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[Etudes] BSI Supply chain : 67 % des entreprises françaises se croient prêtes aux crises... mais 2/3 restent réactives

Une nouvelle étude révèle un écart croissant de préparation aux crises entre l'intention et l'exécution : 43 % des organisations françaises n'ont pas suivi leurs plans de crise préétablis lors du récent conflit entre l'Iran et Israël, augmentant ainsi le risque de pénuries, de retards et de hausse des coûts pour les consommateurs.

 

Les organisations sont de plus en plus confiantes dans leur capacité à faire face à la prochaine perturbation de leur chaîne d'approvisionnement, mais beaucoup manquent encore de processus, de visibilité et de coordination nécessaires pour réagir efficacement lorsqu'elle survient, selon une nouvelle étude menée par le BSI.

 

Bien que 67 % des organisations françaises s'attendent à être mieux préparées aux perturbations au cours des 12 prochains mois, le même pourcentage déclare que leur approche de la gestion des risques de la chaîne d'approvisionnement reste largement réactive. Si deux cinquièmes d'entre elles (38 %) peuvent intervenir le jour même où une perturbation survient, 43 % n'ont pas suivi de plan de crise lors de leur dernière perturbation.

 

S'appuyant sur une étude internationale menée auprès de plus de 1 400 responsables des fonctions chaîne d'approvisionnement, finance, achats, opérations et juridique, le rapport intitulé Building for disruption: the new outlook for supply chainresilience (Construire face aux perturbations : les nouvelles perspectives de résilience de la chaîne d'approvisionnement) suscite des craintes : l'écart entre l'intention et la mise en œuvre pourrait exposer les entreprises à des pénuries, des retards et des coûts d'exploitation plus élevés. Plus d'un tiers (34 %) des organisations prévoyant d'augmenter leurs prix au cours des six prochains mois pour compenser les coûts liés à la chaîne d'approvisionnement, les conséquences risquent de dépasser le cadre des opérations commerciales et d'être directement ressenties par les consommateurs.

 

Au cours des 12 derniers mois, 39 % des entreprises ont subi des perturbations liées au climat, un tiers (29 %) ont été touchées par des cyberincidents, 34 % ont été affectées par des conflits, des sanctions ou de l'instabilité politique, 29 % ont fait face à des pénuries de composants ou de matières premières, et

34 % ont rencontré des perturbations dans le transport.

 

Un écart significatif de préparation aux crises existe entre l'intention et l'exécution : la moitié (52 %) des organisations prévoient de mener des simulations de scénarios transversales, mais très peu le font de manière régulière. Même parmi les entreprises disposant d'une équipe de réponse aux crises permanente, le délai d'activation peut prendre jusqu'à trois jours (22 %). Cet écart est illustré par le fait que 43 % des entreprises n'ont pas suivi leur plan de crise préétabli lors du récent conflit entre l'Iran et Israël.

 

Processus, manque de visibilité et silos freinent les organisations

 

L'étude suggère que les carences en matière de processus, de visibilité et de coordination transversale empêchent les organisations de réagir efficacement aux menaces pesant sur la chaîne d'approvisionnement.

•   38 % des organisations françaises ne disposent pas de processus formel et documenté pour gérer les risques liés à la chaîne d'approvisionnement, et des processus d'approbation lents ou imprécis empêchent la prise de décision pour près de la moitié d'entre elles (48 %). Seules 44 % disposent de protocoles clairs pour la communication entre les services en cas de perturbation.

•   La prise de décision efficace est également entravée par une faible visibilité : 23 % des entreprises citent le manque de données précises et en temps réel comme un obstacle pour réagir rapidement et sereinement aux menaces. Seul un tiers (29 %) bénéficie d'une visibilité complète sur la localisation de ses fournisseurs et son exposition géographique.

•   Un quart (24 %) affirme que le fonctionnement en silos et le manque de coordination entre les équipes constituent un frein à une prise de décision efficace, et la même proportion déclare faire face à des priorités contradictoires entre les services. Moins de la moitié (44 %) indiquent que les équipes transversales se réunissent régulièrement (au moins une fois par semaine).

 

Gestion de la « permacrise » et IA

 

Malgré ces lacunes, les organisations commencent à repenser leur façon de bâtir leur résilience. Plutôt que de se concentrer uniquement sur le rétablissement après la dernière perturbation subie, beaucoup opèrent des changements structurels dans la manière et les lieux d'approvisionnement, de stockage et de transport des marchandises. Cela traduit un basculement vers la construction d'une résilience à long terme dans un environnement opérationnel de plus en plus volatil.

 

En vue des six prochains mois, les organisations françaises modifient activement leurs opérations pour renforcer leur endurance :

•   65 % prévoient d'augmenter leurs stocks stratégiques de réserve ;

•   70 % ont l'intention de changer de modes de transport ;

•   62 % relocalisent à proximité (nearshoring) leurs opérations clés ;

•   21 % recherchent de nouveaux réseaux de fournisseurs ;

•   23 % prévoient de réduire leurs gammes de produits ou références (SKU) ;

•   20 % prévoient de modifier entièrement leurs routes commerciales.

 

Cependant, malgré ces efforts, seuls 36 % se sentent totalement préparés aux chocs géopolitiques,

32 % s'estiment prêts à gérer les pénuries de matières premières et 31 % à faire face aux cyberincidents.

 

Le rapport met également en lumière d'autres menaces émergentes à l'horizon. Deux tiers des répondants (67 %) pensent que l'intelligence artificielle augmentera les risques de vol et de cybercriminalité dans les chaînes d'approvisionnement, mais seuls 31 % se sentent pleinement préparés à gérer des défaillances technologiques majeures ou des cyberincidents. Alors que la dépendance au numérique s'accroît parallèlement aux risques physiques, le BSI souligne qu'une visibilité globale de bout en bout du réseau sera vitale pour la survie à long terme des organisations.

 

Tony Pelli, Directeur de Pratique Résilience de la Chaîne d'Approvisionnement chez BSI, déclare : « 2026 a été l'été le plus chaud jamais enregistré dans plusieurs pays, et avec des conditions qui devraient rester volatiles jusqu'en 2027 en raison des épisodes El Niño, l'impact humain de ces perturbations est marquant. Une succession de ruptures environnementales et géopolitiques ininterrompues signifie que l'effondrement des chaînes d'approvisionnement touche directement la vie quotidienne. Lorsque les réseaux échouent, ce sont les individus qui en subissent le fardeau final à travers la hausse des prix en rayon et l'impossibilité d'accéder aux biens essentiels dont ils ont besoin. »

 

David Fairnie, Consultant Principal Senior en Résilience de la Chaîne d'Approvisionnement chez BSI, ajoute : « L'étude montre que la majorité des organisations s'attendent à être bien préparées aux perturbations au cours des 12 prochains mois, mais elles ne disposent pas encore de fondations solides pour leur résilience. Alors que plus de la moitié décrivent leur approche de la gestion des risques comme étant réactive, et qu'il existe un manque généralisé de processus formels et documentés, il y a là une opportunité d'ancrer les meilleures pratiques pour bâtir une résilience proactive.

La résilience implique de renforcer la planification de scénarios, d'améliorer la coordination transversale, d'accroître la visibilité sur la chaîne d'approvisionnement et de veiller à ce que les dirigeants disposent des informations nécessaires pour agir rapidement et en toute confiance lorsque survient une crise. »

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