Les chiffres du T4 2025 publiés par
Une lecture multi-actifs pour éclairer les arbitrages des investisseurs
Euryale Lab publie les résultats du quatrième trimestre 2025 de son
Observatoire Santé 360°, baromètre trimestriel dédié à l’analyse des marchés
d’investissement dans la santé, toutes classes d’actifs confondues. Lancé en
novembre 2025, l’Observatoire propose une lecture globale et chiffrée des
dynamiques à l’œuvre dans la santé, intégrant immobilier, marchés boursiers et
capital-investissement, en Europe et aux États-Unis.
Dans un environnement macroéconomique marqué par des taux durablement
positifs et des incertitudes géopolitiques persistantes, la santé confirme son
statut de thématique d’investissement résiliente, avec des dynamiques
différenciées selon les segments.
Immobilier de santé : visibilité, rendement et retour progressif de la
liquidité
Pour l’investisseur, le quatrième trimestre 2025 confirme le
repositionnement de l’immobilier de santé comme une classe d’actifs combinant
rendement, visibilité et amélioration progressive de la liquidité.
La fin d’année est marquée par une forte accélération des volumes de
transactions, portant le total annuel à 18,5 milliards d’euros investis en 2025
(source : CBRE), un niveau historique pour l’immobilier de santé
européen. Cette dynamique est principalement portée par le Royaume-Uni, avec
plusieurs mégadeals (transactions de grande envergure) réalisés par des
investisseurs institutionnels tels que Welltower, Primary Health Property et
CareTrust. Sur le vieux continent, l’externalisation des murs d’Emeis
(ex-Orpea) a également contribué à soutenir l’activité.
« Ces opérations peuvent être interprétées comme un signal avancé du
retour des investisseurs institutionnels sur l’immobilier de santé, dans un
contexte où l’immobilier de bureau reste confronté à une défiance persistante, analyse Daniel While, directeur Recherche & Stratégie chez
Euryale. Or, la présence de capitaux institutionnels constitue un
facteur structurant pour un secteur encore perçu comme une niche, car elle
renforce la liquidité et la profondeur du marché ».
L’immobilier de santé bénéficie par ailleurs d’un track record récent
favorable : avec des rendements prime compris
entre 5 et 6%, les établissements de santé offrent un niveau de rendement
proche de celui du bureau ou de l’hôtellerie, sans avoir subi les dépréciations
observées sur ces segments à la suite de la remontée des taux et de la crise
sanitaire. Ces caractéristiques permettent à l’investisseur d’arbitrer en
faveur d’un actif de long terme offrant visibilité des flux et moindre
volatilité des valeurs, au sein d’une allocation immobilière.
Santé en Bourse : un décalage de cycle, pas une remise en cause
structurelle
Pour l’investisseur, la sous-performance actuelle de la santé en Bourse
vis-à-vis des indices majeurs doit être lue comme un décalage de cycle plutôt
que comme un signal de désengagement.
En 2025, la thématique santé continue d’afficher une performance
inférieure aux grands indices internationaux. Cette évolution s’explique
principalement par la surconcentration des performances boursières sur les
grandes valeurs technologiques et l’intelligence artificielle, qui rend
mécaniquement moins attractives les thématiques de croissance traditionnelles,
dont la santé.
Cette sous-performance ne remet toutefois pas en cause les fondamentaux
de long terme du secteur, portés par des dynamiques structurelles telles que le
vieillissement démographique, la médicalisation des parcours de soin et
l’innovation thérapeutique. À titre d’illustration, au 31 décembre 2025, le
MSCI Europe Healthcare progresse de +22,1%, contre +32,6% pour le MSCI Europe
global, traduisant un décalage de cycle plus qu’un affaiblissement structurel.
Dans ce contexte, la santé en Bourse apparaît aujourd’hui en phase
d’attente, avec des niveaux de valorisation susceptibles de redevenir
attractifs à mesure que les marchés se réorienteront vers des actifs de
croissance durable.
Pour l’investisseur, cette configuration renforce l’intérêt d’une
exposition santé pensée comme un outil de stabilisation et de préparation de
cycle, plutôt que comme un moteur de performance immédiate.
Capital-investissement santé : là où la création de valeur reste active
Pour l’investisseur, les marchés privés demeurent aujourd’hui le
principal vecteur d’investissement dans la santé.
Le quatrième trimestre 2025 est marqué par le retour de mégadeals en
capital-investissement, notamment dans les domaines du diagnostic et de la
santé féminine, à l’image du rachat de Hologic pour plus de 18 milliards de
dollars. Ces opérations illustrent l’intérêt soutenu pour des segments portés
par des tendances structurelles de prévention et de spécialisation des soins.
La forte concentration de ces transactions aux États-Unis souligne la
profondeur et la liquidité de l’écosystème américain, ainsi que sa capacité à
financer l’innovation à grande échelle. Cette dynamique invite l’investisseur à
compléter son exposition santé par des véhicules non cotés, afin d’accéder à
des moteurs de croissance moins corrélés aux cycles boursiers.
Une lecture globale pour arbitrer dans la santé
Pris dans leur ensemble, les enseignements du quatrième trimestre 2025
confirment que la santé doit désormais être appréhendée comme un écosystème
d’investissement multi-actifs, où immobilier, marchés cotés et actifs privés
jouent des rôles complémentaires.
« L’Observatoire Santé 360° apporte une grille de lecture permettant à l’investisseur d’arbitrer entre rendement et visibilité, entre coté et non coté, entre logique défensive et moteurs de croissance, dans un environnement de marché en recomposition », conclut Daniel While.


