52% des ETI et grandes entreprises constatent une hausse des tentatives de fraude lors des
12 derniers mois
Dans un environnement économique marqué par la digitalisation des échanges et l’essor de nouvelles technologies, la fraude s’impose désormais comme un risque opérationnel majeur pour les entreprises françaises.
Allianz Trade, le leader européen de l’assurance fraude, a
interrogé avec Odoxa, 1005 Français et 315 dirigeants d’entreprise et
directeurs financiers basés en France sur leur exposition, leur ressenti et
leurs mesures de prévention face aux risques de fraude.
Une menace qui croît en parallèle de la taille de l’entreprise
Les fraudeurs concentreraient-ils leurs efforts là où les montants
potentiellement détournés sont les plus élevés ? Selon l’enquête menée par
Allianz Trade, seule 1 entreprise sur 3 déclare avoir été ciblée par une
tentative de fraude au cours des 12 derniers mois. Mais l’exposition au risque
de fraude semble s’accentuer à mesure que la taille des entreprises grandit :
60 % des PME et 85 % des ETI-grandes entreprises ont subi au moins une
tentative de fraude l’année dernière. Pire encore, le risque s’accroît : 52 %
des ETI et grandes entreprises constatent une hausse des tentatives de fraude
sur les douze derniers mois.
« Nous avons interrogé les entreprises ayant subi au moins une tentative
de fraude au cours des douze derniers mois afin d’en comprendre la nature. Les
résultats montrent très nettement une prédominance des fraudes externes,
c’est-à-dire celles opérées par des tiers usurpant une identité (88 %), contre
37 % pour les fraudes internes. Parmi les fraudes externes les plus fréquentes,
la fraude au faux fournisseur (42 %) et au faux client (41 %) arrivent
largement en tête. Les fraudes internes, quant à elles, recouvrent des réalités
variées : abus de confiance (15 %), détournements de fonds (14 %),
détournements de marchandises (13 %) ou encore fausses notes de frais (10 %).
La multiplication des échanges numériques et l’automatisation croissante des
relations commerciales rendent aujourd’hui ces fraudes plus complexes et plus
difficiles à détecter » déclare Ilan Daian,
Responsable Assurance Fraude chez Allianz Trade en France.
Une efficacité renforcée par l’IA ?
La multiplication des tentatives s’accompagne d’une efficacité accrue
des fraudeurs. Dans 40 % des cas, les entreprises concernées indiquent qu’au
moins une tentative a abouti à une fraude avérée. Et les conséquences sont loin
d’être marginales : 85 % des entreprises victimes déclarent un préjudice
financier, dont près d’une sur cinq (19 %) supérieur à 10 000 euros.
Dans un contexte de forte transformation des modes opératoires,
l’intelligence artificielle (IA) semble jouer un rôle croissant, par exemple
pour aider les fraudeurs à usurper une identité que cela soit par la voix
(DeepVoice) ou par l’image (DeepFakes). D’ailleurs, 76 % des dirigeants
estiment que l’IA contribue à augmenter le risque de fraude.
« Les fraudeurs se professionnalisent et exploitent les failles,
qu’elles soient technologiques ou organisationnelles. Le fait que 4 tentatives
sur 10 aboutissent démontre que le risque est devenu concret, mesurable et
potentiellement critique pour la trésorerie des entreprises » ajoute Ilan Daian.
La menace est croissante, mais les entreprises sont inégalement
préparées
Encore une fois, et assez logiquement, le degré de préparation face au
risque de fraude diffère selon la taille de l’entreprise : 61 % des TPE se
jugent bien préparées, contre 76 % des PME et 92 % des ETI et grandes
entreprises.
Parmi les mesures déployées, le principal réflexe consiste à vérifier les coordonnées bancaires (55 %).
Il s’agit du seul dispositif majoritairement
adopté, mais on est encore loin d’une généralisation, même parmi les grandes
entreprises et ETI (63 %). Par ailleurs, 41 % des entreprises rappellent le
client ou le fournisseur en cas de modification des coordonnées bancaires et 40
% disposent de procédures de validation renforcée des paiements, comme des
doubles signatures.
En revanche, les dispositifs plus structurés restent encore
minoritaires : 36 % réalisent des procédures de contrôle interne, 30 % forment
ou sensibilisent leurs collaborateurs, 23 % utilisent des outils de détection
ou de cybersécurité, et seulement 13 % disposent d’un véritable plan d’urgence
en cas de tentative de fraude. Plus préoccupant encore, 16 % des entreprises
déclarent n’avoir mis en place aucun dispositif spécifique.
D’autre part, la couverture assurantielle reste limitée : seules 30 %
des entreprises interrogées sont aujourd’hui assurées contre ce risque. Ce taux
atteint 74 % dans les grandes structures, mais reste faible chez les TPE (27
%). Plus révélateur encore, parmi les entreprises ayant déjà subi une tentative
de fraude, seules 38 % sont couvertes, signe que même l’exposition directe au
risque ne suffit pas toujours à déclencher une assurance spécifique.
Une réalité plus contrastée pour les salariés
Le baromètre met aussi en évidence l’ampleur du phénomène au sein des organisations : 57 % des salariés déclarent avoir déjà observé au moins un comportement frauduleux au sein de leur entreprise.
Il peut s’agir d’usages
abusifs des ressources de l’entreprise (48 %), de contournements des procédures
internes (33 %) ou encore de détournements divers : 25 % pour les stocks ou le
matériel, 15 % pour les fausses notes de frais, 11 % pour la manipulation de
transactions financières au profit d’un salarié ou de ses proches, et 9 % pour
le détournement de données.
Pour autant, contrairement à leurs dirigeants, les salariés se disent majoritairement peu inquiets :
71 % ne redoutent pas d’être confrontés à une
fraude dans leur entreprise. De même, plus d’un sur deux estime que
l’intelligence artificielle n’accroît pas le risque de fraude, à rebours des
préoccupations exprimées par les dirigeants. Enfin, seuls 14 % jugent leur
entreprise « très bien protégée », ce qui souligne un décalage entre leur
perception du risque et le niveau réel de protection des organisations.
« Notre baromètre fraude 2026 met en évidence un véritable changement
d’échelle, avec des attaques plus fréquentes, plus ciblées et plus crédibles.
Face à la menace, les entreprises françaises semblent engagées dans une phase
de transition. La prise de conscience progresse, les dispositifs se
développent, mais le niveau de préparation demeure encore très inégal. Les
grandes entreprises, plus visibles, sont davantage exposées, tandis que les
plus petites structures demeurent souvent moins bien protégées, alors même que
l’impact financier d’une fraude peut être critique pour leur trésorerie.
Dans
un contexte marqué par l’accélération des technologies et la
professionnalisation des fraudeurs – avec notamment une intelligence
artificielle devenue à la fois puissante et accessible – l’enjeu des prochaines
années sera de transformer cette prise de conscience en une véritable culture
de prévention, intégrée à tous les niveaux de l’entreprise » indique Laurent Treilhes, Président du Comité Exécutif d’Allianz Trade
en France.


