82% des recruteurs estiment que l’IA
standardise les profils, mais 69% l’exigent dans leurs propres outils pour
sauver l’humain.
Alors que l’intelligence artificielle s’est massivement imposée dans le quotidien des entreprises, une nouvelle réalité bouscule le marché de l’emploi : les candidats s’approprient les outils technologiques pour rédiger, optimiser et automatiser leurs candidatures. Ce qui crée une certaine standardisation des profils et une crise de confiance de la part des professionnels du recrutement.
C’est ce que révèle l’étude menée par OpinionWay pour Tellent auprès de 500
recruteurs, leader européen en matière de technologie RH à destination des
entreprises.
L’enquête dévoile un paradoxe de taille :
si l’usage de l’IA par les candidats génère une crise de confiance,
l’utilisation de l’IA par les recruteurs s’impose comme l’une des solutions
pour restaurer le discernement et privilégier les échanges humains.
73% des recruteurs jugent le processus de recrutement faussé par la
standardisation des profils
L’utilisation croissante de l’IA par les candidats vient profondément
perturber les règles traditionnelles d’évaluation des candidatures : 82% des
recruteurs affirment que l’IA tend à standardiser les profils et rend les
candidats de plus en plus difficiles à différencier. Conséquence directe : 73%
affirment que l’utilisation de l’IA biaise le processus de recrutement.
Les professionnels font face à une déshumanisation des premières étapes
de sélection, et plutôt que de rejeter le progrès technologique, ils sont en
perte de repères. Interrogés sur leur principale préoccupation, ils sont
partagés en trois blocs quasi-égaux :
• 27% redoutent d'abord la perte
d'authenticité dans les échanges.
• 26% craignent le risque de
passer à côté de profils intéressants
face au volume croissant de candidatures.
• 25% pointent la difficulté à
identifier les véritables compétences
derrière une candidature optimisée par l'IA. Ils sont dans l’incapacité de
déceler le vrai savoir-faire derrière un profil parfaitement optimisé par l’IA.
Les inquiétudes des recruteurs liées à l’usage de l’IA se déplacent en
fonction de leur familiarité avec l’IA
L’étude met en lumière un indicateur fort : l’expérience concrète ne dissipe pas les craintes, elle les déplace et les accentue. Le cri d’alarme des professionnels : 81% de ceux qui utilisent déjà l’IA au quotidien affirment que l’usage qu’en font les candidats biaise le processus de recrutement (contre
64%
pour les non-utilisateurs).
La nature des inquiétudes se modifie totalement. Les résultats
permettent de constater que l’inquiétude liée à l’usage ne disparaît pas en
fonction de l’expérience. Alors que les novices craignent la gestion des
volumes (31%), les recruteurs expérimentés quant à eux, se focalisent
uniquement sur l’éthique et la perte d’authenticité (37%).
Plus de deux tiers des recruteurs jugent qu’une IA intégrée à leurs
propres outils est désormais nécessaire
Combattre l’IA par l’IA, afin de permettre aux recruteurs de devenir de
« super-recruteurs » et se libérer du temps humain. C’est un autre point
important que révèle l’étude.
Face à l’utilisation croissante de ces outils par les candidats, les entreprises n’ont d’autre choix que de s’équiper pour ne pas se laisser submerger par l’automatisation des postulants. Une large majorité de recruteurs demande une IA intégrée à leurs propres outils :
• Plus de deux tiers (69%) des
recruteurs jugent qu’une IA intégrée à leurs outils est désormais utile, voire
indispensable.
• Pour 17% d’entre eux, et
jusqu’à 33 % pour ceux qui en sont déjà équipés, l’outil informatique est le
seul et l’unique moyen de garder le contrôle face à la massification des
candidatures.
L’IA est ici plébiscitée comme un assistant décisionnel et stratégique
venant en soutien de deux fonctions clés : la préparation du recrutement
(offres, sourcing) à 56%, et le traitement automatisé des dossiers (tri,
filtres) à 50%.
L’entretien physique est devenu le seul et unique moment qui permet de
révéler le profil réel d’un candidat pour près de 8 recruteurs sur 10 (79%)
L’étude révèle un basculement majeur : plus la technologie progresse en
amont, plus l’échange humain direct a posteriori est précieux et indispensable.
Pour 79% des recruteurs, la phase d’entretien devient le seul et unique moment
où il est encore possible d’évaluer le candidat. C’est un constat unanime chez
les recruteurs : ce chiffre grimpe à 97% chez les recruteurs qui utilisent déjà
l’IA. Pour eux, l’outil gère le tri et l’humain gère le discernement.
Par ailleurs, 73% des répondants s’accordent à dire que déléguer les tâches répétitives à l’IA, leur offre la possibilité de se concentrer sur l’essentiel : le discernement, la personnalité du candidat et sa compréhension. Cette technologie devient ainsi un levier de décision stratégique, en soutien du jugement humain, sans s’y substituer. La qualité des décisions s’en trouve d’autant plus renforcée lorsqu’elles s’appuient sur une vision globale du cycle de vie du collaborateur et des données connectées.


