Medius, un des
principaux fournisseurs mondiaux de solutions d'automatisation de la
comptabilité fournisseurs et de gestion des dépenses, publie l’édition 2026 du
Financial Census, une étude indépendante menée auprès de 2 350 professionnels
de la finance aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Suède et en France.
L’émergence des « micro-fraudes » : un risque interne qui passe sous les
radars
L’étude met en lumière une forme de malversation financière peu visible
: les micro-fraudes ou « shallow fakes » par opposition aux « deep fakes » Ce
terme désigne de petits contournements des règles financières, comme la
majoration des dépenses, qui peuvent s’accumuler et entraîner des pertes
importantes au fil du temps.
• 87%
des décideurs financiers interrogés ont déjà constaté que des notes de frais ou
des demandes de remboursement d’un faible montant avaient été falsifiés et
étaient passés sous les radars.
• 74%
estiment que ces petites formes de fraude entraînant des pertes financières
mineures sont déjà courantes dans les entreprises.
Les inquiétudes concernant la fraude facilitée par l’IA progressent
93 % des répondants s’attendent à ce que la fraude facilitée par l’IA devienne un défi majeur au cours des 12 prochains mois. Les dirigeants financiers considèrent que les principaux scénarios de fraude en entreprise sont les suivants :
• 34% :
Soumettre une facture ou un reçu modifié par IA ou retouché numériquement
• 33% : Utiliser un modèle de facture fournisseur pour créer une demande
fictive
• 33% : Dupliquer une facture légitime en modifiant les coordonnées de paiement
Les organisations françaises interrogées déclarent des pertes annuelles
moyennes de 113 317 Euros liées à la fraude à la facture.
Outils de détection et exposition à la fraude : les écarts entre pays
Les écarts entre
marchés sont modérés mais révèlent une hiérarchie claire : sur l'adoption de
logiciels automatisés de détection des factures frauduleuses ou des documents
falsifiés, les États-Unis arrivent en tête avec 53% des professionnels de la
finance déclarant que leur équipe utilise ce type d'outil, suivis de près par
le Royaume-Uni (51%), puis la Suède (50%) et enfin la France, à 45%. Cet écart
de 8 points entre les États-Unis et la France suggère une adoption
technologique plus tardive ou plus prudente sur le marché français, alors que
les marchés anglo-saxons et scandinave semblent converger autour d'un taux
d'équipement proche d'un professionnel sur deux.
Parallèlement, cette
étude révèle le nombre moyen de cas de fraude à la facturation constatés par
les professionnels de la finance au cours de l'année écoulée. Les États-Unis et
le Royaume-Uni rapportent tous deux une moyenne de 12 cas, la Suède se situe à
10 cas et la France ferme la marche avec 8 cas. Il est intéressant de noter que
cette hiérarchie suit celle du taux d'équipement en logiciels automatisés dans
la détection des fraudes. La France, avec le taux d'adoption le plus faible
(45%), rapporte le nombre de cas de fraude aboutis le plus bas. Cela pourrait
indiquer une moindre détection ou déclaration de ces cas.
« Les fraudes
spectaculaires par deepfakes font toujours les gros titres, déclare
Chris Wilmot, Directeur Financier chez Medius. Mais pendant que les
professionnels de la finance restent vigilants face à ces abus, des centaines
de milliers d’euros s'échappent discrètement via des petites fraudes. Ces
"micro-fraudes" en apparence anodines finissent, à force de
s'accumuler, par peser lourd sur les entreprises qui n'ont pas mis en place les
contrôles nécessaires pour les détecter. »
Les équipes financières adoptent l'IA, mais ne lui font pas confiance
L'adoption de l'IA continue de s'accélérer au sein des services
financiers. 30 % des dirigeants financiers déclarent déjà utiliser largement
l’IA dans plusieurs fonctions et la considèrent comme centrale dans leur
manière de travailler. 38% des
dirigeants financiers ont déjà déployé un agent IA dans au moins une partie de
leurs processus financiers, tandis que 50 % supplémentaires prévoient de le
faire dans les 12 prochains mois. Malgré cela, la confiance reste un obstacle
majeur.
Pour 90 % des professionnels de la finance, un humain doit toujours
valider les décisions financières importantes même si l'IA est fiable. Parallèlement, la responsabilité en cas d'erreur de décision de l'IA
reste floue. Interrogés sur qui devrait être tenu responsable en cas de perte
financière ou de problème de conformité causé par une erreur d'IA, les
répondants se répartissent de manière quasiment égale entre : responsables IT, responsables financiers, et
les employés ayant suivi les recommandations de l'IA.
Pourtant 45 % des directeurs financiers déclarent que leurs équipes
agissent souvent sur la base de recommandations générées par IA sans
intervention humaine, révélant la tension entre une dépendance croissante à
l'IA et une gouvernance encore incertaine.
• 46 % des répondants indiquent que les
seuils nécessitant une intervention humaine sont compris mais ne sont pas
officiellement documentés
• 23 % des directeurs financiers estiment
que des personnes au sein de leur fonction finance utilisent des outils d'IA
non formellement approuvés par leur organisation.
À plus long terme, 54 % des dirigeants financiers estiment 10 % à 25 %
des décisions prises par leur équipe finance seront gérées de manière autonome
par l’IA, sans supervision humaine régulière, au cours des trois prochaines
années.
43 % estiment que 26 % à 50 % de la charge de travail sera automatisée
par l’IA sans supervision humaine régulière.
« Les dirigeants financiers ne se demandent plus s’ils doivent adopter
l’IA. Ils cherchent désormais à déterminer quel degré d’autonomie ils peuvent
lui accorder et dans quels domaines le jugement humain doit rester
décisionnaire. Les organisations sont de plus en plus à l'aise à l'idée de
laisser l'IA les aider, voire guider leurs décisions, bien qu’il n’y ait pas
encore de responsabilité clairement établie lorsque ces décisions se révèlent
erronées, déclare Ahmed Fessi, Chief Transformation &
Information Officer chez Medius. À mesure que la finance autonome se
généralise, l'explicabilité, la gouvernance et la responsabilité comptent tout
autant que la précision. » précise-t-il.
L’automatisation n’a pas, à elle seule, permis de résoudre les problèmes
liés aux retards de paiement
Malgré des investissements importants dans l’automatisation de la
comptabilité fournisseurs, les retards de paiement restent un défi persistant
pour les équipes financières. Au niveau global, 85 % des organisations
déclarent avoir atteint un certain niveau d’automatisation de leur comptabilité
fournisseurs et 46 % d’entre elles disposent de plateformes de comptabilité
fournisseurs entièrement automatisées de bout en bout. Pourtant 45 % des
professionnels de la finance indiquent que 21 % à 40 % des factures de leur
organisation sont payées en retard. En France, les principales causes des
retards de paiement sont les goulots d’étranglement dans les processus de
validation (23 %), une gestion insuffisante de la trésorerie (21 %) et les
factures contestées ou des données incohérentes (21%).
En conséquence les fournisseurs ont modifié leur comportement ainsi :
• 45% ont imposé des conditions
de paiement plus strictes en amont
• 43% ont mis fin à la relation
commerciale
• 42% ont réduit la qualité et/ou
la rapidité de service
• 42% ont engagé une action
formelle ou une procédure judiciaire
Les retards de paiement impactent également les personnes qui gèrent la
comptabilité fournisseurs : 96 %déclarent que la gestion des retards de
paiement contribue au stress ou au burn-out de leurs équipes (93% en France)
La prochaine génération de professionnels de la finance sera définie par
sa maîtrise de l’IA.
L’adoption de l’IA modifie également les critères d’évaluation et de
recrutement des professionnels de la finance.
Au global, 86 % des professionnels de la finance déclarent que leur
évaluation des performances est influencée par la maîtrise de l’IA. Par
ailleurs, 55% indiquent que la maîtrise des outils d’IA est devenue un facteur
de différenciation important dans les décisions de recrutement de leur
organisation au cours des six derniers mois.
L’IA crée toutefois de nouvelles pressions sur les équipes. 75 % des
répondants déclarent que son utilisation a accru la fatigue ou le burn-out des
salariés. À l’avenir, 46 % des dirigeants financiers s’attendent à ce que les
professionnels de la finance de niveau intermédiaire soient les plus affectés
par l’IA. Les fonctions analytiques et de reporting sont identifiées comme
celles qui devraient être les plus impactées.
Comparatif par pays concernant l’adoption de l’IA, les comportements
face à la fraude et les retards de paiements:
• Adoption de l’IA agentique
La France présente le niveau de prudence le plus élevé concernant le
déploiement de l’IA agentique :
• Royaume-Uni : 52 %
• Suède : 58 %
• Etats-Unis : 46%
• France : 45 %
Pertes liées à la fraude à la facture
Les organisations françaises déclarent des pertes annuelles moyennes de
113 317 € liées à la fraude à la facture.
À titre de comparaison :
• États-Unis : 168 204 dollars
• Royaume-Uni : 115 644 livres
sterling
• Suède : 1 260 691 couronnes
suédoises
• France : 113 317 Euros
Retards de paiement
La France affiche la plus faible proportion moyenne de factures payées
en retard au cours d’un mois type :
• Suède : 27 %
• Royaume-Uni : 28 %
• États-Unis : 29 %
• France : 21 %
Les organisations françaises déclarent également 6 356 € de pénalités annuelles moyennes liées aux retards de paiement, contre 23 808 dollars (soit environ 20 643.28 Euros) aux États-Unis, 11 904 livres sterling (soit environ13 922 Euros) au Royaume-Uni et 169 589 SEK (soit environ15 376 Euros) en Suède.


