Au terme du premier trimestre 2026, l’AGS (régime
de garantie des salaires) enregistre une forte hausse de ses interventions,
révélatrice d’une intensification des difficultés rencontrées par les
entreprises françaises.
Avec 650 millions
d’euros d’avances versées sur le 1er trimestre, contre 530 millions d’euros un
an plus tôt, une année déjà historique en termes de montant d’avances, l’AGS
enregistre une progression de près de +23 %. Le régime fait face à une pression
croissante, dans un contexte économique toujours marqué par des tensions de
trésorerie, un ralentissement de l’activité et une hausse durable des coûts.
Une stabilité
apparente, une réalité plus préoccupante
La forte augmentation
constatée des sommes avancées par l’AGS ne conduit pas à une hausse du nombre
de nouvelles entreprises accompagnées, qui reste stable par rapport à l’année
précédente
(7 253 dossiers, -0,1 %). Cela traduit en réalité une évolution du
profil de ces entreprises déjà constatée en 2025 : les défaillances concernent
des structures employant davantage de salariés, globalement mieux rémunérés,
amplifiant mécaniquement les montants mobilisés.
« Les défaillances ne
sont pas plus nombreuses, elles sont plus lourdes » résume Christian Nibourel,
Président de l’AGS.
Le nombre de
bénéficiaires accompagnés atteint ainsi 95 273 personnes, en hausse de +13,6%
par rapport à 2025, tandis que l’avance moyenne par salarié progresse fortement
à 6 772 euros
(vs. 6 192 euros en 2025).
Des tensions marquées
dans plusieurs secteurs clés
La hausse des avances
est particulièrement concentrée dans trois secteurs clés de l’économie :
• Commerce : +56%
• Hébergement-restauration : +53%
• Industrie : +39%
L’industrie reste le
premier secteur accompagné, avec près de 144 M€ avancés au premier trimestre,
suivi du commerce (115,6 M€) et des services aux entreprises (près de 95 M€).
Ces évolutions sont la
résultante d’une combinaison de facteurs : des marges sous tension et une
hausse globale des coûts de production qui affecte toute la chaîne de valeur et
pèse sur les trésoreries.
Des salariés plus
exposés, des profils plus ancrés dans l’entreprise
Les données mettent en
évidence une exposition accrue de salariés durablement insérés dans l’emploi.
À fin mars 2026, près
de 88% des bénéficiaires étaient en CDI, avec une ancienneté moyenne de
7,1 ans
et un âge moyen de 42 ans.
Le salaire médian de
référence s’établit à 2 422 euros, confirmant que les défaillances touchent de
plus en plus des salariés qualifiés.
Des fragilités
territoriales accrues
Certaines régions
enregistrent des progressions particulièrement marquées du nombre de
bénéficiaires :
• Hauts-de-France : +121,9 %
• Bretagne : +38,2 %
• Occitanie : +30,9 %
Des variations qui
peuvent s’expliquer notamment par une filière industrielle plus développée,
donc des entreprises de plus grosse taille impactées avec un effet domino
rapide sur d’autres secteurs structurellement fragiles et très dépendants de
l’activité locale.
Les tensions
économiques actuelles se traduisent par un impact social plus marqué dans
certains secteurs et régions, sans perspective d’amélioration à court terme.
« Malgré ce contexte difficile, les équipes AGS restent mobilisées pour maintenir un fort niveau d’engagement de service, en traitant les relevés de créance dans les 48H pour plus de 80% des dossiers » conclut Antonin Blanckaert, Directeur Général de l’AGS.


