Connexion
/ Inscription
Mon espace
Etudes & Enquêtes
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Etudes] Risques climatiques physiques : le NGFS chiffre l’impact des événements extrêmes sur les économies mondiales

Par Astrid Liedes, Analyste Finance Responsable, Actifs cotés - Sienna Investment Managers.

 

Publiée en mai 2026 à la demande de la présidence française du G7, une note du NGFS (Network for Greening the Financial System), le réseau de verdissement des banques centrales, établit une base de données sans précédent sur le coût économique et financier des catastrophes climatiques

 

Des coûts massifs et très disparates selon les pays

 

L’étude porte sur 31 cas réels dans 28 pays sur cinq continents sur la période 2015-2025. Les résultats confirment l’amplitude des risques physiques : les coûts annuels estimés varient de 0,03 % à 57 % du P.I.B. selon l’exposition et la résilience des économies.

 

En 2025, l’ouragan Melissa a représenté une perte de 57 % du P.I.B. jamaïcain. En 2016, le cyclone Winston avait coûté 30 % du P.I.B. des îles Fidji. Pour les pays moins vulnérables, l’impact reste généralement plus limité mais non négligeable : les inondations de Valence en 2024 ont entraîné une perte de richesse régionale estimée à plus de 17 milliards d’euros, soit plus de 20 % du P.I.B. régional.

 

Les scénarios court terme du NGFS montrent qu’une transition retardée amplifie les impacts négatifs. La perte de P.I.B. mondial à horizon 2030 serait de 0,4 % dans un scénario de transition ordonnée (avec une mise en œuvre immédiate et graduelle) contre 1,3 % en cas de transition désordonnée (ajustement brutal et non coordonné).

 

Une vulnérabilité particulière de la France et des effets de contagion transfrontaliers

 

La Banque de France souligne que l’Hexagone apparaît plus vulnérable que la moyenne européenne dans le scénario de stress climatique du NGFS : son P.I.B. pourrait reculer de 7,4 % (contre 4,8 % pour l’UE) en cas d’événements extrêmes sévères. Cela s’explique notamment par l’exposition de son agriculture, de sa construction et de sa filière biocarburants aux sécheresses et canicules.

 

 Par ailleurs, les effets de contagion transfrontaliers sont documentés : les inondations de 2022 au Pakistan ont provoqué une chute des exportations agricoles et textiles d’environ 13 %. L’interdépendance des systèmes financiers amplifie ces impacts, les banques réduisant leurs prêts y compris dans les régions non touchées.

 

Accélérateur réglementaire

 

La CSRD (ESRS E1-9) encourage la publication depuis 2025 des montants d’actifs et revenus nets exposés à un risque physique significatif. Sur le SBF 120 l’année dernière, 44 % des entreprises évaluaient leurs risques physiques bruts sur leur périmètre opérationnel. Ce chiffre tombe à 18 % lorsqu’il s’agit de leur chaîne de valeur.

 

Ces nouveaux résultats du NGFS montrent que le changement climatique entraînera une baisse du P.I.B. mondial en raison des catastrophes climatiques extrêmes, mais à un niveau moindre si cette transition est mise en œuvre immédiatement.

Lire la suite...


Articles en relation