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[Etudes] Deux tiers des entreprises prévoient des augmentations salariales en 2026

Baromètre RH 2026 Les Éditions Tissot et Payfit.

 

Alors que la transparence salariale s’impose comme un nouveau défi pour les entreprises, les politiques de rémunération repartent à la hausse.

Selon la dernière édition du baromètre RH des Éditions Tissot et PayFit, 65 % des entreprises prévoient des augmentations individuelles et 47 % des augmentations collectives en 2026.

Une dynamique plus volontariste, qui intervient dans un contexte toujours sous tension pour les RH, confrontés à une surcharge durable et à une pression réglementaire croissante.

 

Parmi les chiffres à retenir

 

Seulement 28 % des entreprises ont revu leur politique de rémunération en 2025, contre 65 % qui anticipent des augmentations en 2026. Après une période de prudence, les entreprises semblent amorcer un réinvestissement de la rémunération comme levier central de pilotage RH.

 

56 % des RH jugent la transparence salariale prioritaire, mais 38 % redoutent des tensions internes. Si la réforme à venir est déjà pleinement intégrée dans les priorités RH, elle soulève des inquiétudes relationnelles et sociales, et annonce une remise à plat sensible des équilibres internes.

 

Menée auprès de 628 professionnels RH entre décembre 2025 et février 2026, la 9e édition du Baromètre “Les RH au quotidien” des Éditions Tissot et PayFit met en lumière une fonction RH en mutation, confrontée à des exigences croissantes, à une pression durable, et à la recherche d’un nouvel équilibre entre contraintes opérationnelles et transformation de ses pratiques.

 

Dans ce contexte de pression accrue, la rémunération apparaît comme un levier clé pour redonner des marges de manœuvre aux directions RH.

 

Rémunération : une accélération nette attendue en 2026

 

En 2025, seules 28 % des entreprises ont fait évoluer leur politique de alariesion. L’année 2026 marque toutefois un changement de posture : 65 % des RH interrogés déclarent que leur entreprise prévoit des augmentations individuelles, alaries progression très nette par rapport à 2025. Cette évolution reflète en partie le ala structurant de la alariesion pour répondre aux attentes des alaries (le salaire restant le premier critère de choix pour 65% des candidats), tout en préservant les équilibres internes en prévision des défis liés à l’entrée en vigueur prochaine de la directive sur la transparence salariale.

 

Transparence salariale : un enjeu prioritaire pour plus d’un RH sur deux

 

La transparence salariale s’impose également comme un sujet structurant, avec 56 % des professionnels RH qui l’identifient comme un enjeu prioritaire. Ce qui démontre que la réforme est déjà anticipée dans les agendas RH, avant même son entrée en vigueur.

 

« La transparence salariale est sans conteste un nouvel enjeu-clé pour les RH. Derrière l’enjeu d’équité, totalement justifié, se cache une réalité plus complexe : celle d’un cadre réglementaire en constante évolution, qui exige des entreprises une mise en conformité rigoureuse », explique Caroline Acs, Directrice Générale des Editions Tissot.

 

Si des inquiétudes subsistent, notamment sur les tensions internes qu’elle pourrait cristalliser (38%), elles traduisent surtout un changement d’échelle. La transparence ne se limitera plus à une obligation de conformité, elle obligera les entreprises à revoir en profondeur leurs pratiques de rémunération, à les formaliser et à les objectiver.

 

Mais si les RH identifient assez facilement les sujets impactants, ils risquent d’avoir du mal à tout mener de front. Car en effet, autre constat du baromètre, la gestion administrative reste encore la mission la plus chronophage dans leur quotidien. Puisqu’ils déclarent y consacrer la majorité de leur temps (entre

3 et 5 heures par semaine), reléguant au second plan d’autres sujets qu’ils estiment pourtant stratégiques comme la qualité de vie au travail ou la formation et la gestion des compétences.

 

Des RH engagés, mais confrontés à une fatigue et un isolement durables

 

Le sens du métier reste un point d’ancrage solide avec 97 % des professionnels RH qui se sentent utiles, et 90 % qui se déclarent épanouis dans leurs missions. Cette adhésion forte confirme le rôle central de la fonction dans les organisations.

 

Mais cet engagement s’accompagne d’une pression persistante. En effet,  81 % des RH se atigue atigues, voire épuisés, et 70 % ressentent de l’isolement. Plus qu’un simple ressenti, ces chiffres peuvent illustrer une tension structurelle.

 

Les directions RH sont à la fois au cœur des transformations et, en même temps, s’estiment insuffisamment soutenues pour y faire face pleinement.

 

IA : un levier d’efficacité qui accompagne, sans encore transformer

 

Dans ce contexte de tensions, l’intelligence artificielle progresse rapidement dans les pratiques RH avec 40 % des professionnels qui l’utilisent désormais régulièrement. Parmi les usages les plus cités : la rédaction de contenus bien sûr, mais également la veille et le suivi des évolutions juridiques, en cohérence avec leurs enjeux de conformité réglementaires. Pour autant, seuls 2 % en ont fait un pilier stratégique.

 

Ce décalage montre que l’IA est encore utilisée comme un outil d’optimisation, mais qu’elle pourrait peut-être à terme jouer un rôle clé pour automatiser certaines tâches et permettre aux RH de se recentrer sur des enjeux à plus forte valeur ajoutée.

 

Selon Firmin Zocchetto, cofondateur et CEO de PayFit : « L’enjeu pour les RH aujourd’hui, c’est de retrouver du temps pour se concentrer sur ce qui fait la valeur de leur rôle : l’humain. L’intelligence artificielle peut les y aider, à condition d’être pensée comme un outil du quotidien. Mais à terme, elle ira plus loin : elle ne se limitera plus à assister, elle permettra aux équipes RH de mieux piloter la rémunération, d’anticiper les évolutions réglementaires et d’accompagner plus finement les transformations de l’entreprise. »

 

En bref : Le Baromètre RH 2026 met en évidence une fonction RH à un point de bascule. Entre fatigue persistante, montée des attentes en matière de qualité de vie au travail et pression réglementaire accrue, les directions RH doivent repenser leurs équilibres.

Il confirme une profession toujours ancrée dans l’accompagnement humain, mais encore contrainte par le poids de l’administratif. Pour jouer pleinement leur rôle face à des exigences croissantes, les RH expriment un besoin clair de temps, de ressources et de reconnaissance. Reste à savoir si les entreprises leur donneront les moyens de relever ces défis.

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