En réaction à la présentation du plan d’électrification par le Gouvernement, la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies) réaffirme son soutien à l’électrification des usages et à la sortie progressive de la dépendance aux énergies fossiles, tout en appelant à une approche territorialisée et multi-énergies en s’appuyant sur les collectivités locales en leur qualité d’autorités organisatrices de l’énergie (AODE/AODG).
Accompagner une électrification déjà en marche
L’électrification est
engagée et doit être accompagnée avec ambition. Cela suppose de donner de la
visibilité aux acteurs, de renforcer les réseaux, de développer les solutions
de flexibilité et d’éviter toute rupture dans les trajectoires d’investissement
dans le respect des programmes pluriannuels négociés entre l’autorité
organisatrice et son concessionnaire. Mais cette dynamique doit rester
progressive, socialement acceptable et adaptée aux spécificités territoriales.
Comme l’a rappelé le
président de la République, tous les usages ne pourront être électrifiés
immédiatement, ni sans accompagnement, ni sans tenir compte des réalités
locales.
Un mix énergétique
diversifié, au service des territoires
La décarbonation ne
peut reposer sur un seul levier. Le biogaz, la chaleur renouvelable,
l’hydrogène renouvelable, mais aussi les dynamiques locales liées à la
valorisation énergétique, participent à la souveraineté énergétique et au
développement économique des territoires.
Les projets de
biométhane, soutenus par les collectivités et le monde agricole, illustrent
cette dynamique. De même, le développement du bioGNV pour la mobilité et les
initiatives locales en matière de chaleur renouvelable démontrent la capacité
des territoires à diversifier leurs ressources et à créer de la valeur.
Pour Jean-Luc Dupont,
président de la FNCCR : « Le grand plan d’électrification, s’il est salutaire
pour notre souveraineté, doit s’inscrire dans une vision plus large intégrant
l’ensemble des énergies renouvelables. Les collectivités, à travers les AODE et
les AODG, sont au cœur de cette transformation et doivent être pleinement
associées aux choix structurants. Il ne s’agit pas d’opposer les énergies, mais
de construire un mix équilibré, adapté aux territoires, pour réussir une
transition énergétique efficace, durable et partagée. »
Renforcer la
coordination des réseaux d’énergie
L’électrification des
usages ne saurait par ailleurs se concevoir indépendamment d’une planification
intégrée de l’ensemble des réseaux d’énergie (électricité, gaz, chaleur et
froid et hydrogène). À cet égard, les AODE/AODG occupent une position centrale
pour orchestrer, à l’échelle de leur territoire, un scénario cohérent
conciliant développement des usages électriques, évolution des réseaux et
complémentarité avec les autres vecteurs énergétiques.
Sur ce point, la
première mesure du plan « Lancer 100 territoires d’électrification » doit
s’appuyer explicitement sur les AODE/AODG, propriétaires des réseaux de
distribution d’électricité et de gaz et garantes du bon fonctionnement de la
distribution d’énergie dans leur territoire. C’est d’ailleurs ce qui ressort
concrètement du projet de loi DDADUE 3 tel qu’adopté en première lecture au
Sénat qui reconnaît un rôle à ces autorités organisatrices, à la fois, pour
l’élaboration d’un scénario commun multi-énergies et l’optimisation des
infrastructures gazières. La FNCCR appelle à ce que le plan d’électrification
s’inscrive pleinement dans ce cadre et conforte les premières positions du
législateur.
L’électrification dans
les territoires ne se fera pas sans les AODE
Il est indispensable
que les AODE, véritable colonne vertébrale (technique, financière et politique)
de la transition énergétique dans les territoires, soient pleinement associées
à la mise en œuvre du plan d’électrification.
Au-delà de leur qualité de propriétaires, les AODE interviennent sur l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique : production d’énergie renouvelable notamment au travers des circuits courts, développement des infrastructures de réseau et de recharge pour véhicule dont elles assurent en partie la maîtrise d’ouvrage et maîtrise de la demande de l’énergie. Cette vision globale constitue un atout majeur pour garantir une transition ordonnée, efficace et adaptée aux réalités locales.


