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[Tribune] 8 mars : Journée internationale des droits de la femme

Quelles actions concrètes pour plus d'égalité en entreprise ?

 

Sabrina Tanquerel, enseignante-chercheuse partage ici ses observations de bonnes pratiques.

 

Depuis l'élection de Donald Trump, nombre d'entreprises abandonnent leurs politiques RH tournées vers l'inclusivité, et la « bro culture » met à mal les questions d'égalité entre les hommes et les femmes au travail.
Pourtant, des mesures efficaces pour résoudre les discriminations dont les femmes font l'objet existent. Bonne nouvelle : les hommes ont également des bénéfices à en retirer.

 

Professeure associée en gestion des ressources humaines à l'EM Normandie, Sabrina Tanquerel a conduit ces dernières années des travaux de recherche sur la place des femmes dans des environnements professionnels structurellement défavorables aux femmes comme le secteur de la tech, l’industrie ou les environnements portuaires. A l'occasion de la journée internationale des droits de la femme du 8 mars, elle partage le fruit de ses observations et indique les initiatives et bonnes pratiques qui pourraient permettre de faire avancer efficacement l'égalité entre les femmes et les hommes en entreprise.

 

Pour Sabrina Tanquerel, « ces actions concrètes, lorsqu’elles sont mises en place avec sincérité et transparence, ont un impact réel dans la construction d’une culture organisationnelle inclusive. L’engagement dans ces démarches demande persévérance, courage et conviction, particulièrement dans le contexte actuel de fatigue de genre, de discours masculinistes et d’apologie de la culture bro.

Elles sont essentielles car l’économie se prive aujourd’hui volontairement d’un vivier de talents disponibles. La majorité des métiers actuellement ‘en tension’ sont aussi caractérisés par une forte ségrégation de genre. Cette ségrégation structurelle renforce la pénurie en limitant la diversité des candidatures disponibles. Œuvrer à plus d’égalité ne relève pas uniquement d’un impératif de justice sociale, c’est un aussi l’assurance d’une plus grande efficience économique. »

 

Les origines de ces inégalités font l’objet de recherches scientifiques depuis plus de 40 ans et les connaissances sur ces questions ne manquent pas. Alors, que peut-on faire de ‘ nouveau’ pour progresser effectivement sur le chemin de l’égalité au travail en allant au-delà du respect de la législation qui s’impose aux entreprises (index égalité, mesure et évaluation des dispositifs pour mieux piloter les progrès, etc. ?

 

3 axes de recommandations

 

Adopter une culture d’entreprise authentiquement inclusive :

-  Être une entreprise qui opère un travail d’évaluation des normes dominantes au travail. Evaluer les caractéristiques du prototype professionnel dans une culture d’entreprise avec des outils comme la

« Masculinity Contest Culture Scale »,

-  Mettre en place des actions positives de promotion des femmes (quotas, réseau féminin reconnu légitime et non ‘dénigré’),

-  Opter pour la tolérance zéro face au sexisme et au harcèlement. Pour cela, l'exemplarité des managers est essentielle. Le sexisme vécu réellement par les femmes se trouve souvent en décalage avec les perceptions masculines,

-  Créer un réseau d’hommes alliés sur ces questions.

 

Reconnaitre les compétences féminines à égalité des masculines :

-  Lutter contre les biais de genre au travail et la naturalisation des compétences dites « féminines »,

-  Valoriser et évaluer l’empathie et intelligence émotionnelle dans les entretiens annuels.

 

Favoriser l’équilibre vie professionnelle - vie personnelle :

-  Proposer du télétravail et une souplesse des horaires (ce qui va à l’encontre de la dynamique du ‘return to office’ démarrée il y a quelques mois),

-  Encourager la prise de congés parentaux pour les deux parents et imposer la prise des congés paternité,

-  Valoriser le temps familial et parental pour les femmes et pour les hommes, sans pénalisation de carrière (en finir avec la « motherhood penalty » et le « flexibility stigma »).

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