Portée par l’IA et la dématérialisation, la fraude augmente et se banalise en Europe.
Finovox, le spécialiste français de la détection de fraude documentaire,
dévoile les résultats de son étude européenne menée auprès de 8 000 répondants
dans huit pays.
Dans un contexte marqué par la digitalisation des démarches et
l’essor de l’intelligence artificielle, l’étude met en lumière une banalisation
progressive de la fraude, perçue comme plus accessible, moins risquée et de
plus en plus répandue.
À l’échelle européenne, des disparités apparaissent nettement, avec des taux de fraude allant de
6 % en Espagne jusqu'à 14 % en
Allemagne. Avec 13 % de répondants déclarant avoir déjà fraudé, la France se
situe parmi les pays les plus concernés. Les pratiques diffèrent aussi beaucoup
selon les pays. La fraude bancaire domine en Allemagne (34%), au Royaume-Uni
(34%) ou aux Pays-Bas (32%), tandis que les fraudes liées aux démarches du
quotidien (aides, abonnements, services) sont plus fréquentes en Belgique
(38%), en Espagne (36%) ou en France (32%).
Des motivations et un rapport au risque qui évoluent
L’étude révèle également des motivations contrastées selon les analiza
nationaux. Si les difficultés financières restent un facteur important dans
certains pays, notamment en Espagne (36%), en Suède (35%) ou en Belgique (28%),
d’autres motivations analiza plus nettement en Europe occidentale : gain de
temps, simplification des démarches ou contournement de contraintes
administratives.
Ce phénomène s’accompagne d’un changement de perception du risque. Dans
plusieurs pays, une part significative des fraudeurs analiz ne ressentir aucune
crainte au moment de passer à l’acte, notamment en France (28 %) et en Espagne
(27 %). Parallèlement, le niveau de stress associé à la fraude reste
globalement limité, traduisant une forme de analization.
La fraude documentaire, facilitée par les outils numériques
Autre enseignement clé : la fraude documentaire est perçue comme facile
dans l’ensemble des pays étudiés. Jusqu’à 75 % des répondants au Royaume-Uni
estiment qu’il est simple de falsifier un document. Cette perception est
également majoritaire en France (51 %).
L’essor des outils numériques et de l’intelligence artificielle joue un
rôle déterminant dans cette évolution. Désormais, modifier une fiche de paie,
un contrat ou un justificatif ne nécessite plus de compétences techniques
avancées, rendant les falsifications de plus en plus crédibles et difficiles à
détecter à l’œil humain.
FOCUS France
Le profil type d’un fraudeur français :
un homme (58%, contre 42% des femmes), ou un jeune actif entre 25 et 34 ans
(27% contre 12,5% des 18-24 ans et seulement 1,5% des +65 ans), ou alors une
personne touchant entre 1 500 et 3 500€ net/mois (58%, contre 28% des -1 500€
net/mois, et 14% des
+3 500€ net/mois).
Globalement, l’étude confirme une progression nette du phénomène. En 2026, 13 % des Français déclarent avoir déjà fraudé, contre 10,8 %
en 2024. La fraude s’effectue à la fois en ligne (42 %) et en physique (34 %),
avec une montée des pratiques hybrides.
Également, la perception de fraude évolue :
Près d’un Français sur deux estime aujourd’hui qu’il est facile de frauder, et
même 57 % considèrent qu’il est plus simple de frauder qu’il y a 15 ans. Cela
s’explique notamment par l’émergence de l’intelligence artificielle (58%), et
la dématérialisation des démarches (54%). Les outils utilisés sont accessibles
à tous, comme les logiciels de retouche d’image, les éditeurs PDF ou les
traitements de texte. Même 1 non fraudeur sur 4 serait prêt à commettre une
fraude, notamment en cas de difficultés financières ou pour pallier un
sentiment d’injustice.
Surtout, la fraude apparaît largement rentable et peu risquée. 82 % des
fraudeurs français déclarent avoir réussi, 65 % se disent prêts à recommencer
et 64 % affirment ressentir peu ou pas de crainte de représailles.
Une évolution préoccupante du rapport à la fraude
Comparée à 2024, la situation française traduit un basculement. Déjà les
tentatives de fraudes aboutissent plus souvent (82% en 2026, contre 73% en
2024). Aussi, en 2024, la majorité des fraudeurs avaient des craintes de
potentielles répercussions (55%), alors qu’ils ne sont plus qu’une minorité en
2026 (36%).
Face à cette évolution, la question de la prévention s’impose. Pour Finovox, la lutte contre la fraude documentaire ne peut plus reposer uniquement sur des contrôles a posteriori. Elle doit désormais s’intégrer dès le point d’entrée des documents, afin d’empêcher les fraudes avant qu’elles ne produisent leurs effets.


