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[Expertises] Immobilier : géopolitique, climat, nouvelles réglementations… les nouveaux critères qui redessinent le marché

Après plusieurs trimestres consacrés au retour de la confiance, le marché immobilier semble désormais entrer dans une nouvelle phase. Les principaux indicateurs confirment la reprise de l'activité, tandis que les professionnels observent une évolution plus profonde : les critères qui guident les décisions des acheteurs et des investisseurs changent.


À partir des données de transactions du deuxième trimestre 2026 et des réponses de plus de

8 500 agences immobilières indépendantes, cette nouvelle édition de l'Observatoire Interkab montre que le marché ne se contente plus de retrouver un fonctionnement plus équilibré.

Il s'adapte à un nouvel environnement, où les enjeux géopolitiques, climatiques et réglementaires occupent désormais une place croissante.

 

Un marché qui confirme son retour à l'équilibre

 

Les principaux indicateurs du deuxième trimestre prolongent la dynamique observée depuis le début de l'année. Le volume de compromis signés progresse de +41 % par rapport au premier trimestre 2026, confirmant l'accélération des transactions engagée depuis plus d'un an. Dans le même temps, les prix poursuivent leur stabilisation (-0,4 %), les marges de négociation demeurent quasi inchangées (-5,4 %) et le stock de biens disponibles augmente de 7 %, offrant davantage de choix aux acquéreurs. Les délais de vente connaissent une légère remontée sur le trimestre (+9 jours), mais restent inférieurs de 28 jours à ceux observés un an auparavant.


Ces indicateurs traduisent un marché qui retrouve progressivement un fonctionnement plus fluide, sans retour aux excès des années passées.

 

Selon Olivier Bugette, CEO de La Boîte Immo : « Après plusieurs années de fortes turbulences, le marché retrouve progressivement un rythme plus équilibré. Les fondamentaux sont de nouveau présents : davantage de transactions, des prix stabilisés et une offre qui se reconstitue. Nous sommes désormais dans un marché plus mature, où les décisions sont moins impulsives mais davantage réfléchies. »

 

Le contexte géopolitique influence les projets immobiliers

 

L'Observatoire Interkab a interrogé les professionnels sur l'impact du contexte international. Le résultat est sans appel : 77 % des agents immobiliers indépendants estiment que les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, influencent les décisions de leurs clients. Sans provoquer un arrêt des projets, ce climat d'incertitude conduit de nombreux ménages à davantage réfléchir avant de concrétiser un achat.

 

Les investisseurs restent attentifs aux évolutions réglementaires

 

Depuis l’entrée en vigueur du dispositif Jeanbrun en février 2026, près de deux tiers des agents observent une stabilité dans le comportement des investisseurs, voire les premiers signes d’un regain d’intérêt. Les annonces autour des logements classés F et G produisent également leurs premiers effets. À l’échelle nationale, 25 % des professionnels constatent déjà une évolution des intentions des bailleurs. Les écarts régionaux sont toutefois marqués. Paris, les Yvelines, la Savoie, la Haute-Savoie ou encore le Rhône figurent parmi les territoires où les propriétaires semblent les plus réactifs aux évolutions réglementaires.

 

« Les investisseurs n’ont pas déserté le marché. Ils attendent avant tout de disposer d’un cadre réglementaire stabilisé pour se projeter à nouveau. », poursuit Olivier Bugette.

 

Le changement climatique s’invite dans les critères de choix des acheteurs

 

Autre enseignement marquant de ce trimestre : les conséquences du changement climatique influencent désormais les projets immobiliers.

 

Selon 60 % des agents immobiliers indépendants, les acheteurs intègrent davantage dans leur réflexion la recherche de logements mieux isolés, équipés d'une climatisation ou situés dans des zones moins exposées aux fortes chaleurs. Dans un contexte marqué par des épisodes de canicule de plus en plus fréquents, cette évolution traduit l'émergence de nouveaux critères de sélection qui viennent compléter les considérations traditionnelles de prix, d'emplacement ou de surface.


our Olivier Bugette : « Les Français ne choisissent plus uniquement un logement pour aujourd'hui. Ils se demandent aussi comment ils y vivront demain. Le changement climatique devient progressivement un paramètre de décision comme les autres. »

 

Les taux d'intérêt restent un sujet… mais ne résument plus le marché

 

Les conditions de financement continuent d’influencer les projets. Pour 55 % des agents, les taux restent un frein. À l’inverse, 13 % observent un effet d’accélération, certains acquéreurs préférant concrétiser rapidement leur projet avant une éventuelle remontée des taux. Enfin, près d’un tiers des professionnels (32 %) ne constatent aujourd’hui plus d’impact particulier. Le crédit reste donc un sujet important, mais il n’explique plus à lui seul les dynamiques du marché.

Des comportements qui restent très différents selon les territoires

 

Le deuxième trimestre confirme également que le marché immobilier demeure profondément local.

La période estivale illustre parfaitement ces disparités. À l'échelle nationale, 49 % des agents estiment que l'été ne modifie pas les comportements des acheteurs.

 

Mais certaines régions se distinguent :

●       un ralentissement plus marqué en Île-de-France ;

●       une accélération des projets dans les Bouches-du-Rhône ;

●       un marché particulièrement dynamique dans plusieurs territoires alpins.

Ces écarts rappellent que la reprise ne s'exprime pas partout au même rythme et que les réalités locales restent déterminantes.

 

Des fondamentaux solides, mais un marché qui change de visage

 

Les autres enseignements du trimestre confirment cette évolution.

●   La part des primo-accédants apparaît stable pour un agent sur deux.

●   Le marché des petites surfaces reste contrasté (20 % des agents observent une hausse).

●   Une partie des professionnels constate une reprise du marché des résidences secondaires

(31 %, contre 69 % qui le jugent encore à l'arrêt)

●   Les biens classés G commencent progressivement à revenir sur le marché (21 % des agents constatent une hausse des mises en vente).

●   Enfin, 70 % des agents estiment que les acheteurs restent insuffisamment informés sur les dispositifs existants (PTZ, Jeanbrun, LLI ou immobilier neuf), confirmant le rôle essentiel des professionnels dans l'accompagnement des projets.

 

« Les données du deuxième trimestre 2026 de l’Observatoire Interkab confirment que le marché immobilier poursuit sa normalisation. Si les grands indicateurs économiques retrouvent progressivement un fonctionnement plus équilibré, les projets immobiliers évoluent désormais dans un environnement plus complexe, où les considérations climatiques, géopolitiques et réglementaires prennent une place croissante. Le marché n'est plus seulement en reprise : il entre dans une nouvelle phase, où la qualité du conseil, l'expertise locale et la capacité d'accompagner des décisions de plus en plus réfléchies deviennent plus essentielles que jamais. » conclut Olivier Bugette.

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