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[Etudes] « Durabilité et climat - 5 tendances qui vont impacter les marchés en 2026 »

MSCI analyse les principales dynamiques en matière de durabilité et de climat pour 2026 et la manière dont elles influenceront les marchés au cours de l’année à venir.

 

1.  Le marché continue de faire progresser la transition énergétique

Les vents politiques peuvent changer, mais pour certaines technologies, la baisse des coûts renforce la compétitivité et favorise la transition au-delà de tout cycle politique. Pour des segments tels que les énergies renouvelables et la mobilité électrique, où la parité des coûts a été largement atteinte, leur découplage de la volatilité des marchés pétroliers et leur alignement sur les besoins de développement du réseau des centres de données ont constitué des facteurs favorables à la performance au second semestre 2025, les actions des énergies nouvelles ayant plus que doublé les gains du marché dans son ensemble. Dans des domaines moins viables sur le plan commercial, tels que le captage du carbone ou les biocarburants avancés, les progrès peuvent dépendre du soutien politique. Il sera essentiel de distinguer les technologies qui peuvent être développées à grande échelle de manière rentable de celles qui dépendent de la dynamique réglementaire pour évaluer à la fois les risques et les opportunités de la transition énergétique.

 

2. Les risques climatiques physiques augmentent pour les actifs privés

Pour les investisseurs privés, les risques climatiques physiques sont devenus trop importants pour être ignorés, en particulier dans le domaine des infrastructures, où les actifs sont fixes, à long terme et de plus en plus exposés. La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes transforme les risques aujourd'hui exceptionnels en événements plus fréquents. Si les pertes moyennes ne devraient augmenter que de 2% d'ici 2050 dans un scénario de réchauffement de 3°C, la part des actifs exposés à des pertes catastrophiques dépassant 20% de leur valeur devrait quintupler, ce qui annonce une forte augmentation du risque.

 

3. Les banques centrales du G20 ont convenu de renforcer la surveillance des risques climatiques, mais leurs approches divergent

Alors que certains décideurs politiques assouplissent les exigences en matière de reporting sur le développement durable, les régulateurs restent concentrés sur les risques financiers liés au changement climatique. Dans les 27 juridictions couvertes par l’étude, les banques centrales intègrent les considérations climatiques dans leurs cadres de surveillance, conscientes que le risque de transition, le risque physique et la dégradation de la nature peuvent menacer la stabilité financière.

 

4. La propriété publique est en hausse, et cela pourrait ne pas être une bonne nouvelle pour les investisseurs

Plusieurs marchés développés connaissent actuellement un changement de politique industrielle. Des exemples récents très médiatisés, tels que Intel Corp., Eutelsat Communications S.A. et MP Materials Corp., témoignent d'une implication plus directe des gouvernements dans des secteurs stratégiquement importants, notamment l'intelligence artificielle, la défense et les minéraux critiques. Il est essentiel pour les investisseurs de savoir qui sont les principaux actionnaires d'une entreprise, car la nature de ces principaux actionnaires détermine souvent les priorités de l'entreprise, qui ne correspondent pas toujours aux intérêts des autres investisseurs.

Au cours des dix dernières années, les entreprises publiques ont sous-performé l'indice MSCI ACWI en termes de rendement total pour les actionnaires (TSR) et plus la participation du gouvernement était importante, plus cette sous-performance était marquée. Pour les détenteurs d'obligations, il peut en revanche être utile de bénéficier du soutien d'un propriétaire public. Le soutien du gouvernement tend en effet à réduire les spreads et à diminuer le risque de défaut. Le message pour les investisseurs est clair : la propriété publique a apporté de la résilience, mais au détriment des rendements. Les investisseurs en actions peuvent être confrontés à une efficacité moindre et à une création de valeur plus lente, tandis que les investisseurs en crédit bénéficient d'un filet de sécurité intégré.

 

5. Les investisseurs exigent des données comparables et pertinentes sur le plan financier

L'intelligence artificielle transforme la manière dont les informations relatives au développement durable et au climat sont recueillies. De vastes quantités de données peuvent désormais être collectées, cartographiées et recoupées en quelques secondes. Toutefois, il reste un sous-ensemble de données qui ne peut être obtenu qu'auprès des entreprises elles-mêmes. Si jusqu'à très récemment, les investisseurs pouvaient considérer comme acquise la fourniture de ces données grâce aux réglementations en matière de divulgation, cette hypothèse est aujourd'hui remise en question, notamment avec les retards sur le paquet Omnibus de l'UE et des simplifications importantes de la directive CSRD en Europe, tandis qu'aux États-Unis, un changement d'administration a remis en question les obligations fédérales en matière de divulgation d'informations climatiques.

 

Dans ce contexte réglementaire instable, les investisseurs utilisent les mécanismes du marché pour protéger leur accès à l'information. Il existe déjà des preuves que les entreprises qui communiquent des données plus claires en matière de durabilité sont récompensées par un coût du capital moins élevé et une valorisation boursière plus élevée.

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