À l’approche de l’application d'une nouvelle
règlementation européenne visant à lutter contre le greenwashing, 69% des
Français déclarent faire confiance aux labels détenus par des ONG
indépendantes, contre 47% aux labels développés par les entreprises
Labels, logos, initiatives de distributeurs : face à la multiplication d’allégations et revendications apposées sur les produits, les consommateurs peinent à identifier les démarches qui reposent sur une certification indépendante.
Selon une étude Ipsos réalisée pour Max Havelaar France, seuls
18% des Français voient précisément la différence entre un produit certifié par
un label indépendant et un produit proposé par une marque qui affiche ses
propres engagements sans certification externe. Parmi les sondés, 44% déclarent
percevoir cette différence seulement vaguement, voire pas du tout pour 38%.
Une confusion à laquelle les nouvelles règles européennes sur
l’information des consommateurs doivent apporter une première réponse. La
directive européenne visant à donner aux consommateurs les moyens d’agir en
faveur de la transition écologique prévoit en effet, à compter du 27 septembre
2026, d’interdire l’utilisation de labels de durabilité qui ne sont ni établis
par une autorité publique ni fondés sur un dispositif de certification
répondant à des critères précis de transparence et de contrôle indépendant.
Max Havelaar France accueille favorablement cette évolution, qui doit
permettre aux consommateurs de mieux distinguer les certifications reposant sur
des exigences publiques et vérifiées, des démarches créées et contrôlées par
les entreprises elles-mêmes.
Une confiance nettement plus forte envers les labels indépendants
La clarification apparaît d’autant plus nécessaire que le statut de
l’organisation à l’origine du label influence fortement la confiance que lui
accordent les consommateurs.
Selon l’étude Ipsos :
• 69% des Français font confiance
à un label détenu par une ONG indépendante ;
• 49% font confiance à un label
détenu par l’État ;
• 47% à un label privé développé
par l’entreprise qui fabrique les produits ;
• 46% à un label privé développé
par un distributeur ou une grande surface.
L’indépendance constitue ainsi le premier facteur de confiance, avec un
écart de plus de 20 points entre les labels détenus par des ONG indépendantes
et les démarches développées par les entreprises ou les distributeurs.
Interrogés sur la question de la juste rémunération des agriculteurs,
30% des Français estiment que les labels indépendants sont les mieux à même de
la garantir, devant les marques engagées (20%) et les initiatives des
distributeurs (9%).
« Les Français accordent davantage leur confiance aux labels
indépendants, mais ils sont encore très peu nombreux à savoir les distinguer
clairement des engagements portés directement par les marques. Cette confusion
fragilise leur capacité à choisir en connaissance de cause. En exigeant
davantage de transparence et un contrôle indépendant, la nouvelle
réglementation européenne va dans le bon sens : elle doit permettre aux
certifications solides de jouer pleinement leur rôle de repère pour les
consommateurs », déclare Valeria Rodriguez,
directrice du plaidoyer de Max Havelaar France.
Des critères plus stricts pour les labels de durabilité
La directive européenne 2024/825 pour donner aux consommateurs les
moyens d’agir en faveur de la transition verte, prévoit que tout label de
durabilité privé pour être apposé sur les produits devra désormais s’appuyer
sur un dispositif de certification dont :
• les exigences sont accessibles
au public ;
• l’accès est ouvert aux
entreprises selon des conditions transparentes, équitables et
non-discriminatoires ;
• les critères sont élaborés en
concertation avec des experts et les parties prenantes concernées ;
• des procédures permettent de
suspendre ou de retirer le label en cas de non-conformité ;
• le respect des exigences est
contrôlé selon une procédure objective par un tiers compétent et indépendant.
Le texte encadre également certaines allégations environnementales. Il
interdit notamment les formulations environnementales génériques lorsqu’elles
ne peuvent pas être justifiées, ainsi que les affirmations selon lesquelles un
produit serait « neutre en carbone » ou aurait un impact réduit sur le climat
lorsque celles-ci reposent sur la seule compensation des émissions de gaz à
effet de serre.
Fairtrade/Max Havelaar : des exigences publiques et un contrôle par un
tiers indépendant
Le label Fairtrade/Max Havelaar repose depuis sa création sur des
cahiers des charges accessibles publiquement, élaborés avec la participation
des organisations de producteurs et de travailleurs, d’experts, d’acteurs
économiques et d’organisations de la société civile.
Le respect de ces exigences fait l’objet d’audits réguliers. FLOCERT,
principal organisme de certification de Fairtrade, est une société de
certification indépendante et accréditée selon la norme ISO 17065.
Le dispositif prévoit également des procédures de traitement des
non-conformités pouvant conduire à la suspension ou au retrait de la
certification pour les entreprises ne respectant pas les cahiers des charges.
« Une certification ne peut être un véritable tiers de confiance que si
ses règles sont connues, ne dépendent pas des intérêts particuliers d’une
marque et si leur respect est vérifié de manière indépendante. Cette exigence
est au cœur du label Fairtrade/Max Havelaar.
Nous appelons désormais à une
transposition rapide et ambitieuse de la directive dans le droit français », poursuit Valeria Rodriguez.


