Monde
• Entre 2019 et 2025, le salaire réel des
travailleurs et travailleuses a diminué de 12 %, tandis que la rémunération des
PDG a bondi de 54 %.
• En 2025, les PDG ont empoché 8,4 millions de
dollars de rémunération et de primes en moyenne, contre 7,6 millions de dollars
en 2024. Il faudrait en moyenne 490 ans aux travailleurs et travailleuses pour
gagner la même somme.
• Un milliardaire a perçu en moyenne, en moins
de deux heures, plus en dividendes qu'un travailleur et une travailleuse n’a
gagné en salaire sur une année entière.
• La Confédération syndicale internationale
(CSI) et Oxfam appellent à une action urgente pour freiner l’explosion de
l’extrême richesse, notamment par le biais d'impôts plus élevés et plus justes
sur les grandes fortunes et des limites contraignantes sur la rémunération des
PDG.
France
• En France, en 2025, la rémunération des PDG a
augmenté 3,6 fois plus que les salaires des salariés.
• La rémunération de 26 PDG du CAC 40 a
augmenté de 19.2% entre 2024 et 2025.
• Bernard Arnault, propriétaire de la marque de
luxe LVMH, a empoché 3,8 milliards de dollars de dividendes en 2025.
Une nouvelle analyse
conjointe de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et d’Oxfam,
publiée, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et travailleuses,
révèle que les dirigeants et dirigeantes des plus grandes entreprises mondiales ont vu leur
rémunération augmenter de 11% en termes réels en 2025, tandis que la
rémunération moyenne d’un travailleur ou travailleuse n’a augmenté que de 0,5
%.
Les PDG ont empoché 8,4 millions de dollars de rémunération en moyenne, l'année dernière, contre
7,6
millions de dollars en 2024. Il faudrait en moyenne 490 ans aux travailleurs et
travailleuses pour gagner la même somme.
Jusqu'à présent, quatre
entreprises, dont Blackstone, Broadcom et Goldman Sachs, ont déclaré avoir payé
leur PDG plus de 100 millions de dollars en 2024. Les dix PDG les mieux payés
ont collectivement encaissé plus d'un milliard de dollars.
Le fossé grandissant
entre la rémunération des PDG et le salaire moyen des travailleurs et
travailleuses s'inscrit dans une tendance à long terme où les dirigeants et les
actionnaires accaparent une part toujours plus importante du « gâteau
économique » mondial.
Les salaires réels des travailleurs
et travailleuses ont baissé de 12 % depuis 2019. Cela signifie qu'ils et elles
ont en réalité travaillé 108 jours gratuitement entre 2019 et 2025 (31 jours
rien que l'année dernière). Dans le même temps, la rémunération des PDG a
explosé ― passant d’une moyenne de 5,5 millions de dollars en 2019 à 8,4
millions de dollars en 2025, soit une augmentation de 54 % en termes réels.
L'écart de rémunération entre les hommes et les femmes au sein de ces 1 500 entreprises est en moyenne de 16 %, ce qui signifie que les femmes travaillent effectivement gratuitement à partir du
4 novembre de chaque année.
Près de 1 000 milliardaires, dont les portefeuilles d'investissement ont été identifiés, ont perçu au total
79 milliards de dollars de dividendes en 2025, soit l'équivalent
d'environ 1 000 dollars par seconde. En moyenne, un milliardaire a perçu en
moins de deux heures plus en dividendes qu'un travailleur ou travailleuse n’a
gagné en salaire sur une année entière.
Parmi les plus gros
dividendes, on trouve ceux versés en 2025 à Bernard Arnault, propriétaire de la
marque de luxe LVMH, qui a empoché 3,8 milliards de dollars, et à Amancio
Ortega, propriétaire d’Inditex (Zara), qui a reçu 3,7 milliards de dollars.
En France, on rappelle qu’avec 107 milliards de dividendes versés en 2025, la barre symbolique des
100
milliards a été franchie allègrement par les entreprises du CAC40. Dans le même
temps, les salaires stagnent et l’inflation continue de peser sur les ménages
les plus fragiles.
« En cette journée
internationale de lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses,
il est temps de tirer de nouveau la sonnette d’alarme. A l’heure où le CAC40 se
porte à merveille et où les records de versements de dividendes s’enchainent
année après année, notre nouvelle analyse montre que les multinationales
continuent de favoriser les actionnaires au détriment des salariés.
Dans le même temps, le
MEDEF déroule le tapis rouge à l’extrême droite en invitant les leaders du RN à
présenter leur programme économique et leur agenda de dérégulation. Pourtant,
d’autres voix, y compris patronales, s’élèvent et appellent à d’autres modèles
de juste partage des richesses – et ce sont celles-ci que le gouvernement
devrait écouter. »,
déclare Léa Guérin, chargée de plaidoyer sur les questions de régulation des
multinationales au sein d’Oxfam France.
« Cette analyse met en
lumière le coup d’État des milliardaires contre la démocratie et ses
conséquences pour les travailleurs. Les entreprises nous promettent un cercle
vertueux, mais ce que nous observons, c’est un cercle vicieux mené par les
multinationales : elles sapent la négociation collective et le dialogue social
tandis que les PDG milliardaires accaparent la richesse créée par les gains de
productivité. Les super-riches utilisent ensuite d’énormes ressources pour
financer des projets politiques antidémocratiques », poursuit le
secrétaire général de la CSI, Luc Triangle.
« Nous ne pouvons pas continuer à laisser une poignée de personnes extrêmement riches accaparer les fruits du travail de millions de personnes. Les gouvernements doivent plafonner la rémunération des PDG, taxer davantage les ultra-riches et veiller à ce que le salaire minimum suive a minima le rythme de l’inflation et garantisse une vie digne. Et les travailleurs et travailleuses doivent pouvoir exercer, sans crainte ni entrave, leurs droits de se syndiquer, de faire grève et de négocier collectivement. Ce sont elles et eux qui génèrent la richesse de la société ; ils et elles devraient pouvoir réclamer, au nom de la justice, ce qui leur est dû », conclut Amitabh Behar, directeur exécutif d’Oxfam International.


