Héritier direct de l’esprit de 1936, VVF brise le mythe des
vacances insouciantes et dévoile les résultats exclusifs de sa grande étude
menée avec l'Ifop. À l’approche du 90ème anniversaire des congés payés, ce
travail de fond met en lumière une jeunesse partagée entre le désir viscéral de
s'évader et la réalité de fractures économiques et sociales majeures.
Le 20 juin prochain marquera officiellement le 90ème anniversaire de la
promulgation de la loi sur les congés payés. Un anniversaire historique qui
résonne aujourd’hui comme un puissant révélateur social au sein des nouvelles
générations. Loin de l'insouciance originelle, les vacances des jeunes adultes
sont devenues un arbitrage millimétré, oscillant entre héritage familial, quête
d’émancipation et négociations permanentes avec le coût de la vie.
L’effondrement des vacances héritées : la quête d’émancipation
Le modèle des vacances reproduites à l’identique de racturei en racturei
s’effrite au profit d’un choix plus identitaire. Si la mémoire de l’enfance
reste un socle puissant, puisque 84 % des 18 à 40 ans partaient en vacances en
famille lorsqu’ils étaient enfants et 78 % reconnaissent une influence de leurs
parents sur leurs habitudes actuelles, la volonté de rupture est massive.
Désormais, 92 % des jeunes adultes perçoivent au moins un changement
dans leur manière de voyager par rapport à leurs parents, la destination s’imposant
comme le principal marqueur de cette rupture générationnelle. Symbole fort de
cette ractureion, un Français sur deux (50 %) âgé de 18 à 40 ans refuse
catégoriquement l’idée d’une tradition familiale ractu et ne souhaite pas
perpétuer les rituels de vacances de ses parents.
Une jeunesse racture face à son avenir touristique
90 ans après la conquête du temps libre, le droit au repos se heurte à
une réalité socio économique clivante. Interrogés sur leur capacité future à
partir en vacances au cours de leur vie par rapport à la génération de leurs
parents, les 18 à 40 ans affichent une égalité statistique parfaite qui traduit
une profonde fracture sociale :
- 39 % pensent qu'ils partiront plus
souvent, un optimisme porté majoritairement par les cadres à 58 % et les
Franciliens à 50 %.
- 39 % estiment au contraire qu'ils partiront moins souvent, un pessimisme qui frappe massivement les travailleurs indépendants à 68 %, les catégories les plus modestes à 53 % et les populations rurales
à 45 %.
Note : Au sein du volet
interrogeant la communauté spécifique des vacanciers VVF, l'aspiration reste
forte avec 53 % de répondants espérant surpasser le rythme de départs de leurs
parents.
Le mur budgétaire et le sacre de la semaine unique
Le volet économique s'impose comme le premier filtre du départ. Pour 55
% de la jeunesse, le budget et le coût de la vie seront les facteurs clés de
l'évolution de leurs futures vacances, reléguant au second plan les crises
géopolitiques (10 %) ou les enjeux environnementaux (6 %). Les contraintes
financières sont d'ailleurs désignées comme le premier frein absolu au départ
par 57 % des répondants.
Pour résoudre cette équation complexe sans renoncer au dépaysement, la
jeunesse adapte ses formats de séjours en fragmentant son temps libre :
- La contraction des durées : Le format d’une seule semaine s'impose comme la norme de référence pour 51 % des sondés, tandis que les longs séjours de trois semaines ou plus deviennent marginaux
(11 %).
- Le fractionnement de l'année :
45 % des jeunes anticipent des séjours plus courts mais plus fréquents tout au
long de l'année (week ends prolongés, ponts, printemps), une tendance qui
culmine à 51 % chez les familles avec enfants. Pour 45 % de l'échantillon
global, l'organisation de ce départ dans un contexte tendu est désormais perçue
comme un processus « plutôt difficile ».
Des arbitrages financiers radicaux au profit de l'hébergement
Dans la construction du budget, un poste de dépense écrase tous les
autres, car l'hébergement absorbe 66 % du budget principal des vacances.L'étude
VVF et Ifop révèle une trajectoire très nette liée au cycle de vie. Les 25 à 29
ans incarnent une parenthèse unique, puisqu'il s'agit de la seule tranche d'âge
qui opère une bascule expérientielle, faisant passer le budget des activités et
des expériences devant celui du logement.
Dès le cap de la trentaine franchi et l'arrivée des enfants, le besoin
de confort et de stabilité reprend brutalement le dessus, repositionnant
l'hébergement comme le pivot central des dépenses. C’est ce qui explique le
plébiscite massif pour le modèle du village vacances, choisi par 40 % des
répondants pour sa convivialité familiale et sa simplicité d'organisation.
Le grand paradoxe de l'écologie
L'enquête met en lumière un paradoxe générationnel saillant entre les
projections idéologiques et les arbitrages réels. Si les 18 à 40 ans aspirent
massivement à un retour aux sources, la nature étant la projection d’avenir la
plus consensuelle, plébiscitée par 62 % des jeunes pour leurs vacances dans
vingt ans, et si 53 % imaginent des vacances futures plus écoresponsables, la
réalité du portefeuille dicte ses lois à court terme.
Seuls 6 % des sondés placent aujourd'hui les préoccupations
environnementales comme le facteur d'influence ou le déclencheur principal de
leurs choix de vacances face à l'urgence du coût de la vie.
5 juin 2026 : un colloque national pour relever le défi du droit aux
vacances
Pour prolonger la réflexion et dépasser le simple constat, Martine
Pinville, Présidente de VVF, et Stéphane Le Bihan, Directeur général de VVF,
organisent avec le soutien de Franck Présumey, Directeur général de la Ligue de
l’Enseignement, une journée de débats ce vendredi 5 juin. Sous le titre «
Des congés payés au droit aux vacances pour tous, une conquête inachevée »,
cet événement réunit des chercheurs, des sociologues et des acteurs majeurs du
secteur pour analyser les freins actuels au départ et dessiner des solutions.
La matinée s'ouvre sur la présentation d'une étude exclusive de VVF consacrée
aux perspectives des nouvelles générations : « Les jeunes et l'avenir des
vacances ».
Rythmée par trois tables rondes animées par Jean Pinard, consultant
tourisme, la journée s'articule autour d'interventions clés : Un état des lieux historique et social du droit aux vacances, avec les
retours d'expérience et les analyses de Nicolas Randy (Directeur des politiques
sociales de l’ANCV), Émilie Schaf (Membre du bureau national Secours Populaire
en charge de l’accès aux vacances), Agnès Bathiany (Directrice générale des
PEP) et de Mathilde Robin (Doctorante en histoire de l’art et de l’architecture
à l’Université de Rennes 2, chargées d’études inventaire du patrimoine
culturel).
Une réflexion sur les fractures territoriales et les solutions locales
pour y remédier, portée par Pierre Chevalier (Président de Haute-Corrèze
Communauté), Saskia Cousin (anthropologue et professeur de sociologie), Aurélie
Loubes (Directrice du CRT Nouvelle-Aquitaine) et Bastien Orsini (Trésorier du
CSE RATP).
Une session prospective pour imaginer le tourisme de demain, avec les éclairages du géographe Rémy Knafou, de Rémi Oudghiri (Directeur général de Sociovision - Groupe IFOP), ainsi que Carole Tabourot (Directrice RSE TGV et Intercités de SNCF Voyageurs).


