La
84ème vague du Baromètre des TPE, enquête trimestrielle menée par l’IFOP pour
Fiducial décrit des congés d’été qui n’ont rien d’une parenthèse évidente pour
les dirigeants.
Contraintes
financières, activité estivale stratégique, manque de personnel ou priorité
donnée aux salariés, les patrons restent largement mobilisés, dans un contexte
où les congés des collaborateurs tendent eux aussi à se raccourcir.
À la rentrée, leurs
priorités traduisent une forte exigence de sécurisation : préserver la
trésorerie, anticiper la facturation électronique et relancer l’activité
commerciale. Ils attendent également des pouvoirs publics des mesures
concrètes, au premier rang desquelles une baisse des charges et une
simplification administrative. Si l’optimisme repart nettement au deuxième
trimestre 2026, cette embellie demeure contrastée selon les secteurs et ne
dissipe pas totalement les fragilités du tissu des TPE.
Des patrons très loin
de savourer les 5 semaines de congés payés
Les dirigeants de TPE
déclarent prendre en moyenne 20,2 jours de congés par an, dont 10,9 jours pour
la prochaine période estivale. Ils sont même 13% à ne pas prendre de congés du
tout au cours de l’année tandis que 3 sur 10 (31%) déclarent ne pas en prendre
pendant la période estivale à venir. Dans le détail, les patrons ne comptant
aucun salarié prennent en moyenne 19,2 jours de congés par an, alors que ceux
employant 10 à 19 salariés en prennent en moyenne 24,8 jours.
Parmi ceux qui
déclarent envisager prendre des congés cet été (69% de l’échantillon), plus des
trois quarts (76%) envisagent de partir au moins deux semaines, une durée qui
demeure relativement stable par rapport à il y a 21 ans. En parallèle, 36% des
dirigeants de TPE comptent fermer leur entreprise pendant cet été.
Interrogés sur leur
état d’esprit au moment d’aborder l’été, 26% des patrons ont le sentiment de
souhaitent retrouver de la motivation pour développer leur activité, 23%
s’interroger sur l’avenir de leur entreprise et 15% reprendre leur souffle
après une période difficile.
Les raisons évoquées
par ceux qui ne pourront pas partir en congés sont d’ordres différents mais la
première réside par un manque de moyens financiers (27%). Puis vient le fait
que le chiffre d’affaires est particulièrement important sur la période estivale
pour 26% d’entre eux. 21 % manquent de personnels pour assurer le suivi de
l’activité en leur absence, 21 % également préfèrent partir en congés sur une
autre période de l’année. Enfin, Ils sont 13% à donner la priorité à leurs
salariés sur cette période.
Des salariés qui
diffèreraient les congés estivaux pour préserver leur pouvoir d’achat
Aux mois de juillet et
d’août, 55% des dirigeants de TPE déclarent que leurs salariés partent au moins
3semaines. Cette proportion, bien que majoritaire, a toutefois décru depuis
2005 où ce score s’élevait à 74% (soit -19 points en 20 ans). Les salariés des
TPE partiraient ainsi moins longtemps durant la période estivale, perçue comme
très coûteuse, d’autant plus dans un contexte où la problématique du pouvoir
d’achat constitue toujours la première préoccupation des Français.
La majorité des
dirigeants de TPE (53%) n’impose aucune restriction sur les périodes de congés
contre 47% qui ont en place une politique de gestion des congés. Parmi ces
derniers, 21% incitent leurs collaborateurs à poser des congés à des périodes
de plus faible activité ou différentes de celles des autres salariés de
l’entreprise (15%). Le fait d’imposer ou d’interdire des périodes de congés
pour les salariés sont relégués en bas des pratiques (respectivement 14% et
5%).
Trésorerie, facturation
électronique et nouveaux clients, les urgences de la rentrée
Si près deux tiers des
dirigeants de TPE (63%) se montrent optimistes pour la rentrée de septembre,
les défis sont nombreux pour retrouver le chemin de la croissance et, dans ce
cadre, 12% avouent être sous pression cet été en prévision de la rentrée.
Les grands chantiers
prioritaires de la rentrée s’articulent autour du triptyque de la préservation
de la trésorerie, cité par 45% des dirigeants de TPE, la préparation à de
nouvelles obligations administratives, fiscales ou réglementaires - notamment
la facturation électronique - (42%) et enfin le développement ou le relancement
de l’activité commerciale (40%). Au second plan, arrivent les mesures pour
faire face à la hausse des coûts et l’accélération de la digitalisation de
l’activité (17%). Le recrutement de salariés n’est cité que par 6% des patrons,
preuve d’une fébrilité persistante.
Les grands chantiers
prioritaires des patrons pour la rentrée de septembre

De nombreuses exigences
pour la fin du mandat d’Emmanuel macron
Dans l’ordre des
priorités, les dirigeants de TPE attendent majoritairement de la part du
gouvernement et avant la fin du quinquennat une baisse des charges sur les
entreprises (61%). S’en suivent la simplification des démarches administratives
(35%), l’allègement du coût du travail pour faciliter le recrutement (23%),
l’aide face à la hausse des prix de l’énergie (22%) et des mesures pour
faciliter la transmission des entreprises et leur reprise (16%). Le soutien à
l’apprentissage et à la formation professionnelle qui a subi un coup de rabot
est attendu par 15% des patrons.
Un regain d’optimisme
en trompe œil sur fond d’accalmie des tensions internationales
Le niveau de confiance des patrons de TPE vis-à-vis des mesures économiques annoncées ou mises en place par Emmanuel Macron et son gouvernement se stabilise en ce deuxième trimestre 2026 à
17% (+1point par rapport au premier trimestre 2026), après
avoir atteint des niveaux historiquement bas au cours des précédents
trimestres.
Mieux, l’optimisme
vis-à-vis du climat général des affaires croît de 9 points par rapport au
premier trimestre 2026 pour s’établir à 26%, un niveau qui n’avait pas été
atteint depuis le deuxième trimestre 2024, soit avant la dissolution.
L’optimisme relatif à leur propre activité bondit de 14 points et atteint 54%.
Mais dans le détail, si
les secteurs du BTP et de l’hôtellerie se montrent particulièrement optimistes
pour le climat général des affaires en France (respectivement +14 et +8 points
par rapport à la moyenne), l’industrie, les services aux entreprises et la
santé et l’action sociale ont un moral en berne (respectivement -10, -8 et -7
points). En parallèle, les dirigeants des secteurs de la santé et de l’action
sociale et de l’hôtellerie comptent parmi les plus optimistes vis-à-vis de leur
propre activité (respectivement +8 et +6 points par rapport à l’ensemble),
alors que les dirigeants dans l’industrie sont là aussi les moins optimistes
(-14 points).
Aussi, le nombre de dirigeants d’entreprise déclarant rencontrer des difficultés financières (33%) baisse significativement (-13 points), soit le deuxième score le plus faible score observé depuis le début de la mesure de cet indicateur en 2023. Le front de l’emploi reste atone, avec un solde nul entre créations et suppressions.


