Par Mario
Bucciarelli, Fondateur de CoachingCore et créateur du programme ASSO©
Chaque début d’année,
nous faisons des promesses.
Mieux manger. Moins
stresser. Être plus efficaces. Plus performants. Plus “nous-mêmes”.
Et chaque début
d’année, une question demeure :
À quel moment
avons-nous réellement appris à prendre soin de nous ?
Une société épuisée qui
continue d’avancer
Nous passons beaucoup
de temps à parler de bien-être, à nous intéresser à ce qui pourrait faire
sentir bien, à nous projeter dans des activités ou des pratiques qui devraient
nous assurer le bonheur, et pourtant jamais nous n’avons été aussi fatigués. Fatigués
mentalement, émotionnellement, intérieurement. La pression de la réussite,
l’accélération permanente, l’injonction à aller toujours plus vite laissent peu
de place à l’écoute de soi. Et pas qu’à niveau professionnel : nous sommes
également appelés à briller en société, à être toujours disponibles, prêts à
vivre toute sorte d’expériences…
Résultat : une normalisation de
l’épuisement. On tient. On encaisse. On avance. Jusqu’à quand ?
Prendre soin de sa
santé mentale n’est pas un luxe
La santé mentale n’est
pas une option de confort réservée à quelques privilégiés. Elle est le socle de
nos équilibres personnels, relationnels et professionnels. Ignorer ses signaux
internes, c’est accepter de fonctionner en déséquilibre permanent.
En 2026, prendre soin
de soi n’est pas une fuite du réel.
C’est une manière
lucide d’y faire face.
Se choisir, sans
égoïsme ni culpabilité
Se choisir ne signifie
pas se couper du monde.
Cela signifie poser des
limites, reconnaître ses besoins, accepter ses vulnérabilités et faire des
choix alignés.
C’est refuser de se
définir uniquement par ce que l’on produit, par ce que l’on montre, par ce que
l’on réussit.
C’est se rappeler que
la valeur d’un individu ne se mesure pas à son niveau de performance.
Travailler sur soi : un
acte de responsabilité
S’observer, se
questionner, chercher à comprendre ses fonctionnements n’est pas un aveu de
faiblesse. C’est un acte de maturité. Nous avons appris à tout optimiser, sauf
notre rapport à nous-mêmes.
Or, mieux se connaître
permet de mieux vivre, mieux décider, mieux relationner.
Changer de regard sur
le changement
Le début d’année est
souvent abordé comme une course au changement rapide. Et si, cette fois, nous
changions de regard plutôt que de rythme ? Si l’enjeu n’était pas de faire
plus, mais de faire autrement ?
En 2026, la plus grande
transformation pourrait être intérieure, silencieuse, durable.
Une résolution simple,
mais essentielle
Cette année, peut-être
devrions-nous arrêter de promettre d’être “meilleurs”.
Et commencer par être
plus justes avec nous-mêmes, plus indulgents.
Parce que lorsque l’on
prend soin de son équilibre intérieur,
le reste suit
naturellement.
Se choisir : un acte
profondément politique
Se choisir,
aujourd’hui, n’est pas un repli sur soi.
C’est un acte de
résistance face à une société qui valorise l’épuisement plutôt que l’équilibre,
la vitesse plutôt que le sens, la performance plutôt que l’humain.
En 2026, prendre soin
de soi, de sa santé mentale, de son rapport aux autres et à soi-même devient un
enjeu collectif autant qu’individuel. Une société qui va mieux commence
toujours par des individus qui s’autorisent à aller mieux.
Peut-être est-ce là,
finalement, la seule résolution qui mérite d’être tenue : cesser de se
maltraiter au nom d’idéaux qui ne nous ressemblent plus.
Et accepter, enfin, que se choisir n’est ni une faiblesse ni un luxe, mais une condition essentielle pour durer, créer et vivre pleinement.


