- Le nouveau Panorama Oneytrust dédiée à la fraude financière révèle que 46 % des fraudes avérées impliquent une identité comportant des éléments synthétiques.
- Les services financiers
font face à une mutation profonde des risques, portée par les paiements
instantanés, la manipulation et la montée des identités synthétiques.
Derrière des
indicateurs de fraude historiquement bas, le système financier français est
confronté à une transformation profonde et souvent sous-estimée du risque.
Moins visible, moins volumique, la fraude est désormais plus coûteuse, plus
immédiate et irréversible.
C’est le constat majeur
du nouveau Panorama de la fraude en France dédié aux services financiers,
dévoilé par Oneytrust, leader européen de la vérification d’identité digitale
et de la lutte contre fraude. Ce panorama 2026 est réalisé à partir de données
publiques françaises et européennes croisées avec des données Oneytrust et
analyses issues d’usages réels.
Des taux de fraude
historiquement bas, mais une exposition financière persistante
Selon l’Observatoire de
la Sécurité des Moyens de Paiement (OSMP), les pertes totales liées à la fraude
aux paiements atteignent 1,189 milliard d’euros en France en 2024, un niveau
quasi stable depuis 2022.
Dans le détail, la
fraude par carte bancaire continue de reculer pour atteindre un plancher
historique de 0,053 % en valeur, soit 53 euros de fraude pour 100 000 euros de
paiements.
Cette amélioration des
ratios masque toutefois une réalité plus structurelle : la fraude n’est plus
une question de volumes, mais d’impact, chaque incident entraînant des pertes
plus importantes et plus difficiles à récupérer.
Paiements instantanés :
la compression du “time to intervene”
L’un des principaux
moteurs de cette mutation est la diffusion rapide des paiements en temps réel.
En France, 10 % des virements sont désormais instantanés (OSMP 2024), tandis
que les portefeuilles mobiles représentent 15 % des paiements par carte en point
de vente.
À l’échelle européenne,
les données publiées conjointement par l’EBA et la BCE confirment l’ampleur du
phénomène :
·
La
fraude totale atteint 4,2 milliards d’euros en 2024, contre 3,5 milliards en
2023
·
La
fraude sur les virements de compte à compte représente 2,5 milliards d’euros,
en hausse de +24 % sur un an
·
Cette
bascule se traduit par un écart spectaculaire dans les pertes unitaires :la
perte moyenne s’élève à environ 80 euros pour une fraude carte, contre 2 252 euros
pour une fraude par virement bancaire
La fraude par
manipulation devient centrale dans le paysage français
Une autre évolution majeure tient dans la montée en puissance de la fraude par manipulation (ex: escroqueries, usurpation d’identité, ingénierie sociale). Après plusieurs années de forte croissance,
elle s’est stabilisée à 32 % de la valeur totale de la fraude en France, représentant environ
382 millions d’euros en 2024.
Ces fraudes reposent
sur un même constat : les victimes s’authentifient volontairement, convaincues
d’agir dans un cadre légitime. Les mécanismes de SCA ou de 3D Secure restent
efficaces contre le vol d’identifiants, mais se révèlent inopérants face à la
manipulation psychologique.
« La fraude moderne ne
contourne plus les contrôles techniques : elle exploite la confiance et la
psychologie. Authentifier un utilisateur ne revient plus à sécuriser la
transaction »
commente Laure Littler, PDG France de Oneytrust,
BNPL : une croissance
rapide, mais une fraude qui progresse plus vite encore
Le Panorama met
également en relief une divergence frappante sur les offres Buy Now Pay Later
(BNPL). Sur un panel de grands e‑commerçants français analysé par Oneytrust en
2025 :
·
Le
taux d’acceptation des paiements par carte atteint 99,96 %, contre 96,16 % pour
le BNPL
·
Le
taux de fraude par carte reste limité à 0,05 %, tandis que le taux de fraude
BNPL atteint 1,53 %, soit plus de 30 fois plus élevé
·
Le
BNPL s’impose par ailleurs comme un canal de croissance majeur : sa part dans
les transactions passe de 0,8 % à 2,25 % en nombre et de 2,25 % à 3,24 % en
valeur entre 2024 et 2025, tout en devenant un foyer de risque croissant : la
part du BNPL dans la fraude totale progresse de 3 points en nombre et de 2
points en valeur sur la même période
Identités synthétiques
: un facteur présent dans près d’une fraude sur deux
Les identités
synthétiques apparaissent comme le fil conducteur de cette nouvelle fraude. Les
analyses de Oneytrust montrent que :
·
16 %
des identités analysées présentent au moins un élément synthétique
·
46 %
des fraudes avérées impliquent une identité comportant des éléments
synthétiques.
Ces profils passent
généralement les contrôles initiaux, avant d’évoluer vers des scénarios de
fraude différée, de mule bancaire ou de “bust‑out”.
Une conclusion sans
ambiguïté
Le Panorama de la
fraude de Oneytrust démontre que la fraude en France n’est plus un sujet de
conformité ponctuelle ni de simple sécurisation des paiements. Elle impose une
lecture de bout en bout du parcours client, depuis l’onboarding jusqu’au
remboursement, avec une surveillance continue de l’identité, du comportement et
du contexte.
« Les institutions qui
continuent de piloter la fraude par un indicateur unique s’exposent à des
risques très différents sous des taux apparemment similaires. La fraude s’est
déplacée vers les angles morts du parcours. » — conclut Laure
Littler.


