Allianz Trade, leader mondial de l’assurance-crédit publie sa dernière
étude sur les défaillances d’entreprises en France pour le 2ème trimestre 2026.
Défaillances d’entreprises :
toujours pas d‘accalmie en France au T2 2026
2026 a débuté comme l’année 2025 s’est achevée : avec une nouvelle
hausse. Les entrées en procédures collectives se sont affichées en nette
progression au deuxième trimestre (+5 % par rapport au T2 2025), confortant la
hausse du T1 (+6 %).
Ce momentum confirme l’infléchissement attendu après les pics d’accélération affichés en 2022 (+49 %), 2023 (+35 %) et 2024 (+17 %), mais surtout la persistance d’un très haut niveau de sinistralité.
Le deuxième
trimestre 2026 affiche à un plus haut historique pour un deuxième trimestre (18
004 cas contre 17 184 pour le précédent record au T2 2025). Idem pour le S1
2026 (37 298 cas).

« La perspective reste celle d’un chiffre durablement élevé au regard de
la faiblesse conjoncturelle, avec une inflation élevée freinant la reprise de
la consommation, des problèmes persistants dans la construction, et des taux
d'intérêt élevés – mais aussi du fait de la forte création d’entreprises depuis
le covid. Les faillites d'entreprises ne diminueraient que modérément en 2027,
à mesure que les conditions économiques devraient s'améliorer. Le risque est
toutefois bel et bien haussier du fait des incertitudes géopolitiques autour de
la situation au Moyen Orient, qui ne fait qu’accroître les difficultés des
nombreuses entreprises déjà mises à mal par la succession des crises, tirant
notre prévision centrale au-dessus de la barre de 70 000 défaillances en 2026 », explique Maxime Lemerle,
Responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.
Les grandes entreprises ne sont pas épargnées
A fin juin 2026 toutes les entreprises défaillantes pour lesquelles les
données financières sont disponibles représentaient encore, au regard des
données historiques, des niveaux très élevés de chiffre d’affaires cumulé (EUR
38,7 Mds, soit +17 % sur 1 an et +59 % par rapport à la moyenne 2006-2025) et
de passif fournisseurs (EUR 8,6 Mds soit +28 % sur un an et +70 % par rapport à
la moyenne 2006-2025).

Secteurs : les services et la finance en nette accélération, la
construction et le négoce à contre-courant (au T2 2026)
Sur les trois derniers mois, les services B2B et le commerce automobile
enregistrent chacun +14 %, suivis de la finance/assurance/immobilier (+13 %) et
de l'hébergement-restauration (+11 %).
Pour la finance/immobilier, cette poussée marque une accélération
brutale bien que le secteur n'affiche que +4 % sur douze mois glissants et +6 %
sur le semestre.
À l'inverse, cinq secteurs évoluent sous la moyenne nationale, voire en
territoire négatif : la construction (-2 %, 3 540 défaillances), le
transport-entreposage (-3 %), le commerce de gros (-2 %), le commerce de détail
(-1 %) et l'information-communication (-1 %). La construction, premier secteur
sinistré avec 20 % des faillites nationales (14 204 sur douze mois), confirme
ainsi l’accalmie amorcée en 2025 (-3 %) après la très forte poussée de 2024
(+25 %). En cumul semestriel, services aux entreprises (+11 %), commerce
automobile (+11 %) et services aux particuliers (+10 %) restent les moteurs de
la hausse.

Les régions en ordre un peu plus dispersé
A fin juin 2026, la hausse des défaillances reste quasi généralisée à
toutes les régions au regard du cumul 12 mois, en particulier la Nouvelle
Aquitaine (+11 %), l’Auvergne Rhone Alpes (+11 %) et les Pays de la Loire (+8
%), tandis que l’Ile-de -France (+2 %) reste la plus sinistrée, avec près d’une
faillite sur quatre (23 %) devant Auvergne Rhone Alpes (12 %).
En glissement annuel, le deuxième trimestre 2026 a toutefois marqué un repli dans six régions en glissement annuel : Bourgogne Franche Comté, Bretagne, Centre Val de Loire, Corse, Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les défaillances des « entreprises en nom » s’envolent
La hausse des défaillances reste généralisée à tous les types de forme
juridique, mais avec une poussée prolongée pour les entreprises en nom sur la
période récente, lesquelles représentent à nouveau 13% des défaillances (+3pp
par rapport à 2023-2024). La hausse des faillites de sociétés (SARL, SA, etc…)
perd en intensité (+2 % sur 12 mois) mais cela reflète une quasi-stabilité à un
(très) haut niveau puisqu’elles dépassent significativement (27 %) le niveau
annuel moyen observé pendant la décennie pré-crise sanitaire (61 451 à fin juin
2026, contre 47 869 en moyenne sur 2010-2019).
Laurent Treilhes, Président du Comité Exécutif d’Allianz Trade en France, rappelle : « Avec plus de 18 000 défaillances enregistrées au deuxième trimestre, la France atteint un niveau inédit pour cette période de l’année. Si les situations sectorielles et régionales apparaissent aujourd’hui plus contrastées, les fragilités restent bien présentes au sein du tissu économique français. Dans un contexte de croissance faible et d’incertitudes géopolitiques persistantes, les entreprises ne peuvent se permettre de subir leurs risques commerciaux. Elles doivent au contraire les identifier, les anticiper et les piloter activement. C’est précisément dans ces moments d’incertitude que l’assurance-crédit démontre toute sa valeur, en apportant aux entreprises la visibilité et la protection nécessaires pour poursuivre leur activité en toute confiance. »


