Le Réseau Action Climat s’associe au think tank néerlandais Questionmark et à ses partenaires, les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas, pour publier une notation inédite des actions pour réduire leurs émissions de CO2 et rééquilibrer les ventes de protéines,
de 27 enseignes de supermarchés.
Les distributeurs
néerlandais occupent les premières places du classement, loin devant les
enseignes françaises : Carrefour se classe 12ème et Intermarché 20ème, tandis
que E.Leclerc figure en dernière position.
Le think tank
néerlandais Questionmark, à l’initiative de l’étude, et ses partenaires les
associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas publient la
première édition de l’étude Superlist Environment Europe, avec le soutien du
Réseau Action Climat pour la France. Cette étude évalue la performance de 27
des principales enseignes de supermarchés dans huit pays sur deux thèmes
importants : la conformité de leurs plans climatiques avec l'Accord de Paris et
la manière dont ils orientent leurs ventes de protéines vers davantage
d’aliments d’origine végétale. Le classement reflète une comparaison des
performances des supermarchés sur ces thèmes les uns par rapport aux autres.
Le classement montre
que certaines enseignes ont adopté des plans d’action climatique et des
stratégies de rééquilibrage des ventes de protéines ambitieuses et robustes.
C’est le cas des enseignes du groupe Lidl aux Pays-Bas, en Pologne, en
Allemagne et en Espagne, des distributeurs néerlandais Albert Heijn et Jumbo,
et dans une moindre mesure des supermarchés allemands Rewe et Aldi Süd.
Les enseignes
françaises sont absentes du top 10 : si Carrefour se classe à la 12ème place,
Intermarché (20ème) figure parmi les moins bien notés, tout comme E. Leclerc,
dernier au classement. Principal écueil des distributeurs français : la
faiblesse des actions pour favoriser une alimentation saine et durable, plus
riche en aliments végétaux de qualité et moins riche en protéines animales, en
cohérence avec le régime santé planétaire défini par les scientifiques du
EAT-Lancet. Le plan climat de E. Leclerc, en particulier, ne communique pas les
émissions de gaz à effet de serre de l’enseigne et ne comprend aucune feuille
de route avec des objectifs de court-terme
Benoit Granier,
responsable Alimentation du Réseau Action Climat, commente : « Notre
évaluation montre le retard des supermarchés français vis-à-vis de leurs
homologues européens dans leurs actions pour le climat et la transition vers
une alimentation plus saine et équilibrée. Il est problématique et préoccupant
que E. Leclerc, premier distributeur français en parts de marché, soit bon
dernier de ce classement. »
Charlotte Linnebank,
directrice de Questionmark, poursuit : « Les supermarchés ont le pouvoir de
façonner un système alimentaire plus sain et plus respectueux du climat. Bien
qu'un petit groupe de supermarchés ait publié des plans climatiques détaillés,
comprenant notamment des objectifs visant à rééquilibrer les ventes de
protéines animales et végétales, le secteur de la distribution est loin
d'utiliser pleinement son influence pour atteindre les objectifs de l'accord de
Paris sur le climat. Avec Superlist, nous souhaitons mettre en avant les
meilleures pratiques et proposer des mesures concrètes à chaque supermarché
afin de les aider à passer à la vitesse supérieure. »
Cette étude démontre la
nécessité pour les distributeurs français de se montrer plus ambitieux afin de
protéger la santé des consommateurs et de notre planète, comme le montrait déjà
le Réseau Action Climat dans son dernier rapport publié en mai 2025. Il est
indispensable que l’ensemble des enseignes françaises :
• adoptent et mettent en oeuvre des plans
d’action climatique alignés sur l’Accord de Paris, tout en prenant en
compte les enjeux de préservation de la biodiversité, en s’alignant sur des
cadres méthodologiques robustes comme l’initiative SBTN (Science Based Targets
Network) ;
• calculent la part des protéines animales
et végétales dans ses ventes et déploient des mesures pour accroître les ventes
et donc la consommation d’aliments végétaux de qualité et réduire celles de
protéines animales, tout en privilégiant les produits animaux de qualité issus
d’élevages durables français dans une approche “moins mais mieux”
• accompagnent et soutiennent leurs
fournisseurs, en particulier les éleveurs et les PME/TPE, dans la
transition vers des productions durables ;
• proposent la majorité de leurs offres
promotionnelles pour des aliments que le Programme National Nutrition Santé
recommande de consommer davantage, comme les fruits, les légumes, les produits
céréaliers complets et les légumineuses.
Enfin, étant donnée la faiblesse des progrès réalisés par les supermarchés français ces dernières années, la mise en place de réglementations et de politiques appropriées de la part de l’Etat est plus que jamais nécessaire. Le Réseau Action Climat exhorte le gouvernement à renforcer l’encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC).


