Baromètre CAFPI 2026.
Alors que l'inflation
repart à la hausse, que les tensions géopolitiques pèsent sur les perspectives
économiques et que les taux de crédit immobilier amorcent une nouvelle
remontée, les Français démontrent leur capacité d'adaptation.
C'est l'un des principaux enseignements du Baromètre CAFPI 2026, réalisé auprès de plus de
1
100 emprunteurs financés depuis 2023.
Un marché du crédit qui
ralentit sans s'arrêter
Après plusieurs mois
d'amélioration, le marché du crédit immobilier entre dans une nouvelle phase de
ralentissement. Les taux d'emprunt repartent légèrement à la hausse dans un
contexte de reprise de l'inflation, alimentée par les tensions géopolitiques.
Ainsi, en 1 an, les taux de crédit immobilier ont en moyenne augmenté de 0,2 %.
Pour un couple
souhaitant emprunter 200 000 € sur 25 ans, cette hausse implique :
• +22€/mois sur ses mensualités,
• -2,5m² de superficie achetable dans des
villes comme Dijon ou Reims,
• Un taux d’endettement passant de 30 % à 31 %.
« Si l’impact n’est pas
négligeable, notamment pour les ménages les plus modestes, l’augmentation des
taux reste absorbable par une large part des emprunteurs, expliquant que le
marché reste dynamique malgré la conjoncture », indique Julien
Langlade, Président de CAFPI.
Dans ce contexte, la
production de crédits devrait reculer de près de 6,8 % en volume en 2026 après
avoir augmenté de 33 % entre 2024 et 2025. « Avril a été le premier mois de
l’année où la production de nouveaux crédits a été moindre en 2026 qu’en 2025,
avec une diminution de 4,7 %. Il s’agit de la première baisse sur 12 mois
glissants depuis 2024 », précise Laura Martino, Directrice des
Partenariats bancaires chez CAFPI.
Pourtant, le marché
conserve des fondamentaux solides. Les prix immobiliers progressent modérément
au niveau national (+1,90 % sur un an) et les capacités de négociation des
acquéreurs se renforcent dans plusieurs grandes métropoles.
Les Français s’adaptent
sans renoncer
L’espoir d'un retour durable des taux sous les 3 % semble désormais écarté. Selon l'enquête CAFPI,
95 % des Français ne croient plus à une baisse des taux d'ici la fin de l'année
et plus d'un sur deux anticipe même une nouvelle hausse.
Pour autant, cette
lucidité ne se traduit pas par un renoncement. Seuls 7 % des répondants
déclarent reporter leur projet immobilier. Les deux tiers affirment s'adapter à
la situation ou considérer les conditions actuelles comme acceptables.
« Les Français ont
intégré que l'environnement de taux bas appartient au passé. Plutôt que
d'attendre un hypothétique retournement du marché, ils adaptent leurs projets
et leurs critères d'achat », poursuit Julien Langlade.
Face à des capacités
d'emprunt contraintes, les ménages sont prêts à adapter leurs projets
immobiliers : huit Français sur dix se déclarent prêts à emprunter sur 25 ans
ou plus, faisant de cette durée la nouvelle norme du financement immobilier et
40 % se disent disposés à acheter un logement ancien à rénover.
Cette évolution
témoigne d'un changement durable des comportements d'achat et d'une volonté
forte d'accéder à la propriété malgré un contexte moins favorable.
Des dispositions
politiques qui pourraient accompagner la relance du marché
Face aux difficultés
auxquelles sont aujourd’hui confrontés les emprunteurs (hausse des taux,
stabilité des prix de l’immobilier, etc.), les pouvoirs publics disposent de
plusieurs leviers pour accompagner la relance du marché immobilier au bénéfice
de tous :
• Selon CAFPI, l'élargissement du prêt à taux
zéro (PTZ) aux couples dès le premier enfant permettrait, dans les conditions
actuellement débattues, de rendre 10 % des ménages français éligibles contre
seulement 0,16 % avec le dispositif actuel.
• Toujours selon CAFPI, l'extension du
dispositif Jeanbrun aux logements anciens et aux maisons individuelles pourrait
entraîner une hausse de 20 % des projets d'investissement locatif.
• Chez CAFPI, 6 % des dossiers non finalisés
depuis 2024 concernent des ménages dont le taux d'endettement dépasse le seuil
de 35 %. Une prise en compte du reste à vivre dans le calcul de l'endettement
permettrait de concrétiser une partie de ces projets sans remettre en cause la
stabilité du système financier.
Assurance emprunteur :
une concurrence au bénéfice des emprunteurs
Le marché de
l'assurance emprunteur, quant à lui, poursuit sa transformation sous l'effet
des réformes successives favorisant la concurrence. Selon les données CAFPI,
les contrats alternatifs aux assurances bancaires continuent de gagner du
terrain grâce aux changements d'assurance en cours de prêt rendus possibles par
la résiliation facilitée.
Cette dynamique se
traduit par des économies significatives pour les emprunteurs : les contrats
externes affichent une baisse moyenne de leurs tarifs comprise entre 10 % et 20
% sur les cinq dernières années.
Pour certains profils (couple de 30 ans, non-fumeur, en bonne santé, en CDI), le gain peut dépasser
1 000 € par an et représenter plus de 20 000 € sur la durée totale du crédit. « Dans un contexte où chaque levier de pouvoir d'achat compte, l'assurance-emprunteur reste un poste d'optimisation du financement immobilier », conclut Stéphane Bolelli, Directeur général adjoint en charge de l’ADE et du développement digital.


