10e édition du rapport annuel d’Owl Labs,
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Une journée au bureau coûte désormais 25 € en moyenne aux
salariés hybrides, contre 9 € à domicile, soit 16 € d’écart par jour ;
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75 % des salariés utilisent ou ont déjà expérimenté l’IA au
travail, mais 29 % des utilisateurs ont recours à des outils non approuvés par
leur employeur ;
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Si la flexibilité leur était retirée, 19 % resteraient mais
seraient moins heureux et 15 % seraient moins disposés à fournir des efforts
supplémentaires ;
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Enfin, près d’un salarié sur deux (47 %) pense que son
employeur surveille son activité et
78 % réclament davantage de transparence
sur ces
pratiques.
Le travail hybride
s’est installé dans les attentes des salariés français, mais pas encore dans
leur quotidien. Alors que 67 % travaillent aujourd’hui entièrement en
présentiel, près de deux salariés sur trois (62 %) choisiraient un modèle
hybride s’ils en avaient la possibilité. C’est l’un des principaux
enseignements de la 10e édition du rapport annuel d’Owl Labs sur l’état des
lieux du travail hybride, qui met en lumière une évolution plus large des
attentes autour de la flexibilité, de l’engagement, de l’intelligence
artificielle et de la confiance au travail.
La flexibilité devient
une composante à part entière de la rémunération
La flexibilité n’est plus seulement un avantage apprécié des salariés : elle entre désormais directement dans l’équation financière d’un emploi. Si le salaire reste leur première priorité (87 %), les horaires flexibles sont l’avantage le plus attractif chez un employeur potentiel (40 %), devant la semaine de quatre jours (33 %). Les salariés français sont même prêts à renoncer, en moyenne, à 6,7 % de leur salaire pour bénéficier d’horaires flexibles, et autant pour travailler quatre jours par semaine. Plus radical encore :
41 % refuseraient une offre
d’emploi ne proposant pas d’horaires flexibles.
Cette valeur accordée à
la flexibilité s’explique aussi concrètement par le coût du présentiel. Pour un
salarié hybride, une journée au bureau coûte désormais 25 € en moyenne,
contre 23 € en 2025 et seulement 9 € pour une journée à domicile. Soit une
différence de 16 € par jour qui, à l’heure où le pouvoir d’achat reste au cœur
des préoccupations, donne une nouvelle dimension aux arbitrages entre bureau et
télétravail. Les salariés cherchent parallèlement à reprendre la main sur
l’organisation même de leurs journées : 51 % se disent intéressés par le «
microshifting », qui consiste à répartir son travail en plusieurs plages
horaires non linéaires selon ses contraintes personnelles, son énergie ou ses
moments de plus grande productivité.
Retour au bureau : le
risque du désengagement silencieux
Les salariés ne
rejettent pourtant pas le bureau. 94 % pourraient être convaincus de s’y rendre
davantage avec les bonnes incitations. Une meilleure rémunération arrive en
tête (45 %), devant la possibilité de choisir ses jours de présence (32 %), les
repas et boissons gratuits ou subventionnés (24 %) et un trajet
domicile-travail plus court (24 %). En revanche, imposer davantage de
présentiel pourrait avoir un effet moins visible qu’une vague de départs : le
désengagement. Si leur flexibilité leur était retirée,
19 % resteraient mais
seraient moins heureux et 15 % resteraient en étant moins disposés à fournir
des efforts supplémentaires. 28 % commenceraient à chercher un emploi offrant
davantage de flexibilité et
10 % démissionneraient. Un signal à prendre au
sérieux alors que 35 % des salariés déclarent déjà que leur stress
professionnel a augmenté depuis l’année dernière.
L’IA s’installe au
travail plus vite que les règles qui l’encadrent
L’autre bouleversement
majeur est technologique. Trois salariés français sur quatre (75 %) utilisent
ou ont déjà expérimenté l’intelligence artificielle au travail, contre 66 % en
2025. Plus de la moitié (53 %) estiment qu’elle les rend plus productifs et
leur permet d’accomplir davantage de tâches, tandis que
48 % déclarent qu’elle
renforce leur confiance dans leur capacité à faire leur travail. Mais les
usages progressent plus rapidement que leur encadrement. Parmi les utilisateurs
de l’IA, 29 % reconnaissent utiliser des outils qui ne sont pas officiellement
approuvés par leur employeur, tandis que seulement
46 % des salariés indiquent
que leur entreprise encourage ou impose activement l’utilisation de l’IA.
Cette
« shadow AI » place les entreprises face à un nouvel enjeu : encadrer et
accompagner des usages déjà bien installés, sans freiner les gains de
productivité qu’ils permettent.
Surveillance des
salariés : la confiance sous tension
À mesure que le travail
devient plus flexible et technologique, une autre question s’impose : celle de
la confiance. 47 % des salariés pensent que leur employeur surveille leur
activité, qu’il s’agisse de leurs heures de connexion et de déconnexion, du
nombre de réunions auxquelles ils participent ou encore de leur utilisation du
clavier. Une pratique qui suscite une forte demande de transparence : 78 %
estiment que les employeurs devraient être légalement tenus de signaler
l’utilisation d’outils de surveillance. Le paradoxe est révélateur : les
entreprises demandent davantage d’autonomie à leurs collaborateurs tout en
disposant de moyens toujours plus nombreux pour mesurer leur activité. Dans le
même temps, les managers reconnaissent eux-mêmes les bénéfices des nouvelles
organisations du travail : 53 % estiment que le travail hybride ou à distance a
rendu leurs équipes plus productives.
En réunion hybride, la
technologie reste le maillon faible
Reste un obstacle très
concret : la qualité de l’expérience technologique. 73 % des salariés
rencontrent des retards liés à des problèmes techniques lors des réunions
hybrides, qui mettent en moyenne près de cinq minutes à démarrer.
Échos ou distorsions du
son (67 %), difficultés à entendre tous les participants (67 %) ou à prendre
part à la conversation (63 %) continuent de rythmer le quotidien des réunions
hybrides. Or, 76 % des salariés considèrent désormais l’accès à des
technologies performantes comme un critère professionnel important. Pour les
entreprises, l’enjeu n’est donc plus simplement d’autoriser le travail hybride,
mais de rendre cette organisation réellement efficace, quel que soit l’endroit
depuis lequel les collaborateurs travaillent.
« En dix ans, le
débat autour du travail hybride a profondément évolué. La question n’est plus
simplement de savoir combien de jours les salariés doivent passer au bureau,
mais de leur donner les conditions nécessaires pour être performants, engagés
et connectés, où qu’ils travaillent. La flexibilité fait désormais partie
intégrante de ce que les salariés attendent de leur employeur, au même titre
que la rémunération ou les avantages sociaux.
Dans le même temps, l’adoption
rapide de l’IA et le développement des outils de surveillance imposent aux
entreprises de trouver un nouvel équilibre entre technologie, autonomie et
confiance. Une politique hybride efficace doit donc aller de pair avec des
outils fiables, une gouvernance claire et une expérience de collaboration
réellement inclusive. », conclut Frank Weishaupt, CEO d’Owl Labs.


