La nouvelle enquête de BioCatch, spécialiste mondial de la détection et de la prévention de la fraude financière, tire la sonnette d’alarme pour le secteur bancaire français : près des trois quarts des établissements déclarent des pertes annuelles supérieures à 5 millions de dollars liées
à la fraude.
À l’approche de
l’entrée en vigueur de la directive PSD3, l’étude met en lumière un paradoxe
français : si les dirigeants sont pleinement conscients du risque
réputationnel, la préparation opérationnelle aux nouvelles obligations de
remboursement demeure en retrait par rapport aux autres pays européens.
Des pertes financières
en hausse dans un contexte réglementaire plus exigeant
L’étude identifie trois
tendances majeures qui redessinent le paysage de la cybersécurité bancaire en
France :
• Un impact financier significatif : 43%
des banques françaises déclarent des pertes annuelles, dues à la fraude,
supérieures à $10M (8,4M€), et 44% indiquent que ces pertes sont en
augmentation.
• Un retard réglementaire préoccupant :
Seuls 55% des établissements français anticipent activement les obligations de
remboursement total imposées par la directive PSD3, contre 73% en moyenne en
Europe.
• La priorité donnée à la réputation :
Pour 79% des dirigeants français, le risque réputationnel est jugé plus
préoccupant que la perte financière directe, un niveau supérieur à la moyenne
mondiale (71%).
« Avec l’arrivée
imminente de la directive PSD3, les régulateurs renforcent clairement la
responsabilité des institutions, explique Matthew Platten, Responsable
Avant-Vente France chez BioCatch. Le remboursement obligatoire évolue
d’une attente exprimée par les clients vers une obligation institutionnelle,
qui sera bientôt en vigueur à l’échelle européenne. Les banques ne peuvent plus
se limiter à des enquêtes réactives après le départ des fonds. Elles doivent
mettre en place des dispositifs de détection préventive robustes : contrôles en
temps réel, analyse comportementale basée sur le risque, capacité à identifier
les arnaques par ingénierie sociale et les réseaux de mules avant l’exécution du
paiement, tout en préservant l’expérience client. Maintenir cet équilibre sera
essentiel pour conserver la confiance des utilisateurs face à des menaces
toujours plus sophistiquées. »
Gouvernance et
transformation digitale : un équilibre fragile
L’enquête révèle
également un décalage stratégique au sein des comités de direction :
• 27% des dirigeants classent le blanchiment
d’argent comme menace prioritaire
• Près des deux tiers l’intègrent parmi leurs
trois principales préoccupations
• À l’inverse, seuls 40% citent les arnaques
parmi leurs trois risques majeurs
« Nous constatons que
les dirigeants français sont plus nombreux à signaler une augmentation des
tentatives de fraude dans leur organisation (47%) contre 31% pour l’ensemble
des personnes interrogées en France, explique Thomas Peacock, Directeur de
l’intelligence mondiale sur la fraude chez BioCatch. Cela suggère que la
direction perçoit des signaux d’alerte précoces qui ne sont pas pleinement
intégrés dans les priorités opérationnelles. »
Le remboursement
devient la norme
Enfin, l’étude souligne
que le remboursement devient progressivement la norme : plus des deux tiers (67%)
des répondants français déclarent que leur banque rembourse au moins la moitié
des victimes d’escroquerie.
Parallèlement, la transformation digitale s’accélère : 69% des banques françaises s’orientent vers un parcours d’intégration 100% digital. Dans ce contexte, l’analyse et détection comportementale en temps réel s’imposent comme un levier stratégique pour concilier sécurité, conformité réglementaire et fluidité du parcours client.


