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[Expertises] Rentrée scolaire : les droits à connaître pour les parents salariés

Décryptage d’Isabelle Venuat, juriste en droit social, Les Éditions Tissot.

 

Le compte à rebours est lancé.


En métropole, les élèves feront leur rentrée le mardi 1er septembre 2026.


Pour les entreprises comme pour les salariés, cette période cristallise chaque année les mêmes questions : peut-on arriver plus tard pour accompagner son enfant ? Que faire en cas de maladie dès les premières semaines ? Quels droits mobiliser lorsque l’enfant est gravement malade ou en situation de handicap ?


Entre absence le jour de la rentrée, enfant malade, convention collective et nouveaux droits issus de la loi du 12 juin 2026, voici les 4 points essentiels à retenir.

 

Pas de droit automatique pour accompagner son enfant le jour de la rentrée

 

Le Code du travail ne prévoit pas d’autorisation d’absence spécifique pour accompagner son enfant le jour de la rentrée scolaire. Cette situation ne figure pas parmi les événements familiaux ouvrant droit à une absence autorisée rémunérée.

 

En pratique, un salarié qui arrive en retard ou s’absente sans accord de l’employeur s’expose donc à une retenue sur salaire, voire à une sanction disciplinaire pour absence injustifiée.

 

La première vérification à effectuer concerne la convention collective applicable. Certaines branches prévoient des dispositions spécifiques : autorisation d’absence rémunérée, aménagement d’horaires, demi-journée ou journée accordée sous conditions d’âge de l’enfant, de niveau scolaire ou d’ancienneté. 


Il faut également regarder s’il existe un accord d’entreprise ou un usage. Si aucun texte ne s’applique, l’employeur reste libre d’accepter ou de refuser la demande. Le salarié pourra alors poser un jour de congé payé, de RTT, ou négocier un aménagement ponctuel de ses horaires.

 

Enfant malade : un congé légal, en principe non rémunéré

 

Avec la rentrée reviennent aussi les rhumes, angines et autres maladies de la vie courante. En cas de maladie ou d’accident d’un enfant de moins de 16 ans, constaté par certificat médical, le salarié peut bénéficier d’un congé pour enfant malade, sans condition d’ancienneté. Sa durée est de 3 jours par an, portée à 5 jours lorsque l’enfant a moins d’un an ou lorsque le salarié assume la charge d’au moins

3 enfants de moins de 16 ans. Attention : cette durée s’apprécie globalement pour l’ensemble des enfants du salarié, et non par enfant.

 

Ce congé n’est pas rémunéré par l’employeur, sauf en Alsace-Moselle. Les conventions collectives peuvent prévoir des dispositions plus favorables : un maintien de salaire, davantage de jours d’absence ou des règles particulières. Dans la métallurgie, par exemple, la convention collective ne prévoit pas d’autorisation d’absence pour la rentrée scolaire, mais elle reprend les durées légales du congé enfant malade. Sous condition d’un an d’ancienneté, le salarié bénéficie d’une rémunération jusqu’à 4 jours par an à hauteur de 50 % du salaire brut que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé.

 

Enfant gravement malade ou handicapé : des droits renforcés

 

La loi du 12 juin 2026 améliore l’accompagnement de ces salariés. Elle étend notamment la protection contre le licenciement des salariés au retour d’un congé de présence parentale : cette protection s’applique désormais pendant les 10 semaines suivant l’expiration du congé (Code du travail, art. L. 1225-4-4).

 

Le congé de présence parentale peut être mobilisé lorsque l’état de santé de l’enfant rend indispensable une présence soutenue et des soins contraignants. Il fonctionne comme un crédit de 310 jours ouvrés, utilisable sur une période maximale de 3 ans, avec possibilité de fractionnement ou, avec l’accord de l’employeur, de transformation en activité à temps partiel. La loi abaisse également de 15 à 10 jours le délai de prévenance à respecter pour informer l’employeur de la volonté de recourir à ce congé (Code du travail, art. L. 1225-63).

 

Autre évolution notable, le congé rémunéré accordé lors de l’annonce de la survenue d’un handicap, d’une pathologie chronique nécessitant un apprentissage thérapeutique ou d’un cancer chez l’enfant passe de 5 à 10 jours. Ce droit est accordé sur justificatif, sans condition d’ancienneté, et peut être amélioré par accord d’entreprise, à défaut par convention collective.

 

Congés supplémentaires : les dispositifs à ne pas oublier

 

Au-delà de la rentrée elle-même, certains parents salariés disposent de droits complémentaires souvent méconnus.

 

Le Code du travail prévoit, sous conditions, des congés payés supplémentaires pour enfant à charge :

 

•   Les salariés de moins de 21 ans au 30 avril de l’année précédente bénéficient de 2 jours de congés supplémentaires par enfant à charge, réduits à 1 jour si leur congé légal n’excède pas 6 jours.

•   Les salariés de 21 ans et plus peuvent également bénéficier de 2 jours par enfant à charge. Le cumul des congés supplémentaires et des congés payés ne doit pas excéder la durée maximale du congé annuel légal, soit 30 jours ouvrables.

 

Est considéré comme enfant à charge, l’enfant vivant au foyer et âgé de moins de 15 ans au 30 avril et l’enfant en situation de handicap sans condition d’âge.

 

Enfin, pour organiser plus durablement la vie familiale, le congé parental d’éducation permet au salarié justifiant d’un an d’ancienneté de suspendre son contrat ou de réduire son activité, avec une durée minimale de travail de 16 heures par semaine en cas de temps partiel. Le principe du congé ne peut pas être refusé si les conditions sont réunies. En revanche, l’employeur conserve un pouvoir d’organisation sur la répartition des horaires afin d’éviter une désorganisation du service.

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