La technologie s’impose comme le secteur d’investissement le plus attractif pour les trois prochaines années, selon l’édition 2025 de la Global Investor Survey publiée par PwC France et Maghreb. Ainsi, près de deux tiers des investisseurs (61 %) partagent cette opinion. L’étude révèle notamment que la technologie est jugée deux à trois fois plus attractive que la gestion d’actifs et de patrimoine (25 %), l’énergie et les services publics (24 %), ainsi que la banque et les marchés de capitaux (19 %).
Dans ce contexte, les investisseurs attendent des entreprises qu’elles renforcent leurs efforts :
92
% d’entre eux souhaitent une augmentation des allocations de capital consacrées
à la transformation technologique. Cet engouement s’explique par les bénéfices
déjà observés grâce à l’intégration massive de l’IA. En 2025, les investisseurs
déclarent avoir constaté des améliorations significatives dans les entreprises
dans lesquelles ils sont engagés, notamment en matière de productivité (86 %),
de rentabilité (71 %) et de croissance des revenus (66 %).
78 % des investisseurs
se disent ainsi prêts à accroître leurs investissements dans les entreprises, à
condition que celles-ci déploient de l’intelligence artificielle à grande
échelle. Toutefois, la transparence demeure un enjeu majeur, seuls 37 % estimant
que les entreprises communiquent suffisamment sur leurs stratégies et
politiques en matière d’IA.
Philippe Kubisa,
Associé spécialiste des Marchés de capitaux, PwC France et Maghreb, commente : « Les investisseurs
constatent enfin des résultats tangibles : l’IA génère des gains opérationnels
et financiers réels. Ils acceptent que ces retours nécessitent des
investissements, mais exigent de la discipline : des indicateurs fiables, une
gouvernance crédible et la preuve que l’IA redéfinit durablement les coûts, la
productivité et les revenus, en toute sécurité et de façon reproductible. »
Un optimisme
technologique qui contraste avec des perspectives de croissance mondiale
limitées
Bien que les
investisseurs affichent un fort intérêt pour la technologie, leurs prévisions
concernant la croissance économique mondiale restent prudentes : moins de 3 sur
10 (28 %) d’entre eux anticipent une amélioration sensible au cours de l’année
à venir, dans un contexte macroéconomique difficile.
Pour les trois
prochaines années, les États-Unis apparaissent comme le marché d’investissement
le plus attractif (67 %), devant l’Inde (45 %), la Chine (32 %), le Royaume-Uni
(26 %) et les Émirats arabes unis (26 %). Cette attractivité ne dissipe
toutefois pas les inquiétudes : les investisseurs basés aux États-Unis se
montrent moins optimistes que leurs homologues étrangers quant à la croissance
mondiale, ce qui traduit une prudence variable selon les marchés.
Cette réserve
s’explique en partie par la perception des risques. Plus de la moitié des
répondants (55 %) estiment que les entreprises dans lesquelles ils investissent
ou qu’ils suivent sont fortement exposées aux risques cyber, et 53 % mettent en
avant la menace des bouleversements technologiques. L’inflation (44 %), la
volatilité macroéconomique (43 %) et les tensions géopolitiques (42 %) viennent
également peser sur les anticipations et les choix d’investissement des
répondants.
Résilience et
durabilité des entreprises : des leviers clés de compétitivité face à l’IA
Dans un environnement
incertain, les investisseurs privilégient les entreprises capables de renforcer
leur résilience tout en exploitant les opportunités technologiques pour générer
des résultats clairs et transparents. Ils encouragent notamment des investissements
accrus dans la cybersécurité (88 %), l’agilité des modèles économiques (73 %),
la conformité réglementaire (66 %) et la gestion de la chaîne
d’approvisionnement (64 %).
L’agilité des modèles économiques est considérée comme un facteur clé de compétitivité.
Plus de 70%
des répondants estiment ainsi que les entreprises saisissant des opportunités
au-delà des frontières sectorielles traditionnelles afficheront une croissance
supérieure. A contrario, 65 % jugent que celles qui ne le font pas s’exposent à
un risque accru de bouleversement technologique.
Cette dynamique s’étend
à la durabilité, 84 % des investisseurs déclarant que les entreprises devraient
maintenir ou augmenter leurs investissements dans l’adaptation climatique. La
plupart d’entre eux confirment par ailleurs que les questions de durabilité ne
se limitent plus au reporting mais s‘intègrent désormais dans leurs décisions
d’investissement. Les investisseurs européens sont d’ailleurs nettement plus
enclins que le reste du monde à penser que les entreprises devraient augmenter
ces investissements (respectivement 65 % et 50 %). 61 % des répondants
affirment également qu’ils renforceraient leurs propres investissements dans
les entreprises qui intègrent fortement la durabilité pour améliorer leur
efficacité et leur performance.
Les entreprises qui
placent la durabilité au cœur de leurs modèles d’affaires se différencient,
malgré les disparités régionales. Si 4 répondants sur 10 déclarent s’appuyer
fortement sur les analyses de matérialité (45 %) et publications sur la
durabilité (39 %) pour évaluer le risque et les opportunités, près de 8
investisseurs sur 10 (78 %) considèrent que mettre à disposition ces données a
un impact positif sur leur engagement.
Ainsi, pour les
investisseurs, les entreprises qui intègrent la durabilité au sein de leur
business model, appuyée par des éléments tangibles et vérifiables, continueront
de se différencier et resteront plus attractives que les autres, quelle que
soit la zone géographique.
Près de 70 % des répondants confirment qu’ils seraient prêts à augmenter leurs investissements dans des entreprises qui renforcent leur approche en matière de transition énergétique ou qui intègrent la durabilité dans l’amélioration de la performance (61 %) ou dans la résilience face aux enjeux naturels
(53 %).
L’intérêt croissant des
investisseurs sur ces trois dimensions confirme que le développement durable
est désormais perçu comme un levier de performance opérationnelle et de
création de valeur à long terme, et pas uniquement de protection de la
réputation. Cette évolution s’explique par le fait que, malgré les débats
autour des textes réglementaires et de leur simplification, les enjeux
environnementaux et sociaux continuent de s’intensifier, influençant
directement les risques et opportunités pour les entreprises et les
investisseurs.
« Le message des investisseurs est clair : malgré la perturbation réglementaire à court terme, la réalité des enjeux de durabilité reste très fortement présente tant en matière de risques que d’opportunité pour les entreprises et les investisseurs. Comme le disent les participant à l’étude “malgré des cycles politiques variables, les risques physiques persistent”. Les acteurs économiques qui ancrent la durabilité au cœur de leurs décisions et dans le pilotage de leur performance sont ceux qui feront la différence, d’abord car ils renforceront leur résilience, limitant ainsi les risques et les coûts, mais surtout en étant les mieux placés pour identifier les opportunités de demain. » conclut Sylvain Lambert, Associé responsable de l’activité Développement durable, PwC France et Maghreb.


