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[Etudes] Les solutions pour accélérer la transition du secteur de la chimie

GreenFlex décrypte les solutions pour accélérer la transition du secteur de la chimie.


Dans un contexte de forte volatilité des prix de l'énergie, la décarbonation de l'industrie représente un levier stratégique de compétitivité. Efficacité énergétique, énergies renouvelables, valorisation des déchets : ces transformations permettent aux industriels de maîtriser durablement leurs coûts tout en contribuant à l'objectif de réduction de 81% des émissions de gaz à effet de serre du secteur d'ici 2050.

 

C’est dans ce contexte que, pour la deuxième année consécutive, GreenFlex publie une analyse des trajectoires bas carbone réalisées auprès de 315 sites industriels (vs 205 l’an passé), offrant une photographie précise des leviers, des freins, et des solutions concrètes pour réussir la transition bas carbone.

 

Des progrès réels mais des défis persistants

 

•   1 815 actions concrètes identifiées

•   5,6 GWh d’économies d’énergie potentielles

•   Plus de 2 400 ktCO2e de réductions potentielles de CO2

 

Emeric Lujan, directeur énergie industrie chez GreenFlex, souligne : « La dynamique est enclenchée, mais atteindre les objectifs 2050 demande d’aller encore plus loin, plus vite, et de lever ensemble les obstacles : financiers, techniques, humains. »

 

Des motivations fortes mais des freins tenaces

 

Selon l’étude :

•   45% des industriels sont motivés avant tout par la maîtrise des coûts énergétiques,

•   36% évoquent le manque de ressources financières comme principal frein.

 

Bonne nouvelle : Pour 1 tonne de CO2 évitée sur 20 ans, il faut investir 46€ en moyenne sur l’ensemble des actions (sobriété, efficacité énergétique, process, récupération de chaleur et énergies renouvelables). En novembre 2025, cette même tonne de CO2 était estimée à 80€ sur le marché du carbone. Déployer ses actions serait donc plus intéressant financièrement !

 

Pour identifier ces actions, l’ADEME subventionne l’élaboration de feuilles de route d’investissements bas carbone. Dans le cadre de PACTE Industrie, l’ADEME a sélectionné la méthodologie développée par GreenFlex, déjà éprouvée auprès de plus de 40 groupes mono et multi sites, désormais utilisée par l’ensemble des bureaux d’études et de conseil mandatés dans ce programme. À la suite de la réalisation d’une feuille de route, de nombreuses subventions privées (Certificats d’Economies d’Energie ou CEE) et publiques (nationales comme celles de l’ADEME ou régionales) existent pour déployer les projets des industriels.

 

Des actions identifiées mais une accélération indispensable

 

Les actions se structurent autour de plusieurs axes pour réduire les consommations énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre (GES) :

 

> Sobriété énergétique : 83% des actions identifiées n'exigent aucun investissement financier, comme la régulation de la température de chauffage et l’optimisation de la pression des réseaux.

 

> Efficacité énergétique : des mesures standardisées et facilement réplicables, telles que l’isolation des conduites ou l’installation d’HP/BP flottante, offrent un retour sur investissement rapide. Plus de 28% des actions d’efficacité énergétique liées aux utilités sont considérées comme standardisées, réplicables et des “quick wins”.

 

> Design alternatif : modifier les procédés de production permet de diminuer la consommation d'énergie et les émissions de CO2. Près de 48% des actions de design alternatif concernent l’électrification des processus.

 

> Récupération de chaleur : la réutilisation de la chaleur fatale en interne ou en externe réduit considérablement la consommation d'énergie et les émissions de GES. Si le niveau de température souhaité est plus important que celui de la chaleur fatale, utiliser des pompes à chaleur pour le rehausser permet de réduire en moyenne de 24% la consommation d'énergie et de 38% les émissions de gaz à effet de serre.

 

> Energies renouvelables et valorisation de déchets : il s’agit de mettre en place des projets exploitant des ressources locales, comme la biomasse, le solaire ou la géothermie. 64% des scénarios incluent au moins un projet lié aux énergies renouvelables ou à la valorisation énergétique des déchets.

 

 

Zoom sur le secteur de la chimie

 

Leader des exportations manufacturières françaises, le secteur de la chimie vise une diminution de

39% de ses émissions de gaz à effet de serre à horizon 2030 et 80% d’ici 2050. D’importants risques sont à prendre en compte dont la volatilité des prix de l’énergie, l’accroissement des risques de stress hydrique et d’arrêts de production, l’augmentation des prix du carbone pour les sites soumis à quota ou encore l’augmentation des prix des matières premières liée à l’impact du changement climatique sur les rendements agricoles.

 

Pour atteindre ces objectifs, la filière doit donc transformer en profondeur ses modes de production en optimisant sa consommation d'eau et d'énergie, tout en sécurisant ses chaînes d'approvisionnement.

 

Principaux leviers de performance énergétique et bas carbone :

 

•   Production de vapeur décarbonée : pompes à chaleur haute ou très haute température, sources renouvelables (biomasse, biogaz, solaire thermique) ou mutualisation des ressources à l’échelle d’une plateforme industrielle.

•   Couplage des boucles chaudes et froides : rehausse de température et valorisation de chaleur fatale.

•   Décarbonation et amélioration des procédés de traitement de l’eau : production d’eau purifiée par techniques membranaires pour éviter la distillation, plus énergivore tout en conservant de très hauts niveaux de purification.

•   Optimisation énergétique des procédés de séchage : technologies performantes de séchage (sous vide, rayonnement, ébullition), récupération de chaleur sur les buées de séchage ou optimisation des procédés de distillation / évapoconcentration.

 

La preuve par l’exemple !

 

Chez un industriel de la chimie accompagné par GreenFlex : les émissions du site ont été réduites de 40% sur les scopes 1 et 2 grâce à la création d’une plateforme chaud / froid avec la centralisation de la production de froid et la récupération de chaleur associée. Le projet a même été subventionné à 40% par le Fonds Chaleur et des primes Certificats d’Economies d’Energie.

 

Sur la plateforme industrielle Chemesis (Grand Est), GreenFlex orchestre la transformation collective de 10 acteurs de la chimie. Ensemble, ils construisent une stratégie partagée de décarbonation et d’adaptation au changement climatique combinant efficacité énergétique, énergies renouvelables, hydrogène et séquestration carbone. L'enjeu ? Faire de leur union une force pour accélérer la transition et mutualiser les ressources.

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