- Uniquement
5% des actifs connaissent le coût réel de leur poste pour leur employeur
- Un Français sur trois
s'appuie désormais sur Internet ou une IA pour négocier ou fixer sa demande
Pendant les vacances,
les Français ont réfléchi à leur fiche de paye. Mais en matière de salaire et
d’augmentation, savent-ils dire combien ? Sur quoi se fondent-ils vraiment pour
poser un chiffre : leurs résultats, une offre entrevue, une IA… ou le simple «
feeling » ?
Cet été, beaucoup ont comparé, actualisé leur CV, parfois postulé
ailleurs. Alors, une fois le bronzage estompé, que vont-ils réellement oser en
septembre ?
L'agence How Much a
mené l'enquête auprès de 4 127 personnes afin de comprendre comment les
Français fixent, gonflent — ou abandonnent — le montant du salaire qu'ils
comptent réclamer.
Sandrine Dorbes, Conférencière, Experte
en stratégie de rémunération et Créatrice de How Much, rappelle : « On
a fait de l'augmentation un tabou binaire : on ose ou on n'ose pas. Mais la
vraie question n'est pas "voulez-vous plus ?", c'est "combien,
et pourquoi ce montant-là ?". Notre enquête montre que des millions
d'actifs butent précisément là : 37 % renoncent parce qu'ils ne savent pas quel
chiffre poser, et à peine 5 % savent ce qu'ils coûtent réellement à leur
employeur. Et si les Français n’étaient pas assez outillés pour bien négocier
leur salaire ? »
Augmentation : à peine
1 actif sur 5 chiffres précisément sa demande
Seuls 19 % des Français ont déjà évalué précisément une demande de salaire (11 % en euros, 8 % en pourcentage). De ce fait, une majorité (46 %) se contente de réclamer une augmentation au doigt mouillé. Dans le détail, 16 % ont une fourchette approximative, 13 % ne savent pas donner un chiffre, et
17 % n’expriment aucun
montant.
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Avez-vous
déjà chiffré précisément le montant que vous comptiez demander pour un
salaire ? |
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Réponses
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Pourcentages |
|
Oui, un montant
précis en euros |
11 % |
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Oui, un pourcentage
précis |
8 % |
|
Oui, mais seulement
une fourchette approximative |
16 % |
|
J’y ai pensé sans
jamais poser de chiffre |
13 % |
|
Non, je demanderai « une augmentation » sans montant |
18 % |
|
Non, je ne compte
rien demander |
4 % |
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Je ne suis pas
concerné(e) : indépendant, retraité, sans emploi… |
27 % |
|
Je ne sais pas / je
préfère ne pas répondre |
3 % |
Pour négocier leur
salaire, les Français misent sur leur mérite et l'IA
Afin de se fixer un
montant, 67 % des actifs s'appuient d'abord sur leurs propres résultats, en
analysant les offres d'emploi (43 %) et en se basant sur l'inflation (41 %).
Mais en 2026, 33 % des
Français consultent désormais Internet ou une intelligence artificielle pour
chiffrer leur demande, tandis que 17 % avouent y aller « au feeling ».
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Sur quoi
vous appuyez-vous pour fixer ce montant ? Plusieurs réponses
possibles |
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Réponses
|
Pourcentages |
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Sur l’inflation ou
l’augmentation du coût de la vie |
41 % |
|
Sur mes charges
personnelles : loyer, crédit, enfants… |
39 % |
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Sur ce que gagne un
collègue au même poste |
24 % |
|
Sur des offres
d’emploi que j’ai consultées |
43 % |
|
Sur une grille de salaires ou une convention collective |
30 % |
|
Sur ce que je pense
que mon entreprise peut se permettre |
28 % |
|
Sur mes résultats et
mes réalisations |
67 % |
|
Sur les conseils de
mes proches |
13 % |
|
Sur une recherche en
ligne ou une intelligence artificielle |
33 % |
|
Sur rien de précis,
au feeling |
17 % |
|
Je ne sais pas / je préfère ne pas répondre |
3 % |
Salaire : 51 % des
Français bluffent
Lors d’un entretien
d’embauche, 1 Français sur 2 demande plus que ce qu’il espère vraiment obtenir,
dont 15 % « nettement plus » pour se garder de la marge.
À l'opposé, la timidité
française est également bien présente puisque 8 % demandent même moins pour ne
pas paraître excessifs, et 12 % avouent ne pas savoir comment s'y prendre.
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Demandez-vous
plus que ce que vous espérez réellement obtenir ? |
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|
Réponses
|
Pourcentages |
|
Oui, je demande
nettement plus pour avoir de la marge |
15 % |
|
Oui, je demande un
peu plus |
36 % |
|
Non, je demande
exactement ce que je veux obtenir |
27 % |
|
Non, je demande même
moins, pour ne pas paraître excessif(ve) |
8 % |
|
Je ne sais pas comment m’y prendre |
12 % |
|
Je ne sais pas / je
préfère ne pas répondre |
2 % |
A peine 5 % des
Français savent combien ils coûtent à leur patron
Cette enquête met en
lumière un fait assez surprenant : la plupart des Français semblent
négocient leur salaire sans connaître leur véritable valeur pour l'entreprise.
Ainsi, seuls 5 % des actifs connaissent vraiment le coût total employeur de leur poste, quand un tiers
(31 %) n'en a « aucune idée » et que 3 % ignoraient même l'existence d'un
tel écart.
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Savez-vous
combien votre poste coûte réellement à votre employeur ? |
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Réponses
|
Pourcentages |
|
Oui, je connais le
coût total employeur de mon poste |
5 % |
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J’en ai une idée
approximative |
14 % |
|
Je pense que c’est
environ 20 % de plus que mon salaire brut |
16 % |
|
Je pense que c’est
environ 40 % de plus que mon salaire brut |
17 % |
|
Je pense que c’est environ le double de mon salaire net |
12 % |
|
Je n’en ai aucune
idée |
31 % |
|
Je ne savais même
pas que cela représentait un écart |
3 % |
|
Je ne sais pas / je
préfère ne pas répondre |
2 % |
En vacances, les
Français bronzent… et cherchent un autre job
Loin de couper
complètement avec leur travail, 16 % des actifs déclarent avoir consulté des
offres d'emploi pendant leurs congés.
14 % ont actualisé leur
CV, 13 % ont carrément postulé à une offre d’emploi et 2 % ont même passé un
entretien entre deux plages.
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Avez-vous
cherché un autre emploi pendant vos congés ? |
|
|
Réponses
|
Pourcentages |
|
Oui, j’ai consulté
des offres d’emploi |
16 % |
|
Oui, j’ai mis à jour
mon CV ou mon profil professionnel |
14 % |
|
Oui, j’ai postulé à
une ou plusieurs offres |
13 % |
|
Oui, j’ai passé un
entretien pendant mes congés |
2 % |
|
Oui, j’ai posé des jours spécifiquement pour passer un
entretien |
1 % |
|
Oui, j’ai été
contacté(e) par un recruteur et j’ai répondu |
5 % |
|
Non, mais je compte
le faire à la rentrée |
13 % |
|
Non, je suis
satisfait(e) de mon poste |
24 % |
|
Je n’ai pas pris de congés cet été |
11 % |
|
Je ne sais pas / je
préfère ne pas répondre |
1 % |
8 Français sur 10
renoncent à une augmentation avant même d'avoir essayé
À peine 15 % des actifs
ont toujours osé demander : les autres se sont autocensurés, par crainte d'un
refus (39 %), par peur de déplaire à leur manager (35 %) et surtout, pour 37 %,
faute de savoir quel montant réclamer.
Les Français renoncent
donc en silence, faute d'oser et de savoir clairement chiffrer.
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Vous
est-il déjà arrivé de renoncer à demander une augmentation avant même d'avoir
essayé ? Plusieurs réponses
possibles |
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Réponses
|
Pourcentages |
|
Oui, parce que je
pensais que ce serait refusé |
39 % |
|
Oui, parce que je ne
savais pas quel montant demander |
37 % |
|
Oui, parce que la
situation de l’entreprise ne s’y prêtait pas |
29 % |
|
Oui, par peur d’être
mal vu(e) ou de nuire à ma relation avec mon manager |
35 % |
|
Oui, parce que je ne me sentais pas légitime |
27 % |
|
Oui, parce que je ne
savais pas à qui m’adresser |
6 % |
|
Oui, parce que je ne
savais pas à quel moment le faire |
18 % |
|
Non, j’ai toujours
osé demander quand je le souhaitais |
15 % |
|
Je ne sais pas / je
préfère ne pas répondre |
3 % |
Augmentation de rentrée
: les Français attendent le bon moment qui ne vient jamais
Bien reposés et
préparés, seuls 7 % oseront demander une augmentation de salaire dès la
première semaine de septembre.
Les autres temporisent largement : 21 % guettent une « occasion favorable » sans date en tête et
9 % attendent que l'employeur en parle le premier. C’est le piège de la
procrastination salariale car sans objectif daté, 17 % renoncent purement et
simplement.
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À quel
moment précis comptez-vous aborder le sujet à la rentrée ? |
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|
Réponses
|
Pourcentages |
|
Dès la première
semaine de septembre |
7 % |
|
Dans le courant du
mois de septembre |
14 % |
|
En octobre ou
novembre |
12 % |
|
À l’occasion de mon
entretien annuel, quelle qu’en soit la date |
19 % |
|
Au moment où je jugerai l’occasion favorable, sans date
en tête |
21 % |
|
Jamais, je ne compte
pas aborder le sujet |
17 % |
|
J’attends que mon
employeur en parle le premier |
9 % |
|
Je ne sais pas / je
préfère ne pas répondre |
1 % |
La rémunération n’est
pas qu’une question d’argent.
Ce n’est pas un slogan,
il s'agit là une conviction qui guide chaque étape du parcours de
Sandrine Dorbes. Après une carrière de
responsable rémunération dans un grand groupe bancaire, elle fonde en 2020 How Much, un cabinet indépendant dédié à la construction de politiques salariales
justes, lisibles et cohérentes.
Sa certitude : une politique de rémunération claire est le socle d’un dialogue
social apaisé et d’un pilotage RH durable.
Administratrice
indépendante certifiée, elle explore les liens entre gouvernance, stratégie RH
et performance globale — une performance qu’elle conçoit sur trois plans
indissociables : économique, environnemental et humain. Autrice et
conférencière, elle aide les dirigeants à faire de la rémunération autre chose
qu’un chiffre : un langage de reconnaissance et de confiance.
À travers ses ouvrages,
ses conférences et ses interventions à la School of Life Paris, elle interroge
la place de l’argent, du travail et du sens dans nos trajectoires individuelles
et collectives.
Car pour elle, interroger le pourquoi précède toujours le combien.


