Le
Réseau Action Climat publie un nouveau rapport "Financer la transition
écologique juste : faux débats mais vrais dégâts, pourquoi un budget contraint
n'excuse pas l'inaction" qui démontre chiffres, propositions et
méthodologie à l’appui que des solutions écologiquement efficaces,
économiquement responsables et socialement justes existent pour financer la
transition écologique.
Aujourd’hui, les
événements climatiques extrêmes se multiplient et 9 Français sur 10 se disent
inquiets de leurs impacts sur leur vie. Mais une question semble empêcher
l’action publique : avons-nous les moyens de financer la transition écologique
?
Cette interrogation
autour d’un budget contraint masque le véritable enjeu : celui des choix
politiques et de l’allocation des ressources. Des choix actuellement
incohérents : dans le budget de l’Etat,
seulement 8 % des dépenses de l’État sont réellement favorables au climat. Et
dans le même temps, des dizaines de milliards d’euros continuent de soutenir
des activités qui participent au changement climatique.
Des solutions de
financements pour répondre aux enjeux
Les besoins sont
pourtant connus et chiffrés par le Gouvernement lui-même : d’ici 2030, 66
milliards d’euros supplémentaires par an seront nécessaires pour tenir nos
objectifs climatiques, un effort à partager entre le privé et le public, avec
plus de 10 milliards pour le budget de l’Etat.
Dans ce cadre, le
rapport du Réseau Action Climat met en avant un panel de solutions permettant
une répartition plus juste de l’effort : taxation des dividendes des grandes
entreprises polluantes, ISF climatique ciblé sur l’empreinte carbone des hauts
patrimoines, suppression des niches fiscales néfastes, conditionnement des
aides publiques à des critères environnementaux… Et une méthodologie précise
pour s’assurer de l'efficacité des mesures de financement à la transition
écologique.
L'exigence d'une
transition juste
Autant de leviers qui
permettraient d’agir efficacement, sans faire peser l’effort sur les plus
vulnérables. L'équité et la justice sociale doivent être une boussole de
l’action publique afin de réduire les factures énergétiques des ménages,
améliorer la santé publique, créer des emplois et renforcer notre souveraineté
énergétique. Car les crises récentes l’ont montré : aucune politique climatique
ne tient si elle est perçue comme injuste. On ne peut pas demander les mêmes
efforts à celles et ceux qui n’ont pas d’alternative, et à ceux qui ont les
moyens et l’empreinte carbone la plus élevée.
Pour Emeline Notari,
responsable Financements de la transition écologique au Réseau Action Climat : « Les pouvoirs
publics sont face à un choix crucial :
continuer à entretenir le doute et les faux débats, ou regarder la
réalité en face : les moyens sont là, et ne pas les mobiliser est déjà en train
de nous coûter cher à la France, jusqu’à 10% de son PIB comme calculé par l’ADEME,
si rien n’est fait. »
Enfin, le rapport appelle à changer les règles du jeu budgétaire. Aujourd’hui, les “contraintes financières” empêchent d’investir à la hauteur des enjeux. Pourtant, la transition écologique n’est pas une dépense comme les autres : c’est un investissement indispensable pour éviter des coûts bien plus élevés dans le futur. Libérer l’investissement, c’est se prémunir des crises de demain.


