Défaillances d'entreprises : jusqu'à 75 000
faillites attendues en 2026, l'Association pour la gestion du régime de
Garantie des créances Salariales (AGS) anticipe un record historique de 2,6
milliards d'euros d'avances aux salariés.
À mi-parcours de
l'année, les montants avancés progressent déjà de près de 20 %, révélant
l'aggravation des conséquences sociales des défaillances d'entreprises.
Le premier semestre
2026 confirme les difficultés durables auxquelles sont confrontées les
entreprises françaises.
Au 30 juin, l’AGS) a
mobilisé 1,31 milliard d'euros pour garantir le paiement des salaires des
entreprises en procédure collective, soit une hausse de 19,4 % sur un an. Si
cette tendance se poursuit, le régime pourrait franchir le seuil inédit de 2,6
milliards d'euros d'avances d'ici la fin de l'année, un niveau jamais atteint
depuis sa création.
Cette accélération
intervient dans un contexte où les prévisions tablent désormais sur 71 000 à 75
000 défaillances d'entreprises en 2026, confirmant l’amplification des
difficultés constatées depuis plus de deux ans.
Une crise qui change de
dimension
Après une année 2025
déjà historique, marquée par plus de 2,2 milliards d'euros d'avances, les
indicateurs du premier semestre 2026 témoignent d'un nouveau changement
d'échelle.
Au-delà des montants
engagés, l'AGS a accompagné 157 983 salariés, soit 12 % de plus qu'un an
auparavant, tandis que près de 14 000 nouvelles procédures sollicitant
l’intervention de l’AGS ont été ouvertes.
Cette évolution traduit
une transformation de la nature des défaillances : la part des grandes et
moyennes entreprises accompagnées par l’AGS augmente, le nombre de salariés est
en croissance, entrainant des conséquences sociales plus lourdes.
Selon Christian
Nibourel, président de l'AGS : « Les difficultés que nous observons depuis
plusieurs trimestres ne relèvent plus d'une situation ponctuelle. Elles
traduisent une fragilité durable de nombreuses entreprises confrontées à un
environnement économique dégradé. Les défaillances que nous accompagnons sont
souvent plus importantes et produisent un impact social plus marqué. »
Vers un niveau inédit
d’accompagnement à hauteur de 2,6 milliards d'euros en 2026 ?
Les projections
financières de l'AGS conduisent désormais à anticiper près de 2,6 milliards
d'euros d'avances sur l'ensemble de l'année, soit environ 16 % de plus qu'en
2025.
Une telle trajectoire
constituerait le montant le plus élevé jamais mobilisé par le régime, après une
année 2025 déjà tristement inédite.
Cette évolution reflète
un environnement économique qui demeure particulièrement tendu :
croissance atone, marges sous pression et coûts de financement élevés
continuent d’affaiblir les entreprises françaises.
Industrie, commerce et
restauration toujours parmi les secteurs les plus exposés
L'analyse sectorielle
confirme que les tensions concernent l'ensemble de l'économie.
L’industrie reste le
premier secteur accompagné avec 295 millions d’euros d’avances, en progression
de 28,6 % sur un an. Le commerce suit avec 211 millions d’euros (+27,6 %),
devant la construction.
Les hausses les plus
marquées concernent toutefois :
• le transport et l’entreposage (+38,4 %) ;
• l’hébergement-restauration (+37,7 %).
Ces évolutions
illustrent une diffusion progressive des difficultés à l’ensemble des secteurs
productifs.

Des salariés
durablement installés dans l’emploi désormais davantage touchés
Le profil des
bénéficiaires souligne également l’évolution des défaillances.
À fin juin, l’avance
moyenne versée atteint désormais 8 294 euros par salarié contre 7 779 euros en
moyenne sur la même période en 2025. Ce montant moyen en hausse illustre le
fait que les défaillances touchent de plus en plus des emplois qualifiés.
Des disparités
territoriales qui s’accentuent
Plusieurs territoires
enregistrent une progression particulièrement forte du nombre de salariés
accompagnés.
Les évolutions les plus
marquées concernent notamment les Hauts-de-France (+10 355 bénéficiaires) et
l'Occitanie (+2 312 bénéficiaires).
Ces écarts illustrent
la vulnérabilité de certains bassins économiques fortement dépendants des
secteurs industriels et commerciaux actuellement sous tension.
Une capacité d’intervention
qui demeure intacte
Malgré une activité en
forte hausse, l'AGS maintient un niveau de réactivité élevé.
Plus de 80 % des
relevés de créances continuent d'être traités en moins de 48 heures,
garantissant aux salariés concernés une prise en charge rapide dans un contexte
souvent marqué par une forte incertitude.
« Malgré la hausse continue des volumes traités, plus de 80 % des relevés de créances continuent d'être pris en charge en moins de 48 heures. Cette capacité d'intervention rapide constitue un facteur essentiel de protection des salariés confrontés à la défaillance de leur employeur. », conclut Antonin Blanckaert, directeur général de l'AGS.


