La FIRPS (Fédération des Intervenants en Risques Psychosociaux) publie un nouveau livret pour mieux comprendre, prévenir et agir face à l’absentéisme au travail.
Selon les observatoires
des groupes APICIL et Diot-Siaci, 26% des salariés sont concernés par au moins
un arrêt maladie au cœur de l’année, pour une durée moyenne de 20 jours par
arrêt. Des données qui portent sur plus de 2 millions de salariés, qui montrent
par ailleurs un taux d’absentéisme qui frôle les 5% en 2025, sans signe de
stabilisation depuis la crise sanitaire.
Ces données soulignent
l’ampleur du phénomène qui ne peut pas être appréhendé sous le seul angle du
coût ou du contrôle des arrêts. Les troubles psychologiques représentent
aujourd’hui la deuxième cause d’arrêt de travail et la première cause des
arrêts longs.
Dans ce contexte, la
FIRPS publie un nouveau guide de bonnes pratiques intitulé : « Absentéisme
au travail : comprendre, prévenir, agir ».
Ce livret invite à
changer de regard sur l’absentéisme : « L’absentéisme n’est pas une cause en soi
: il constitue un indicateur qui peut notamment éclairer le fonctionnement réel
du travail ».
La fédération rappelle
que l’absentéisme peut révéler une surcharge de travail, une perte de sens, des
tensions relationnelles, un manque de reconnaissance ou encore une dégradation
du climat social. Il produit également ses propres effets sur les collectifs :
surcharge des équipes présentes, fatigue managériale, désorganisation, conflits
de valeurs et dégradation de la qualité du travail. Ces phénomènes peuvent
alimenter une véritable spirale négative et favoriser l’apparition de nouvelles
absences.
Face à ces constats, la
FIRPS propose aux dirigeants, DRH, managers, représentants du personnel et
préventeurs des repères pour mieux appréhender les situations d’absentéisme et
identifier des leviers d’actions concrets.
Trois axes pour passer
du constat à l’action
Le livret s’articule
autour de trois grandes parties complémentaires :
1. Prévenir les risques générés par
l’absentéisme.
Le premier chapitre analyse les effets systémiques de l’absentéisme subi sur
les collectifs et la santé mentale au travail. Il formule des préconisations
pour agir à la source, réguler les conséquences des absences, anticiper les
situations de fragilité et préserver la continuité de l’activité dans reporter
durablement la charge sur les salariés présents.
2. Accompagner le retour au travail après une
longue absence.
Le deuxième chapitre rappelle qu’une reprise ne se résume pas à une date de
retour ou à une formalité administrative. Elle doit être préparée, accompagnée
et ajustée dans la durée, en associant le salarié, le manager, le collectif de
travail, les équipes RH et les acteurs de santé au travail. L’objectif est de
sécuriser les conditions d’une reprise durable et de réduire les risques de
rechute.
3. Construire des études de l’absentéisme utiles
aux organisations.
Le troisième chapitre s’intéresse aux démarches d’analyse de l’absentéisme. Il
souligne la nécessité de ne pas s'en tenir à un indicateur unique, mais
d’articuler les données chiffrées, l’analyse du travail réel et les usages
attendus des résultats. Une étude de qualité doit permettre de mieux comprendre
les situations rencontrées et de déboucher sur des actions concrètes.
A travers ces trois
axes, la FIRPS défend une approche globale de la prévention. La lutte contre
l’absentéisme doit s’inscrire dans une politique durable de santé au travail,
articulant prévention des risques psychosociaux et des troubles musculosquelettiques,
ergonomies, organisation du travail, gestion des parcours professionnels,
anticipation de l’usure et maintien dans l’emploi.
« L’absentéisme ne doit pas être réduit à un comportement individuel à juger ou à sanctionner, ni à un taux qu’il faudrait faire baisser à tout prix. Il appelle une réponse globale : anticiper les absences, réguler leurs effets sur les collectifs et comprendre les facteurs professionnels qui peuvent les alimenter. C’est en combinant ces trois leviers que les organisations pourront enrayer les spirales négatives de l’absentéisme et construire des environnements de travail plus soutenables. » explique Isabelle Tarty, Présidente de la FIRPS.


