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[Tribune] 5 bonnes pratiques pour devenir un manager inclusif

Santé mentale, maladies chroniques, handicap invisible, épuisement professionnel…

Les situations de santé au travail sont en constante augmentation. Si les RH jouent un rôle structurant, les managers se retrouvent en première ligne face à ces réalités. Pourtant, alors même qu’ils sont des acteurs clés de la qualité de vie et des conditions de travail, beaucoup se sentent démunis et manquent de repères concrets pour soutenir leurs équipes et favoriser un environnement de travail inclusif.

 

À l’occasion de la Semaine de la QVCT 2026, dont le thème est « Manager, c’est tout un travail ! », Mathilde Murzeau, co-fondatrice de Coline.care (plateforme spécialisée dans l’accompagnement des entreprises sur les sujets de santé et d’inclusion au travail) et elle-même concernée par un handicap invisible, partage cinq bonnes pratiques pour aider les managers à mieux accompagner leurs équipes.

 

1. Créer un climat de confiance

 

Un management inclusif commence par la capacité à instaurer un environnement sécurisant. Les collaborateurs doivent pouvoir s’exprimer librement sur leurs difficultés sans craindre d’être jugés ou mis à l’écart.

 

Concrètement, cela peut passer par des temps d’échange dédiés après un arrêt de travail ou une attention particulière à la charge de travail. Les managers peuvent également garantir la confidentialité des échanges afin de créer un climat de confiance.

 

« Beaucoup de collaborateurs vivent avec des réalités invisibles : troubles psychiques, maladies chroniques, aidance ou handicap non déclaré. Dans ces situations, la posture du manager peut avoir un impact décisif. Un collaborateur qui se sent en confiance parlera plus facilement de ses difficultés et pourra être accompagné plus tôt », explique Mathilde Murzeau.

 

2. Écouter avant d’agir

 

Face à une situation de fragilité ou de santé, les managers peuvent être tentés d’apporter immédiatement des solutions. Pourtant, l’écoute reste souvent la première étape essentielle.

 

Prendre le temps de comprendre les besoins, les contraintes et les attentes du collaborateur permet d’éviter les maladresses et de construire des réponses plus adaptées. L’objectif est avant tout de comprendre la situation vécue par le collaborateur avant de chercher une solution immédiate.

 

« Les managers doivent avant tout savoir écouter et accueillir la parole des collaborateurs. Pour favoriser le dialogue, ils peuvent mettre en place des points individuels réguliers et créer des espaces d’échange où chacun se sent libre de s’exprimer. Ce sont souvent ces attentions du quotidien qui permettent de mieux soutenir et orienter les collaborateurs », souligne-t-elle.

 

3. Adapter son management aux besoins individuels

 

Le management inclusif implique de sortir d’une logique uniforme. Chaque collaborateur peut avoir des besoins spécifiques liés à son état de santé, son rythme ou son organisation de travail.

 

Aménagement des horaires, adaptation de la charge de travail, flexibilité ou ajustement des modes de communication : de nombreuses solutions simples peuvent être mises en place sans désorganiser l’équipe. Cela peut par exemple passer par davantage de télétravail pendant une période de traitement médical, un ajustement temporaire des objectifs, des temps de pause supplémentaires ou encore une adaptation des modes de réunion pour limiter la fatigue cognitive.

 

L’objectif n’est pas de traiter tout le monde de la même manière, mais de permettre à chacun de travailler dans des conditions adaptées à sa situation.

 

4. S’appuyer sur les bons relais

 

L’inclusion ne repose pas uniquement sur les managers. RH, médecine du travail, référents handicap, cellules d’écoute ou encore dispositifs d’accompagnement externes ont tous un rôle à jouer.

 

Par exemple, un collaborateur confronté à une maladie chronique pourra être orienté vers le référent handicap afin d’étudier des aménagements de poste ou d’organisation du travail. Une personne en situation d’épuisement psychologique pourra, quant à elle, être accompagnée par la médecine du travail ou une cellule d’écoute dédiée.

 

Savoir orienter un collaborateur vers les bons interlocuteurs permet au manager de ne pas porter seul des situations parfois complexes.

 

« L’inclusion se construit avant tout dans le quotidien des équipes : dans les échanges, l’organisation du travail, la manière d’accompagner un collaborateur ou encore de réagir face à une difficulté. Mais les managers ne doivent pas rester seuls face à ces sujets, qui peuvent parfois être complexes ou sensibles. Il est essentiel qu’ils puissent s’appuyer sur des relais, des ressources et des outils adaptés pour agir avec confiance et dans la durée », rappelle-t-elle.

 

5. Se former et se faire accompagner

 

Le management inclusif ne repose pas uniquement sur des intentions. Former les managers et sensibiliser les équipes est essentiel pour développer une culture de l’inclusion plus juste et plus bienveillante.

 

Aujourd’hui, de nombreux outils existent pour soutenir les managers : formations, guides pratiques, dispositifs d’écoute ou plateformes spécialisées. Ces accompagnements permettent notamment de mieux identifier les signaux faibles, d’adopter les bons réflexes face à une situation sensible et de connaître les dispositifs existants au sein de l’entreprise.

 

« Les managers n’ont pas besoin d’être des experts médicaux. En revanche, ils ont besoin d’outils concrets, de clés de compréhension et d’un cadre clair pour agir avec confiance et humanité », conclut Mathilde Murzeau.

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