L’expérience du Groupe
SVP : construire un accompagnement sur mesure pour les collaborateurs.
TDAH en entreprise :
construire un accompagnement sur mesure pour les collaborateurs
Diagnostiquée d’un TDAH
en 2023, Marta Dabrowska, consultante experte au sein du Groupe SVP, a
bénéficié depuis 2024 d'un dispositif d'accompagnement personnalisé,
co-construit avec son employeur et Cap Emploi. Une démarche d'inclusion
concrète, qui vient d'être récompensée par le Prix Entreprises &
Territoires 2026 Coup de cœur du jury. Le Groupe SVP revient sur cet
accompagnement inédit.
Un diagnostic qui
change tout
Marta Dabrowska
travaille au sein du Groupe SVP depuis 2020. D’un point de vue technique, elle
s'impose rapidement. Mais en parallèle, elle compose seule avec des difficultés
qu'elle ne sait pas encore nommer : des délais qui lui échappent, des priorités
impossibles à hiérarchiser, une fatigue qui s'accumule silencieusement. En
juillet 2023, le diagnostic tombe : un TDAH (Trouble du Déficit de l'Attention
avec Hyperactivité). En octobre 2024, elle obtient sa RQTH (Reconnaissance de
la Qualité de Travailleur Handicapé) et décide d'en parler ouvertement à son
employeur. Cette transparence va être le point de départ d'une collaboration
inédite au sein du Groupe SVP.
« Je n'ai pas hésité
longtemps. J'avais confiance en ma manager, il n'y avait pas de tabou de mon
côté »,
se souvient Marta Dabrowska, Consultante Experte au sein du Groupe SVP.
Une réponse construite
dans la durée, avec les bons acteurs
Face à cette nouvelle
situation pour le Groupe, l'équipe RH s'appuie sur Cap Emploi, organisme
spécialisé dans le maintien dans l'emploi des personnes en situation de
handicap, qui joue un rôle central de conseil, de médiation et d'expertise.
« Cap Emploi avait
vraiment la maîtrise du sujet. Leur présence a crédibilisé la démarche et m'a
évité d'être seule face à d’éventuelles réactions que je redoutais », témoigne Marta
Dabrowska.
De son côté, Leandra
Mosca, Responsable Ressources Humaines du Groupe SVP, souligne la nécessité de
cette triangulation :
« Le travail le plus important a été d'identifier ce qui posait
véritablement problème dans son quotidien. Marta n'arrivait pas toujours à le
formuler elle-même au départ. Les échanges réguliers entre elle, sa manager et
Cap Emploi ont permis de construire progressivement les bonnes réponses. »
Des aménagements
concrets, à la fois matériels et organisationnels
L'accompagnement se déploie sur deux axes complémentaires. Sur le plan matériel d'abord avec notamment un bureau assis-debout pour changer régulièrement de posture, un tabouret culbuto pour favoriser le mouvement et un casque anti-bruit pour les moments de concentration. Un équipement reproduit à l'identique au domicile de Marta, avec une prise en charge de l'AGEFIPH à hauteur de
74 % des coûts. Marta
passe également en mi-temps thérapeutique, à raison de trois jours par semaine.
Mais c'est sur le plan
des missions que le travail est le plus profond et où cela fait la différence.
Marta quitte son poste en gestion de projets multiples pour rejoindre le
service déploiement des logiciels SIRH, avec des projets à périmètre défini, un
nombre limité d'interlocuteurs et des points de suivi réguliers.
« Le plus gros chantier
a été la revue des missions car nous avons cherché ce qui correspondait
vraiment à son fonctionnement (la transversalité, le mouvement, la stimulation)
plutôt que de plaquer des outils de gestion du temps qui ne lui correspondaient
pas. »,
confirme Leandra Mosca.
Ce que cette expérience
change, des deux côtés
Pour Marta,
l'engagement de son employeur a eu un effet libérateur : « Au départ, je me
sentais doublement invisible : d'un côté à cause de mon handicap, qui ne se
voit pas, et de l'autre à cause de la fatigue qu'il engendre. Les difficultés
liées à cette fatigue, notamment en matière de productivité, passaient-elles
aussi largement inaperçues. Le fait que le Groupe ait joué le jeu pour
accompagner mon changement de poste m'a soulagée d'une grande partie de ma
culpabilité. »
Elle qui parle sans
tabou de son parcours (diagnostic tardif, déconstruction puis reconstruction de
son rapport au travail) insiste sur la responsabilité collective : « On ne
sait jamais qui souffre en silence. Ce n'est pas suffisant d'être deux
(employeur et employé) ; il faut des relais pour qu'une personne en situation
de handicap se sente pleinement accompagnée et soutenue. »
Pour le Groupe SVP,
cette démarche a renforcé et affiné des pratiques déjà existantes : « Nous
en sommes ressortis avec une écoute plus fine, une meilleure anticipation et
une vision plus personnalisée de ce que signifie vraiment accompagner un
collaborateur atteint d’un trouble invisible », précise Leandra Mosca.
En 2026, cette approche
a valu au Groupe le Prix Entreprises & Territoires Coup de cœur du jury,
décerné par le Réseau pour l'Emploi de Nouvelle-Aquitaine.
« Les enjeux de neurodiversité et de handicap invisible ne relèvent plus uniquement de la politique handicap ; ils interrogent notre capacité à concevoir des environnements de travail où chacun peut exprimer pleinement ses compétences. Notre responsabilité d'employeur est de créer les conditions de cette réussite. L'accompagnement de Marta démontre qu'en croisant expertise, dialogue et adaptation, il est possible de transformer une difficulté en levier d'engagement, de fidélisation et de performance durable », conclut Clarisse Dorlhac, Directrice des Ressources Humaines du Groupe.


