Entre créations de postes
et embauches stratégiques : les 3 grandes tendances de recrutement qui vont
marquer les entreprises françaises en 2026 selon l’étude Robert Half
L’économie française
aborde 2026 sur une trajectoire de reprise progressive avec une croissance du
PIB qui devrait atteindre 1%, soutenue par le reflux de l’inflation, la
stabilisation du pouvoir d’achat et une reprise graduelle de l’investissement
des entreprises. Pour autant, le contexte reste fragile avec une dette publique
élevée, des incertitudes politiques et tensions géopolitiques persistantes
ainsi qu’une pression réglementaire, qui continuent de peser sur les décisions
économiques.
Dans ce paysage
contrasté, les entreprises françaises adaptent leurs stratégies de recrutement
avec une approche plus sélective et stratégique de l’emploi, centrée sur les
fonctions essentielles à la performance, à la transformation et à la résilience
des organisations.
La nouvelle étude
Robert Half sur les intentions de recrutement indique que 37% des entreprises
prévoient de créer de nouveaux postes au premier semestre 2026, un niveau
inédit depuis début 2024. Cette dynamique repose principalement sur la finance,
l’IT, le juridique et les fonctions support spécialisées, tandis que le recours
à des ressources flexibles et en mode projet s’impose comme un levier clé pour
absorber l’incertitude sans fragiliser les structures.
Selon Matthieu
Imbert-Bouchard, Managing Director Robert Half France : « En 2026,
les entreprises françaises ne recrutent pas dans une logique de rattrapage,
mais de sécurisation. La reprise est réelle, mais elle reste conditionnée à un
environnement économique et politique encore instable. Les employeurs
privilégient donc les fonctions capables de piloter la complexité et combinent
recrutements pérennes et flexibilité pour rester agiles. Ce que nous observons,
c’est un marché de l’emploi plus mature, plus stratégique, où chaque embauche
doit avoir un impact mesurable sur la résilience et la transformation de
l’entreprise. »
Une reprise des
recrutements ciblée, en miroir avec une croissance encore fragile
La croissance
économique amorcée (prévue à 1% au 1er semestre 2026) permet aux entreprises de
relancer les embauches, mais de manière mesurée. 82% des entreprises
interrogées prévoient de recruter ou de maintenir leurs effectifs dans les
fonctions finance, IT, support et juridique, traduisant une volonté de
sécuriser les compétences essentielles plutôt que d’augmenter les effectifs de
manière extensive.
Les recrutements en CDI
restent privilégiés, avec 37% des entreprises prévoyant d’augmenter leurs
effectifs permanents en 2026, après une moyenne à 32% sur 2025.
En parallèle, les taux
de rétention demeurent aussi élevés :
• 45% en CDI,
• 47% en CDD/intérim et
• 39% en mode projet
Cette dynamique reflète une transformation profonde des arbitrages RH : les entreprises recrutent moins pour croître que pour sécuriser leur activité, renforcer leur résilience et préparer les transformations à venir.
1. Le recrutement
flexible et en mode projet devient un pilier structurel
Dans un environnement encore volatil, la flexibilité s’impose comme un levier stratégique.
Le recours à des ressources en mode projet progresse fortement, atteignant 37% des intentions de recrutement au premier semestre 2026, contre 20% au premier semestre 2024, soit une hausse de
17 points en deux ans.
Cette tendance est
particulièrement marquée dans les fonctions exposées aux enjeux de
transformation, de conformité et de digitalisation :
• Finance et
comptabilité :
45% des entreprises prévoient de recruter en mode projet (+16 points par
rapport au S2 2025)
• IT & Tech : 40% (+13 points)
• Juridique : 28% (+15 points)
Le recrutement en CDD
et intérim reste également résilient, avec 28 % des entreprises envisageant une
expansion de leurs effectifs sous contrats flexibles. Cette combinaison entre
recrutements permanents et flexibles permet aux entreprises de maîtriser les
risques, tout en mobilisant rapidement des expertises critiques.
2. Fonctions support,
finance, IT et juridique : les piliers de la stabilité opérationnelle
Le retour en force des
fonctions support
Longtemps considérées
comme ajustables, les fonctions support connaissent en 2026 un net regain
d’intérêt. 36 % des entreprises prévoient de créer des postes en CDI dans le
support administratif, la relation client et les RH, contre 21% au second
semestre 2025, soit une hausse de 15 points.
Les recrutements en
mode projet progressent également fortement (34%, +14 points), traduisant la
volonté de consolider les équipes pour accompagner les transformations
internes.
Les besoins se
concentrent principalement sur le service client et l’assistance clientèle (34%), le support administratif (32%) et l’administration des ressources humaines
(28%).
Finance et IT : piloter
la performance et la transformation
En finance et
comptabilité, 41% des entreprises prévoient de créer des postes en CDI (+8
points), avec une forte demande en contrôle de gestion (59%), comptabilité (53%) et paie (36 %), dans un contexte de pression sur les coûts et de
complexification réglementaire.
Côté IT & Tech, 42% des entreprises envisagent des créations de postes permanents (+8 points).
Les priorités portent sur la cybersécurité (33%), la gestion de projets IT et
la conduite du changement (27%) et le développement de logiciels et d’applications
(26%), confirmant le rôle central du numérique dans la résilience des
organisations.
Juridique : sécuriser
dans un environnement réglementaire plus exigeant
Le secteur juridique enregistre la plus forte progression des intentions d’embauche. 30 % des entreprises prévoient de créer des postes en CDI, contre 13 % six mois plus tôt, soit +17 points. Les recrutements sont tirés par le droit du travail (30 %), la gestion des risques (22 %) et le droit des contrats (21 %), reflet d’un environnement réglementaire, social et juridique de plus en plus complexe.


