Le point de vue de Franck
Roger, directeur général de l’Operating Partners Academy.
Face à l’afflux de nouveaux operating partners, les dirigeants cherchent des gages de confiance et garanties sur leur capacité à créer de la valeur. L’un d’eux pourrait être apporté par la certification de ses aptitudes professionnelles.
« Operating partner est
un vrai métier qui nécessite une posture de pair et un engagement de résultats
en plus de l’expérience de dirigeant, constatait récemment Vincent Coënt,
dirigeant d’entreprises.
En cette fin 2025, ce sont pourtant plusieurs milliers operating partners autoproclamés qui ont un profil sur les pages France de LinkedIn.
Chaque année, plusieurs dizaines de nouveaux professionnels proposent d’accompagner opérationnellement les dirigeants d’entreprise dans leurs sujets de développement stratégique.
L’effet de mode
est là et avec lui peut surgir le doute : mon operating partner est bon / le
bon ?
Cette forte dynamique
de croissance est bon signe : elle montre que le métier gagne en notoriété et
en maturité et que, en dépit du contexte politique et économique, les
dirigeants continuent d’avancer et chercher des leviers pour sécuriser leur
croissance.
Le défi pour eux dans
le cas présent est d’identifier le bon partenaire opérationnel, à la fois en
termes de compétences, de posture et d’efficacité, et de savoir ce qu’il peut
lui demander et ce sur quoi il va être en mesure de vraiment l’aider. La question
vaut aussi pour ceux qui envisagent d’exercer le métier d’operating partner :
comment se distinguer ? Comment apporter des preuves sur ses compétences et sa
légitimité ?
Un peu de
rétrospective...
Le métier est né lors
de la crise financière de 2008 au sein de fonds d’investissement américains qui
cherchaient un moyen de sécuriser les performances de leurs participations.
Faire appel à ceux qui l’avaient déjà fait, autrement dit des entrepreneurs aguerris
ayant à leur actif d’avoir créé, sécurisé la croissance et assumé les
engagements de leur entreprise, est très vite apparu comme une évidence.
En France, en tenant
compte d’une part de la culture des dirigeants qui sont peu enclins à
travailler avec des partenaires externes autres que techniques et juridiques,
et d’autre part, des modèles des PME et ETI dont une grande partie n’a pas
ouvert son capital au private equity, le profil de l’operating partner
indépendant a émergé. Les acteurs français du capital investissement, empreints
de culture anglo-saxonne se sont aussi dotés de la compétence en embauchant des
operating partners pour compléter leurs équipes.
Mais dans le fond, peu
importe qu’un operating partner exerce au sein d’un fonds ou dans une structure
indépendante. Ce dont a besoin un dirigeant pour décider ou non de le
solliciter, c’est de garanties sur ses compétences (hard skills), ses qualités
(soft skills) et sa légitimité dans le métier.
La force et les atouts
de la certification
Reste alors à trouver
un moyen de reconnaître le bon. L’un des outils les plus répandus, les mieux
compris et les moins discutables reste la certification. Détenir un certificat
d’aptitude à une profession donnée, basé sur un référentiel de compétences validé
par des autorités indépendantes, permet en effet de lever toute ambiguïté. En
finance par exemple, la certification CFA (Chartered Financial Analyst) est
requises et atteste de compétences théoriques et pratiques en matière
d’investissement.
On peut présager de la
même chose concernant les operating partners. En étant certifié, l’operating
partner confirme ses compétences, gagne en lisibilité professionnelle et peut
faire valoir un titre attestant de sa capacité à créer de la valeur. Il assoie
sa légitimité auprès du dirigeant tout en développant la posture propre au
métier et sa capacité à s’engager sur l’obtention de résultats mesurables.
De son côté, en
sollicitant les services d’un operating partner certifié, un chef d’entreprise
obtient des garanties sur les compétences qu’il est en droit d’attendre de son
partenaire opérationnel, ainsi que sur sa capacité à prendre la bonne posture
vis-à-vis de lui et. Un operating partner n’est pas un observateur critique, un
analyste, un commentateur avisé de la situation de l’entreprise, ni un
conseiller personnel. Son rôle est 100% dirigé vers la sécurisation des projets
de croissance prévus par le dirigeant pour exécuter sa stratégie de
développement – de la validation de ses projets à l’adoption de la
structuration opérationnelle permettant de les mettre en œuvre.
L’objectif final de l’accompagnement par un operating partner, qu’il soit indépendant ou travaille au sein d’un fonds d’investissement, est de sécuriser la création de valeur et le développement de l’entreprise. Privilégier le recours à des professionnel certifié n’est ni plus ni moins qu’opter pour une approche gagnant-gagnant entre l’accompagnant et l’accompagné pour encore plus d’impact business à la fin.


