationnelle est nette. Parmi les personnes ayant répondu « Oui, je suis en recherche active » ou
« Oui, je suis à
l’écoute d’opportunités » :
• 54% des 18-34 ans
• 42% pour les 35-44 ans ;
• Et seulement 24% pour les 45-65
ans.
Une fracture de genre se démarque aussi sur cette même question : les
hommes se montrent significativement plus ouverts à un changement de poste au
cours des 6 prochains mois (46%) que les femmes (31%).
Malgré ce statisme, plus d’1 salarié français sur 3 (34%) déclare avoir
été contacté « régulièrement » par des recruteurs au cours de 3 derniers mois,
signe d’un dynamisme de recrutement certain.
Sur ce point aussi, des contrastes persistent par tranches d’âge des
sondés : les jeunes professionnels entre 18 et 34 ans sont ceux qui ont été les
plus sollicités par les recruteurs au cours des 3 derniers mois (55%) contre
29% pour les 35-44 ans et 19% pour les 45-65 ans.
Autre fait notable : 43% des hommes
interrogés déclarent avoir été contactés par des recruteurs au cours des 3
derniers mois, contre 23% des femmes.
Des exigences qui évoluent : l’équilibre vie pro/vie perso prend le pas
sur le salaire
L’étude révèle une évolution des attentes des salariés français. A la
question « Sur quels critères professionnels êtes-vous devenu (e) plus
exigeant(e) par rapport à l’année passée ? », et pour la première fois depuis
2023, le critère du « salaire » est détrôné cette année par le critère «
équilibre vie pro/vie perso » qui arrive en n°1, à 59%.
« Ces 3 dernières années, le
contexte inflationniste a poussé les professionnels français à porter leurs
exigences majoritairement sur le salaire. Ces derniers mois, le rapport de
force s’est rééquilibré entre employeurs et candidats, l’inflation a diminué et
les restrictions budgétaires impactent les entreprises. Ainsi les Français
priorisent désormais, et de manière lucide, l’équilibre entre vie
professionnelle et vie personnelle, faute de pouvoir miser sur une hausse de
salaire significative », ajoute Matthieu
Imbert-Bouchard.
Des résultats nuancés par genre :
• Pour 63% des femmes interrogées, l’équilibre vie pro / vie perso est le critère numéro 1
sur lequel elles se disent plus exigeantes cette année, suivi de la
rémunération pour quand même 54% d’entre elles.
• Les hommes, eux, citent
la rémunération en critère d’exigence n°1 (55%), suivi cependant de près par le
critère de l’équilibre vie pro/ vie perso.
Le critère « Le sens de votre travail » fait son entrée dans le top 3
des nouvelles exigences (46%), illustrant une aspiration profonde à trouver
davantage de satisfaction dans ses missions quotidiennes.
Quels leviers activer pour attirer les meilleurs talents en 2026 et
dynamiser le marché de l’emploi ?
Depuis 2022, date de publication de notre premier baromètre « Ce que veulent les candidats », la recherche d’une meilleure rémunération reste immanquablement la motivation :
1/ (45%) pour les salariés français dans leur choix de
rejoindre une autre entreprise. Autres
raisons citées par les salariés français dans leur choix de changer
d’entreprise
2/ Un ennui dans votre poste / Vous avez « fait le tour
» / Manque de perspectives d’évolution en interne (34%)
3/ Faire évoluer votre carrière et avoir davantage de
responsabilités (29%)
4/ Une quête de sens (effectuer un travail davantage en
adéquation avec vos envies/valeurs (28%)
5/ Un meilleur équilibre vie pro/vie perso (droit à la
déconnexion, etc.) 22%
Comme le souligne Matthieu Imbert-Bouchard, Directeur Général de Robert
Half France : « Le "package
salarial" ne suffit plus pour attirer les meilleurs talents, dont les
exigences professionnelles ont évolué, au gré des transformations économiques
et sociétales.
Equilibre de vie, flexibilité, évolution de carrière, sens du travail et
missions stimulantes prennent davantage de poids en termes de leviers
d’attractivité.
Pour convaincre les meilleurs profils de rejoindre leur structure, et
redynamiser un marché du recrutement plus pondéré ces derniers mois, les
entreprises devront redoubler d’attention sur le contenu des missions
proposées, l'intérêt du poste, la quête de sens des collaborateurs.
Enfin, il s’agira de mettre en valeur nettement les possibilités d’évolutions de carrière.


