La France connaît actuellement un épisode caniculaire d'une intensité exceptionnelle qui remet au premier plan la question de l'adaptation de nos bâtiments aux fortes chaleurs.
Le changement
climatique est une réalité à laquelle nos sociétés doivent désormais s'adapter
tout en poursuivant leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet de
serre.
Pour Équilibre des
Énergies, la question de l’adaptation des bâtiments aux fortes chaleurs relève
de la prévention des risques et de la santé publique, eu égard à l’impact des
vagues de chaleur notamment sur les travailleurs et sur les populations les plus
exposées. Ce n’est pas, comme certains voudraient encore le faire croire, une
simple question de confort d’été.
Selon Dominique
Bussereau, ancien Ministre et Président d’Équilibre des Énergies : « En été, comme en
hiver, assurer une température acceptable ne doit pas être limité aux moyens de
transports et à quelques typologies de bâtiments jugés essentiels. Face à la
multiplication des canicules, la climatisation performante ne doit plus être
considérée comme un luxe. Elle constitue un outil d'adaptation au changement
climatique, au même titre que l'isolation des bâtiments ou les protections
solaires. Ne pas l'assumer reviendrait à laisser les Français se tourner vers
des équipements moins efficaces, plus coûteux à l'usage, plus consommateurs
d'énergie et plus destructeurs pour l’environnement ».
Personne ne conteste
aujourd'hui la nécessité de climatiser les trains, les automobiles, les avions,
les hôpitaux ou les maisons de retraite. Il est temps d'aborder avec le même
pragmatisme la question du confort thermique dans les logements, les écoles et
les bureaux, où les Français passent l'essentiel de leur temps.
Le plan « endurance »
annoncé par le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, le 17
juin dernier va dans le bon sens.
Il faut aller plus loin
et plus vite en tenant davantage compte du risque de fortes chaleurs dans la
réglementation des logements neufs. La RE2020 a eu raison d'encourager les
solutions passives de protection contre la chaleur. Mais elle a été conçue avant
que les épisodes caniculaires ne deviennent aussi fréquents et intenses. Il est
désormais nécessaire de reconnaître pleinement le rôle des équipements de
rafraîchissement performants dans l'adaptation des bâtiments au changement
climatique et de ne plus pénaliser leur intégration dans les projets neufs.
Mais surtout, il faut
également agir au niveau des bâtiments existants. Les gestes de prévention
doivent être respectés et les équipements les plus simples, passifs tels que
les ombrières ou actifs comme les brasseurs d’air, doivent être installés dans
les meilleurs délais, qu’il s’agisse de bâtiments publics (écoles, hôpitaux,
etc.) de bureaux, de logements ou de moyens de transports. Mais dans bien des
cas, cela ne suffit pas - il faut un apport de fraîcheur.
La climatisation permet
de mieux travailler, de mieux étudier et de préserver les plus fragiles.
Des systèmes de
rafraîchissement beaucoup plus performants, que ce soit avec des solutions
individuelles ou collectives, et plus économes en énergie ont été développés
ces dernières années.
Au niveau des solutions
individuelles, les climatiseurs réversibles, c’est-à-dire les pompes à chaleur
air/air (PAC), ont un rôle important à jouer. Elles sont le moyen de faire des
économies en hiver et d’assurer le confort en été. Les relevés réalisés sur des
dizaines de milliers de PAC air/air montrent qu’en France celles-ci sont
utilisées en moyenne à 80 % pour le chauffage et 20 % pour le refroidissement.
Ces besoins de
refroidissement interviennent précisément aux moments où la production solaire
est la plus abondante, contribuant ainsi à une meilleure valorisation d'une
électricité décarbonée. Une PAC bien installée est en outre beaucoup plus
efficace qu’un climatiseur mobile acheté à la hâte dans un grand magasin.
Les PAC air/air font
pleinement partie des outils de la transition énergétique. Il faut les faire
bénéficier du même soutien que les PAC air/eau et faciliter le développement de
l’industrie nationale. Il faut également que la Commission européenne revoie le
règlement F-Gas adopté en 2024 qui, par des limitations trop strictes sur
l'usage des fluides frigorigènes, fait peser sur les PAC air/air des
contraintes excessives.
Au niveau des solutions collectives, les pompes à chaleur géothermiques, notamment celles s’appuyant sur du stockage inter saisonnier, et les réseaux de froid sont très intéressantes afin d’apporter du confort à l’ensemble des occupants des immeubles.


