Une récente étude menée par ACtronics, spécialiste dans le reconditionnement de pièces automobiles, apporte un éclairage complet sur ces évolutions et sur la manière dont elles transforment aujourd’hui le marché de la réparation automobile. On fait le point.
Un parc automobile de
plus en plus ancien
Selon des données publiées par le ministère de la Transition écologique et relayées dans l’étude de ACtronics, l’âge moyen des voitures particulières en circulation en France a atteint 11,5 ans au
1er janvier 2025, contre 10,3 ans en 2021. Cette tendance est directement liée à la crise du marché du neuf, qui contribue à un vieillissement généralisé du parc automobile français.

Or un parc plus ancien
implique davantage d’entretien. En accumulant les années et les kilomètres, les
véhicules sont exposés à plus de pannes et nécessitent des interventions plus
régulières. Un phénomène qui, pour beaucoup d’automobilistes, s’ajoute à une
autre réalité : celle d’un coût de réparation qui ne cesse d’augmenter.
Des réparations
toujours plus coûteuses
Selon les chiffres de
la SRA (Sécurité et Réparation Automobiles), le prix des pièces détachées a
augmenté de plus de 85% en dix ans, une progression bien supérieure à celle de
l’inflation générale (+20% sur la même période, selon l’INSEE).
La tendance s’est encore confirmée en 2025. Au 2ᵉ trimestre, la SRA constatait une augmentation
de +8,6% du prix des pièces détachées par rapport à la même période en 2024.
Les autres postes de réparation suivent la même trajectoire : entre fin mars
2024 et fin mars 2025, le taux horaire moyen en carrosserie a progressé de +4,4%,
et les ingrédients peinture de +5,5%.

Dans ce contexte, les
automobilistes ajustent leurs comportements. Les réparations strictement
nécessaires restent prioritaires, tandis que les interventions jugées
secondaires sont plus souvent reportées. Les conducteurs comparent plus
attentivement les devis et s’intéressent à de nouvelles options pour réduire la
facture. Cette évolution ouvre la voie à d’autres pratiques, notamment le
recours aux pièces issues de l’économie circulaire (PIEC).
Les PIEC : une
alternative qui gagne du terrain
Avec cette hausse
généralisée du coût des réparations, les pièces issues de l’économie circulaire
(PIEC) suscitent un intérêt croissant. Elles ne représentent encore qu’environ
5% des pièces utilisées dans les réparations en France (Via ID, Xerfi, Roland
Berger), contre 15 à 20% aux États-Unis, mais leur potentiel de croissance est
important, surtout dans un parc vieillissant.
ACtronics observe que
leurs pièces reconditionnées reviennent généralement 50 à 80% moins cher que
leur équivalent neuf. Un ordre de grandeur qui illustre les économies
possibles, même si les pourcentages peuvent varier selon les entreprises du
secteur.
Quelques exemples
illustrent ces écarts de prix :
• un boîtier de commande de carrosserie (BCM) pour Skoda Rapid : 149€ en reconditionné, contre
446€ en neuf
• un sélecteur de
vitesses pour véhicules du groupe Volkswagen (plateforme MQB) : 149€ en
reconditionné, contre 615€ en neuf
Ces montants
correspondent aux tarifs pratiqués par ACtronics et peuvent différer selon les
régions ou les acteurs du marché.
Outre l’aspect
économique, le reconditionnement présente également un intérêt environnemental.
Il permet de réduire fortement la quantité de déchets, de limiter l’extraction
et la consommation de matières premières et d’éviter la mise en décharge de
pièces encore réparables. ACtronics estime que sa seule activité permet
d’économiser chaque année plus de 100 000 kilos de matières premières. Un
volume déjà conséquent à l’échelle de l’entreprise, qui suggère un impact
encore plus important lorsque l’on considère l’ensemble du secteur.
Enfin, les pièces
reconditionnées offrent un avantage de disponibilité : elles peuvent être une
solution lorsque certaines références neuves sont en rupture ou ne sont plus
produites, notamment pour les véhicules les plus anciens. Une flexibilité qui
répond parfaitement aux besoins d’un parc automobile vieillissant.
Un niveau de qualité
encadré par des standards industriels
La qualité des PIEC
repose sur une méthodologie rigoureuse. Après démontage, chaque composant est
inspecté, les éléments défectueux sont remplacés, et la pièce est testée sur
des équipements capables de simuler ses conditions d’utilisation réelles. Les points
faibles connus de certains modèles sont également remplacés de manière
préventive, ce qui distingue clairement le reconditionnement d’une réparation
classique et permet d’améliorer la fiabilité à long terme. Un processus qui
assure un niveau de performance et de durabilité comparable à celui d’une pièce
neuve.
« Nous travaillons selon des standards reconnus de l’industrie automobile tels que ISO 9001, ISO 14001, et selon les méthodes APQP, EFMEA et PPAP. Chaque étape est tracée numériquement, garantissant un haut niveau de maîtrise et de répétabilité. », précise ACtronics.


