En France, en Espagne, en Italie, le paiement en plusieurs fois n'est plus une option parmi d'autres : c'est un réflexe d'achat. Un marché qui devrait atteindre 714,2 milliards de dollars d'ici 2030 et dont l'édition 2026 de l'étude paneuropéenne de Younited, menée auprès de 3 000 répondants, confirme la maturité.
Des équipements électroménagers aux frais vétérinaires, les usages
s'étendent bien au-delà du e-commerce et sont portés par une même logique :
mieux gérer son budget au quotidien.
Principaux chiffres à retenir :
Une adoption massive :
• 79 % des Français, 83 % des
Espagnols et 78 % des Italiens ayant réalisé un achat entre 200 € et 50 000 €
au cours des six derniers mois ont eu recours au paiement en plusieurs fois.
Durée : le 3/4x reste important, mais n’est pas majoritaire partout
• 56 % des paiements en plusieurs
fois sont réalisés en 2 à 4 échéances en France, contre 38% des Espagnols et
34% des Italiens
Motifs principaux pour recourir au paiement en plusieurs fois :
• France : la gratuité (44 %)
• Espagne : la flexibilité (39 %)
• Italie : l’étalement des
dépenses (36 %)
Fidélisation :
• 61 % des Français, 69 % des
Espagnols et 65 % des Italiens déclarent que le paiement en plusieurs fois
favorise leur retour chez un commerçant.
1. Le paiement à crédit : un mode de paiement largement adopté par les
Européens
Un mode de paiement qui s’inscrit dans le quotidien
Les chiffres sont sans appel : 83 % des Espagnols, 79 % des Français et
78 % des Italiens ayant réalisé un achat entre 200 et 50 000 € au cours des six
derniers mois ont eu recours au paiement fractionné.
Et parmi eux, 40 % des Français y recourent au moins une fois par an,
tout comme près de la moitié des Espagnols et des Italiens. Et près de 30 % des
Français l'utilisent plus de deux à trois fois par an. Qu'il s'agisse de
s'offrir un achat plaisir ou de lisser ses dépenses dans le temps, les
motivations convergent à l'échelle européenne.
Près de 50% des utilisateurs étalent leur paiement au-delà de 4x
Si 56% des Français optent pour le 2 à 4 mensualités, ils sont
“seulement” 38% en Espagne et 34% en Italie, révélant des habitudes encore
distinctes selon les pays.
Même en France, les échéances de 5 fois et plus sont en hausse de 5
points en comparaison à 2023 (44% vs. 39%).
Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, ces paiements ne
concernent pas uniquement les paniers élevés. Ainsi, en 2025, 34 % des Français
déclarent avoir réalisé un achat de moins de 300 € avec un paiement en 13 fois
ou plus. Ce chiffre s’élève à 58 % pour les paniers d’achat entre 1000 € et
2999 €.
2. Inflation, flexibilité, confiance : ce qui pousse les Européens à
payer en plusieurs fois
Gratuité, flexibilité, étalement : des motivations communes, des
priorités locales
Les motivations ont évolué depuis 2023. En France, la gratuité s'impose
comme premier critère (44 %), devant l'étalement des dépenses (39 %), la
flexibilité (34 %) et les difficultés à payer comptant au moment de l'achat (31
%). En Espagne, c'est la flexibilité qui prime (39 %), quand les Italiens
privilégient avant tout l'étalement dans le temps (36 %).
Dans les trois pays, la confiance dans la solution reste un critère
important, cité par 15 à 20 % des répondants.
Un filet de sécurité pour les consommateurs
Le paiement fractionné répond aussi à une réalité concrète : 27 % des Français et des Italiens, et
22 % des Espagnols estiment que payer comptant
rendrait leurs fins de mois difficiles. Un chiffre qui monte à 53 % en région
parisienne. Face à l'inflation, 17 % des Français et 12 % des Espagnols et des
Italiens envisagent d'y recourir encore davantage dans les mois à venir.
3. Des usages qui s’étendent au-delà des biens de nécessité
Électroménager, smartphones, électronique : les piliers du paiement
fractionné
Le paiement fractionné reste d'abord associé aux achats du quotidien et
aux biens à valeur élevée : électroménager (35 %), smartphones (34 %), produits
électroniques (25 %). Des catégories bien installées, qui confirment la
maturité du marché.
Des obsèques au luxe : le paiement fractionné repousse ses frontières
L’étude révèle une extension vers de nouveaux types de dépenses. Il est
par exemple envisagé pour l’entretien automobile (60 % en France et en Espagne,
59 % en Italie), les frais vétérinaires (43 % en France et en Espagne, 45 % en
Italie) et les obsèques (46 % en France, 41 % en Espagne et en Italie).
D’autres usages émergent, comme les formations professionnelles (37 % en
France, 40 % en Espagne et 45 % en Italie), la seconde main (30 % en France, 34
% en Espagne et 38 % en Italie) ou encore le luxe et l’horlogerie (23 % en
France, 32 % en Espagne et 37 % en Italie).
Le paiement fractionné s'adapte à tous les contextes d'achat
Les achats en ligne progressent : plus de la moitié des utilisateurs
dans les trois pays ont eu recours au paiement fractionné sur ce canal.
Néanmoins, les magasins physiques restent incontournables : en France, 39 % des
paiements fractionnés ont lieu en point de vente, contre 44% en Espagne et 41 %
en Italie. Ils sont majoritaires pour les achats de meubles (60 %),
d'électroménager (51 %) et les produits de luxe (46 %) : des catégories où le
conseil et l'expérience en magasin font la différence.
4. Au delà du paiement : un levier de fidélisation pour les commerçants
qui nécessite un cadre réglementaire adapté
Le paiement fractionné reste un atout pour les commerçants pour
fidéliser la clientèle
61 % des Français, 69 % des Espagnols et 65 % des Italiens déclarent
qu'il les incite à revenir chez un commerçant ou sur un site. Mais cet effet
s'essouffle, en recul de 13 points depuis 2023. Ce recul s'explique par la
généralisation même de ces solutions : le paiement étalé est passé du statut
d'avantage concurrentiel à celui de standard du marché.
Les attentes des consommateurs vont plus loin que le simple étalement du
paiement. Plus de deux tiers des sondés se disent intéressés par des
réductions, du cashback ou des offres de reprise d'un ancien équipement lors
d'un nouvel achat. Les commerçants devront donc combiner plusieurs leviers pour
fidéliser leur clientèle.
La réglementation se durcit : entre confiance et inquiétudes
En novembre 2026, la directive européenne sur le crédit à la
consommation (DCC2) entrera en vigueur, élargissant son champ à certains
paiements fractionnés jusqu'ici non encadrés.
Les consommateurs y voient majoritairement une bonne nouvelle : 40 % jugent ce cadre nécessaire pour mieux les protéger, et près de 30
% estiment qu'il renforcera leur confiance.
Mais des inquiétudes existent :
19 % redoutent des démarches plus complexes et 18 % un accès plus difficile.
Un signal clair sur la nécessité de mieux informer et d'accompagner les
utilisateurs. Simplicité, transparence et pédagogie seront déterminantes pour
maintenir l’adoption.
« Le paiement en plusieurs fois est devenu une évidence en Europe. Avec l'entrée en vigueur de la directive DCC2 en novembre 2026, les règles du jeu vont changer pour certains paiements fractionnés jusqu'ici non encadrés. Pour les commerçants et les acteurs de l'e-commerce, la question n'est plus de savoir s'il faut proposer cette option, mais de s'assurer qu'elle est vraiment adaptée à leurs produits, à leurs clients et aux différentes situations d'achat, qu'il s'agisse d'une dépense de confort ou d'une nécessité. », commente Anne-Gaëlle Fauchon, Directrice Marketing chez Younited.


