Le
SDI publie les premiers enseignements de son Baromètre T2 2026
Les chefs de très petites entreprises continuent de faire vivre leur activité, mais au prix de sacrifices personnels de plus en plus importants.
À quelques jours de la
publication de son Baromètre T2 2026, le Syndicat des Indépendants et des TPE
(SDI) publie les principaux indicateurs de santé économique et sociale des très
petites entreprises.
Premier enseignement : 52 % des dirigeants
déclarent aujourd’hui percevoir une rémunération inférieure au SMIC, contre 47
% au trimestre précédent. Derrière ce chiffre se dessine une réalité plus large
: une activité qui ralentit, des marges qui se dégradent, des trésoreries durablement
sous tension, un accès au crédit de trésorerie plus difficile, un moral en
berne et des perspectives toujours plus incertaines.
Selon Marc Sanchez,
secrétaire général du SDI : « Les dirigeants de TPE sont devenus la
variable d’ajustement de leur propre entreprise. Avant de licencier, avant de
renoncer à investir, ils commencent par renoncer à leur propre rémunération.
Depuis deux ans, ils absorbent les crises à titre personnel. Mais on ne peut
pas demander indéfiniment aux entrepreneurs de faire vivre seuls leur
entreprise. »
Les résultats du
deuxième trimestre montrent que cette fragilité ne concerne plus un indicateur
isolé mais l’ensemble des fondamentaux économiques des très petites
entreprises.
Une dégradation qui
touche désormais tous les indicateurs
Les dirigeants
deviennent la variable d’ajustement de leur entreprise
Plus d’un dirigeant sur deux (52 %) déclare percevoir une rémunération inférieure au SMIC, contre
47 %
au trimestre précédent. Ce niveau, qui oscille autour de 50 % depuis deux ans,
confirme que face aux difficultés économiques, les chefs d’entreprise préfèrent
réduire leur propre revenu avant d’envisager des suppressions d’emplois ou une
cessation d’activité.
L’activité ralentit,
les marges se dégradent davantage encore
Au deuxième trimestre
2026, 65 % des dirigeants constatent une baisse de leur chiffre d’affaires,
tandis que 70 % observent un recul de leur marge nette.
Cet écart traduit une
réalité préoccupante : les entreprises ne souffrent pas uniquement d’une baisse
d’activité. Elles gagnent également de moins en moins sur chaque euro de
chiffre d’affaires réalisé, ce qui réduit progressivement leur capacité à absorber
leurs charges.
Une trésorerie en apparence moins tendue, mais une vraie fausse bonne nouvelle
Une entreprise sur deux
demeure confrontée à des difficultés de trésorerie, dont 18 % à des difficultés
importantes. Si cet indicateur recule légèrement par rapport au trimestre
précédent, il reste installé depuis plus de deux ans à un niveau structurellement
élevé.
Cette évolution
intervient alors même que la rémunération des dirigeants se dégrade. Elle
suggère que de nombreux chefs d’entreprise continuent de préserver la
trésorerie de leur entreprise en réduisant d’abord leur propre revenu.
Marc Sanchez poursuit :
« La trésorerie respire un peu, mais c’est parce que les dirigeants arrêtent
de respirer eux-mêmes. »
Un financement bancaire
à deux vitesses
L’accès au crédit
d’investissement demeure globalement préservé, avec un taux d’acceptation de 89
%. Les crédits de trésorerie restent en revanche beaucoup plus difficiles à
obtenir : leur taux d’acceptation, remonté à 72 %, demeure très inférieur aux
86 % enregistrés début 2024.
Cette sélectivité
bancaire s’accompagne d’un phénomène d’autocensure préoccupant : 28 % des dirigeants
déclarent avoir renoncé à solliciter un crédit au cours des six derniers mois
par crainte d’un refus. Les entreprises capables d’investir continuent donc,
pour la plupart, à être financées, tandis que celles qui ont besoin de liquidités
pour assurer leur fonctionnement quotidien rencontrent davantage d’obstacles.
Un moral toujours
profondément dégradé
Les difficultés économiques se traduisent directement dans l’état d’esprit des chefs d’entreprise.
91 % d’entre eux expriment aujourd’hui un sentiment négatif,
dominé par l’inquiétude, le désabusement ou la colère. Les dirigeants se
déclarant confiants ou optimistes ne représentent plus qu’une très faible
minorité.
Plus d’un dirigeant sur
trois envisage désormais de cesser son activité
34 % des chefs
d’entreprise déclarent envisager une cessation d’activité ou y penser
sérieusement. Si cet indicateur recule légèrement par rapport au trimestre
précédent, il demeure deux fois supérieur au niveau observé fin 2024 et
témoigne d’un affaiblissement durable de la capacité des dirigeants à se
projeter dans l’avenir.
L’embauche reste au
point mort
Dans ce contexte, les
perspectives de développement demeurent limitées. 87 % des TPE ne recherchent
actuellement aucun salarié, confirmant que la priorité des dirigeants est
aujourd’hui de préserver leur activité plutôt que d’investir dans leur
développement.
Une résilience qui a un
coût
Pour le SDI, ces
résultats traduisent moins une succession de difficultés conjoncturelles qu’un
affaiblissement progressif des très petites entreprises françaises.
Si les dirigeants
continuent de tenir, c’est essentiellement grâce à des sacrifices personnels de
plus en plus importants. Derrière la résilience apparente des TPE se cache une
réalité plus préoccupante : celle de chefs d’entreprise qui financent eux-mêmes,
par la baisse de leur propre rémunération, la continuité de leur activité.
À force de demander aux
dirigeants de financer eux-mêmes la résistance de leur entreprise, c’est la
pérennité même du tissu des très petites entreprises qui finit par être
fragilisée.
Le Baromètre T2 2026
sera publié dans son intégralité le 6 juillet
Ce communiqué présente
les principaux indicateurs de santé économique et sociale issus du Baromètre T2
2026. La publication intégrale du baromètre, le 6 juillet 2026, apportera un
éclairage plus large sur les préoccupations des dirigeants de TPE et leurs
attentes concernant :
• la fiscalité et les
charges
• l’accès au financement
et les relations bancaires
• la simplification
administrative
• l’emploi et les
difficultés de recrutement
• la retraite
• le temps de travail
• les attentes des
dirigeants à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Le Baromètre T2 2026 permettra ainsi de compléter ce premier état des lieux économique par une analyse des attentes des dirigeants et des leviers qu’ils identifient pour restaurer la confiance et soutenir le développement des très petites entreprises.


