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[Etudes] Traitement médicamenteux de longue durée : qui décroche, quand et pourquoi ?

Enquête inédite Opinionway pour MedInTechs sur « l’observance médicamenteuse » : 51% des patients se disent fatigues de devoir tenir leur traitement dans le temps.

 

Suivre un traitement médicamenteux sur le long terme fait aujourd’hui partie du quotidien de millions de Français. Ces traitements concernent des situations très différentes : des pathologies lourdes comme le cancer, la maladie de Parkinson ou la maladie d’Alzheimer, mais aussi et surtout : des maladies chroniques répandues telles que l’hypertension artérielle, le diabète ou l’hypercholestérolémie, souvent prises pendant des années et intégrées - plus ou moins facilement dans la vie quotidienne.

 

Dans un contexte de progression des maladies chroniques et de vieillissement de la population, une étude OpinionWay menée pour MedInTechs, événement de référence dédié à l’innovation en santé, éclaire de manière inédite les réalités vécues par les patients sous traitement de longue durée et met en lumière des leviers concrets pour simplifier leur quotidien, renforcer l’accompagnement et faire évoluer les parcours de soins.

 

Le Pr Gérard Friedlander, Délégué Général chez Fondation Université Paris Cité Professeur émérite, université Paris Cité - Greater Paris Métropolitaine Region & membre du comité scientifique de MedInTechs, souligne : « Quand un patient décroche de son traitement, ce n’est pas un refus de se soigner. C’est souvent le signe que le traitement devient difficile à faire tenir dans la vie quotidienne. Comprendre ces moments de décrochage est essentiel pour mieux accompagner les patients ».

 

La chronicisation des maladies transforme le rapport au traitement

 

De plus en plus de pathologies nécessitent aujourd’hui des traitements pris sur plusieurs mois, voire plusieurs années, transformant le rapport des patients à leur suivi médical. L’étude inédite Opinionway pour MedInTechs montre que 50% des Français déclarent suivre un traitement médicamenteux régulier, 38% depuis plus de six mois et 31% à vie.          

 

 

Cette réalité concerne toutes les générations. 1 patient sur 8 sous traitement de longue durée a moins de 35 ans, preuve que ces traitements ne concernent pas uniquement les seniors. Suivre un traitement dans la durée (ce que les professionnels appellent l’observance médicamenteuse), ce n’est pas seulement prendre un médicament, c’est l’intégrer dans son quotidien, s’adapter en permanence et trouver un équilibre compatible avec sa vie personnelle et professionnelle.

 

Quand les écarts traduisent une fatigue plus qu’un désengagement

 

Selon l’étude OpinionWay, 42% des patients sous traitement de longue durée déclarent avoir déjà oublié ou interrompu une prise au cours des douze derniers mois.

 

L’analyse révèle surtout deux vécus très différents. Chez les patients ayant déjà oublié ou interrompu une prise :             

•   68% se disent fatigués de devoir « tenir » leur traitement dans la durée,

•   64% déclarent avoir ressenti de la culpabilité ou de l’anxiété après un oubli

•   un patient sur deux adapte lui-même son traitement (ajustement, espacement ou pause) sans en parler à un professionnel de santé,         

 

Ces écarts ne traduisent pas un rejet du soin, mais la difficulté à faire tenir un traitement dans le quotidien, et le besoin d’être mieux accompagné lorsque celui-ci s’inscrit dans la durée.

 

Une charge quotidienne bien identifiée

 

Au-delà des oublis ponctuels, l’étude met en évidence une charge organisationnelle et émotionnelle réelle liée aux traitements de longue durée :

 

•   51% des patients se disent fatigués de devoir tenir leur traitement dans le temps,

•   40% estiment que leur traitement structure fortement leur journée,

•   39% ressentent un décalage entre ce que le système de soins attend d’eux et ce qu’ils parviennent réellement à faire au quotidien.

 

Ces ressentis sont encore plus marqués chez les patients ayant déjà interrompu leur traitement, montrant combien le bon accompagnement dès le départ peut faire la différence.

 

Des attentes claires pour des solutions plus simples et plus humaines

 

L’étude OpinionWay montre que les patients confrontés à ces difficultés ne sont pas moins engagés ;

ils expriment au contraire des attentes très concrètes pour mieux vivre leur traitement au quotidien.

 

Parmi ceux ayant déjà oublié une prise, 67% estiment que des traitements plus simples à suivre faciliteraient leur quotidien, loin devant les solutions purement technologiques. À l’inverse, les outils existants restent encore peu utilisés : 28% des patients utilisent un pilulier, 12% des rappels sur leur téléphone et 4% une application de santé dédiée.

 

Ces résultats confirment un enseignement clé pour l’innovation en santé : l’efficacité des solutions repose avant tout sur leur simplicité, leur lisibilité et leur capacité à s’intégrer naturellement dans la vie réelle des patients, en combinant technologie et accompagnement humain.

 

Pour MedInTechs, ces enseignements confirment un axe structurant de l’innovation en santé : penser les solutions à partir du vécu des patients, afin de proposer des parcours plus lisibles, plus fluides et plus soutenants sur le long terme.

 

Un sujet au cœur de MedInTechs 2026

 

Ces résultats seront au centre de la conférence « Non-observance médicamenteuse : quand le patient décroche », organisée lors de MedInTechs 2026, les 9 et 10 mars prochains. Cliniciens et acteurs de l’innovation en santé y croiseront leurs regards pour faire émerger des solutions concrètes, à la croisée de la médecine, de l’organisation des soins et des usages du quotidien.

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