- Après un signalement, 39 % des salariés n’arrivent pas à déconnecter mentalement pendant leurs vacances.
- La peur de retourner au
travail multipliée par quatre chez les salariés ayant déjà signalé du
harcèlement.
Pourquoi les salariés
ayant déjà effectué un signalement n’arrivent-ils pas à déconnecter mentalement
pendant leurs vacances, contrairement à ceux qui n’ont jamais lancé d’alerte ?
Comment expliquer que les professionnels impliqués dans la gestion RH disent
constater davantage de remontées liées au mal-être au retour des congés ?
Quelques jours loin de l’entreprise suffisent-ils parfois à rendre visible une
situation qui avait fini par sembler normale ?
Reversens, cabinet de psychologues fondé
par Anne-Sophie Chéron et dédié aux enquêtes éthiques, a interrogé* 3 203
salarié(e)s (79 % n’ayant jamais effectué de signalement ou d’alerte et 21 %
ayant déjà effectué un signalement ou une alerte pour une situation de harcèlement
au travail) ainsi que 1 002 professionnels RH (DRH, RRH, responsables relations
sociales, dirigeants impliqués dans la gestion RH) afin de comprendre comment
les vacances, la déconnexion et l’appréhension de la reprise peuvent favoriser
la prise de conscience et la mise en mots de situations professionnelles
préoccupantes.
Selon Anne-Sophie
Chéron, ingénieure, psychologue clinicienne et fondatrice du cabinet Reversens :
« Après quelques
jours loin des mails, du management, de l’équipe, de la pression quotidienne et
des habitudes, certains salariés réalisent que ce qu’ils avaient fini par
considérer comme normal ne l’était peut-être pas. La peur de reprendre, le
recul retrouvé, les échanges avec les proches, puis les confidences à un
collègue, aux RH ou à un membre du CSE peuvent transformer un malaise diffus en
prise de conscience. Les vacances ne créent pas les situations nocives, mais
elles peuvent les rendre plus visibles et devenir un véritable moment de
bascule. Pour l’entreprise, l’enjeu est alors de disposer de canaux d’écoute et
de signalement clairement identifiés, protecteurs et capables de traiter avec
rigueur la parole qui se libère. »
1. Du côté des salariés
Vacances et harcèlement
au travail : les salariés lanceurs d'alerte trois fois moins nombreux à réussir
à déconnecter
Alors que 27 % des
salariés n'ayant jamais signalé de harcèlement parviennent à totalement
déconnecter pendant leurs vacances, ce chiffre chute à seulement 10 % chez ceux
ayant déjà effectué un signalement — et 39 % d'entre eux avouent même n'avoir
jamais réussi à décrocher mentalement, contre 12 % pour le reste des salariés.
Un écart spectaculaire qui met en lumière que le poids psychologique persistant
du travail, lorsqu’il est là, se retrouve révélé pendant les congés.
|
Pendant
vos dernières vacances, avez-vous réussi à couper réellement avec votre
travail ? |
|||
|
Réponses
|
Total |
Sans
expérience de signalement |
Ayant déjà
effectué un signalement |
|
Oui,
totalement |
24 % |
27 % |
10 % |
|
Oui, en
grande partie |
22 % |
24 % |
13 % |
|
Non,
j’ai consulté mes mails ou messages de temps en temps |
26 % |
28 % |
20 % |
|
Non, j’ai
été régulièrement sollicité(e) par mon entreprise |
9 % |
7 % |
16 % |
|
Non, je n’ai pas réussi à déconnecter
mentalement |
17 % |
12 % |
39 % |
|
Je ne
sais pas / je ne souhaite pas répondre |
2 % |
2 % |
2 % |
Reprise post-vacances :
la peur de retourner au travail multipliée par quatre chez les salariés ayant
déjà signalé du harcèlement
Le retour au travail
après les vacances vire au cauchemar pour les salariés ayant déjà lancé une
alerte : 27 % ressentent une forte boule au ventre (contre 10 % pour les
autres) et 21 % redoutent littéralement de retrouver leur manager ou certains
collègues, un chiffre plus de quatre fois supérieur à celui des salariés sans
expérience de signalement (5 %). Une fracture révélatrice qui souligne combien
la reprise reste un moment à haut risque pour ces salariés, et l'importance
d'un suivi dédié bien au-delà de l'alerte initiale.
|
Au
moment de reprendre le travail après les vacances, qu’avez-vous ressenti
principalement ? |
|||
|
Réponses
|
Total |
Sans
expérience de signalement |
Ayant
déjà effectué un signalement |
|
De
l’envie de retrouver mon travail |
16 % |
18 % |
6 % |
|
Une
appréhension normale liée à la reprise |
29 % |
32 % |
16 % |
|
Une
forte boule au ventre ou un stress important |
13 % |
10 % |
27 % |
|
La peur
de retrouver mon manager ou certains collègues |
8 % |
5 % |
21 % |
|
Une envie de changer d’équipe, de poste ou
d’entreprise |
15 % |
13 % |
23 % |
|
Rien de
particulier |
17 % |
20 % |
5 % |
|
Je ne sais pas / je ne souhaite pas répondre |
2 % |
2 % |
2 % |
Quand la déconnexion révèle une situation de
travail anormale
Chez les salariés ayant
déjà signalé du harcèlement, la coupure estivale agit comme un véritable
révélateur : 30 % affirment avoir pris clairement conscience du caractère
anormal de leur situation grâce aux vacances, contre seulement 11 % des
salariés sans expérience de signalement — un écart de près de trois fois. Plus
frappant encore, 19 % de ces mêmes salariés admettent avoir identifié le
problème sans savoir comment agir ensuite, soulignant l'importance cruciale
d'un accompagnement structuré une fois le déclic amorcé.
|
Les
vacances ou une période de déconnexion vous ont-elles déjà fait prendre
conscience qu’une situation vécue au travail n’était pas normale ? |
|||
|
Réponses
|
Total |
Sans expérience
de signalement |
Ayant
déjà effectué un signalement |
|
Oui,
clairement |
15 % |
11 % |
30 % |
|
Oui,
mais je m’en doutais déjà avant |
15 % |
12 % |
27 % |
|
Oui,
mais je n’ai pas su quoi faire ensuite |
10 % |
8 % |
19 % |
|
Non, les
vacances n’ont rien changé à ma perception |
17 % |
17 % |
15 % |
|
Non, je n’ai jamais vécu de situation
anormale au travail |
39 % |
48 % |
5 % |
|
Je ne
sais pas / je ne souhaite pas répondre |
4 % |
4 % |
3 % |
Suivant que les salariés ont déjà effectué une alerte ou non, la prise de conscience de l’anormalité ne porte pas sur le même type de situation
Le recul pris pendant
les vacances permet aux salariés sans expérience de signalement de prendre
conscience de l’aspect anormal de deux types de situations :
1) celles concernant la
pression au travail (dont les sollicitations en dehors du temps de travail),
2) celles concernant les
maladresses ou l’absence managériale.
Alors que les réponses
des salariés ayant déjà effectué une alerte montrent que le recul pris pendant
les vacances permet de prendre conscience, certes de la pression au travail,
mais aussi de dysfonctionnements relationnels sévères (mise à l’écart, management
brutal ou agressif, remarques humiliantes). Ainsi, 55 % des salariés ayant déjà
signalé du harcèlement évoquent un management brutal, instable ou agressif
contre 13 % pour les autres, soit 4 fois plus.
« Être l’objet
de comportements inadaptés au point qu’un signalement a été fait laisse des
traces profondes. Ainsi il est probable que les salariés lanceurs d’alerte
aient développé un système de détection aiguisé des situations fortement
délétères (comme l’agressivité ou l’humiliation), a contrario de ceux qui n’y
ont pas été exposés. C’est ce que l’on voit dans les traumatismes, ceux qui en
ont été victimes gardent pendant longtemps une hypervigilance aux anormalités.
C’est un mécanisme de défense classique qui vise à pouvoir identifier et se
protéger beaucoup plus vite des situations qui ont créé de la souffrance »,
déclare Anne-Sophie Chéron.
|
De
quelle situation avez-vous pris conscience ou pourriez-vous prendre
conscience pendant ou après une période de recul ? Plusieurs
réponses possibles. |
|||
|
Réponses
|
Total |
Sans
expérience de signalement |
Ayant
déjà effectué un signalement |
|
Pression
excessive, objectifs irréalistes ou surcharge de travail |
50 % |
46 % |
68 % |
|
Isolement,
mise à l’écart ou exclusion de certaines discussions |
24 % |
18 % |
49 % |
|
Messages,
appels ou sollicitations abusives en dehors du temps de travail |
32 % |
30 % |
41 % |
|
Comportements
sexistes, déplacés ou ambigus |
16 % |
13 % |
27 % |
|
Management absent ou négligent, absence de
cap ou d’accompagnement |
34 % |
30 % |
52 % |
|
Management
maladroit ou abrupt |
36 % |
32 % |
50 % |
|
Management brutal, instable ou agressif |
21 % |
13 % |
55 % |
|
Iniquité
de traitement |
31 % |
26 % |
53 % |
|
Remarques humiliantes ou dévalorisantes du
management ou des collègues |
26 % |
17 % |
60 % |
|
Peur de
parler, de contredire ou de signaler un problème |
29 % |
20 % |
63 % |
|
Aucune situation de ce type |
20 % |
24 % |
3 % |
|
Je ne sais
pas / je ne souhaite pas répondre |
4 % |
4 % |
2 % |
Mise à distance et effets sur la santé : les
deux principaux déclencheurs de la prise de conscience
Chez les salariés ayant
déjà signalé du harcèlement, ce sont d'abord la simple mise à distance de leur
environnement professionnel (59 %), suivis de près par les effets physiques et
psychologiques du travail — épuisement, troubles du sommeil, anxiété — qui
déclenchent la prise de conscience (58 %, contre 39 % pour les autres). Un
signal fort : 28 % de ces salariés ont eu besoin d'un professionnel de santé
pour nommer la situation, preuve que le corps alerte souvent bien avant que la
parole ne se libère.
|
Qu’est-ce
qui vous a fait prendre conscience de cette situation pendant ou après une
période de recul ? Plusieurs
réponses possibles. |
|||
|
Réponses
|
Total |
Sans
expérience de signalement |
Ayant
déjà effectué un signalement |
|
Le fait
de sortir de mon environnement de travail et de côtoyer une réalité
différente |
52 % |
48 % |
59 % |
|
Des
remarques de mes proches sur mon état de santé ou mon comportement |
30 % |
24 % |
40 % |
|
Le fait
d’échanger avec des proches, famille ou amis |
41 % |
38 % |
46 % |
|
Le fait
d’échanger avec un professionnel de santé |
18 % |
12 % |
28 % |
|
Des échanges plus approfondis avec des
collègues, les RH ou des représentants du personnel |
17 % |
14 % |
22 % |
|
Le fait
de constater les effets du travail sur ma santé : épuisement, troubles du
sommeil, rêves liés au travail, anxiété… |
46 % |
39 % |
58 % |
|
Une autre situation |
5 % |
5 % |
5 % |
|
Je ne
sais pas / je ne souhaite pas répondre |
3 % |
4 % |
2 % |
Les RH, premier réflexe des salariés face au
harcèlement
Pour les salariés ayant
déjà effectué un signalement, les ressources humaines s'imposent comme
l'interlocuteur privilégié pour envisager une alerte (45 %), légèrement devant
les représentants du personnel (41 %) et les collègues de confiance (36 %) —
mais 16 % avouent ne pas savoir vers qui se tourner.
|
Après
des vacances, avez-vous déjà envisagé d’alerter quelqu’un au sujet d’une
situation problématique au travail ? Plusieurs
réponses possibles |
|
|
Réponses
|
Total |
|
Oui, mon
manager ou mon responsable hiérarchique |
35 % |
|
Oui, les
ressources humaines |
45 % |
|
Oui, un représentant du personnel ou le CSE |
41 % |
|
Oui, la
médecine du travail ou le service de prévention et de santé au travail |
35 % |
|
Oui, un
référent interne : harcèlement, RPS, éthique ou dispositif d’alerte |
26 % |
|
Oui, un
collègue ou une personne de confiance |
36 % |
|
J’ai envisagé d’alerter, mais je ne savais
pas vers qui me tourner |
16 % |
|
Non, je
n’ai jamais envisagé d’alerter quelqu’un après des vacances ou une période de
recul |
8 % |
|
Je ne
sais pas / je ne souhaite pas répondre |
2 % |
2. Du côté des professionnels impliqués dans la gestion RH et les alertes internes
Rentrée sous tension : 61 % des professionnels
constatent une hausse des alertes liées au mal-être au travail au retour des
vacances
Du côté des
professionnels RH, la reprise est bien loin d’être un long fleuve tranquille.
Ainsi, près de deux tiers d'entre eux (61 %) observent une recrudescence des
signalements liés au mal-être au travail dès la reprise post-vacances, dont 23
% de façon particulièrement marquée. Un phénomène de rentrée qui confirme la
période post-estivale comme un moment charnière pour la santé mentale en
entreprise, et l'urgence d'anticiper cette vague plutôt que de la subir.
|
Dans
votre entreprise, constatez-vous une hausse des alertes ou signalements liés
au mal-être au travail au retour des vacances ? |
|
|
Réponses
|
Total |
|
Oui,
très clairement |
23 % |
|
Oui,
légèrement |
38 % |
|
Non, pas
particulièrement |
30 % |
|
Non,
nous constatons plutôt une baisse |
3 % |
|
Je ne sais pas / je préfère ne pas répondre |
6 % |
Deux semaines, le seuil critique : le moment où le mal-être au travail refait surface
Selon les DRH
interrogés, c'est après environ deux semaines de vacances que la hausse des
alertes liées au mal-être est la plus marquée (49 %), suivi par les congés de
plus de deux semaines (24 %) — un signal clair que la coupure prolongée agit
comme un véritable révélateur pour les salariés. Une donnée précieuse pour les
entreprises soucieuses d'anticiper les moments de vigilance RH plutôt que de
les découvrir a posteriori.
|
Après
quelles vacances avez-vous le plus constaté cette hausse ou cette baisse des
alertes ou signalements ? |
|
|
Réponses
|
Total |
|
Après
environ une semaine de vacances |
21 % |
|
Après
environ deux semaines de vacances |
49 % |
|
Après
plus de deux semaines de vacances |
24 % |
|
Je ne
sais pas / je préfère ne pas répondre |
6 % |
Épuisement et surcharge en tête des signaux
d'alerte RH à la rentrée
Après les congés, les
RH voient d'abord remonter l'épuisement ou la démotivation (59 %) et la
surcharge de travail (55 %), loin devant les conflits avec le manager (48 %) —
mais un chiffre interpelle particulièrement : près d'un tiers des
professionnels RH (32 %) rapporte des situations évocatrices de harcèlement
moral.
|
Après
les périodes de congés, quels types de situations remontent le plus souvent
aux RH ? Plusieurs
réponses possibles. |
|
|
Réponses
|
Total |
|
Conflits
avec le manager |
48 % |
|
Tensions
entre collègues |
35 % |
|
Surcharge
de travail ou pression excessive sur les résultats |
55 % |
|
Dysfonctionnements
dans l’organisation du travail |
44 % |
|
Sentiment d’épuisement ou de démotivation |
59 % |
|
Situation
évocatrice de harcèlement moral |
32 % |
|
Situation évocatrice de harcèlement sexuel ou
comportements sexistes |
11 % |
|
Situation
évocatrice de harcèlement discriminatoire |
10 % |
|
Demandes de mobilité interne |
25 % |
|
Demandes
de rupture conventionnelle ou volonté de départ |
23 % |
|
Arrêts maladie ou demandes d’aménagement du
travail |
33 % |
|
Nous
n’observons pas de remontées particulières |
8 % |
|
Je ne
sais pas / je préfère ne pas répondre |
4 % |
Pour 71 % des DRH aussi, les vacances sont le
révélateur d'un mal-être professionnel invisible au quotidien
Plus de 7 professionnels
RH sur 10 estiment que les vacances permettent aux salariés de prendre
conscience qu'une situation professionnelle n'est pas normale, dont 22 % de
façon très marquée. Un constat qui confirme le rôle d’une période de vacances
ou de déconnexion comme véritable déclic du mal-être en entreprise.
|
Selon
vous, les vacances permettent-elles à certains salariés de prendre conscience
qu’une situation professionnelle n’est pas normale ? |
|
|
Réponses
|
Total |
|
Oui,
très souvent |
22 % |
|
Oui,
parfois |
49 % |
|
Rarement |
10 % |
|
Non, je
ne pense pas que les vacances jouent un rôle |
5 % |
|
C’est possible, mais difficile à mesurer |
11 % |
|
Je ne
sais pas / je préfère ne pas répondre |
3 % |
Les vacances renforcent la détermination des
salariés à agir
68 % des professionnels
RH ont déjà observé des salariés revenir de congés avec une volonté plus
affirmée de signaler une situation problématique, de changer de poste ou même
de quitter l'entreprise, dont 19 % de façon très fréquente. Un signal fort qui
positionne clairement la rentrée comme un moment charnière où les résolutions
estivales se transforment en décisions professionnelles concrètes.
|
Avez-vous
déjà observé des salariés revenir de congés avec une volonté plus forte de
signaler une situation, changer de poste ou quitter l’entreprise ? |
|
|
Réponses
|
Total |
|
Oui,
très souvent |
19 % |
|
Oui,
parfois |
49 % |
|
Rarement |
17 % |
|
Non,
jamais |
4 % |
|
Nous n’avons pas assez de recul pour le
mesurer |
8 % |
|
Je ne
sais pas / je préfère ne pas répondre |
3 % |
Quel est le premier déclencheur ?
Selon les DRH
interrogés, c'est d'abord une accumulation ancienne qui finit par ressortir (24
%) et le recul pris pendant les congés (23 %) qui poussent les salariés à
signaler une situation problématique, loin devant un événement précis survenu
au retour (4 %). Une donnée essentielle qui rappelle que les vacances ne créent
pas le mal-être mais agissent comme un puissant catalyseur de prises de parole
trop longtemps différées.
|
Quand un
salarié signale une situation problématique après les vacances, quel est
selon vous le principal déclencheur ? |
|
|
Réponses
|
Total |
|
Le recul
pris pendant la période de congés |
23 % |
|
La
comparaison entre le bien-être en vacances et le mal-être au travail |
17 % |
|
Les échanges
avec les proches pendant les congés |
9 % |
|
Des
échanges plus approfondis pendant une période plus calme |
6 % |
|
La peur ou l’angoisse au moment de reprendre |
14 % |
|
Une accumulation
ancienne qui finit par ressortir |
24 % |
|
Un événement précis survenu au retour |
4 % |
|
Il n’y a
pas de lien particulier avec les vacances |
2 % |
|
Je ne sais pas / je préfère ne pas répondre |
1 % |


