Pour accompagner la
transition environnementale et sociale des entreprises, les établissements
financiers proposent désormais des solutions de financements verts.
Fabrice Lemay, associé
Walter France, et Aurore Coillard-Damiani démontrent ici l’intérêt à la fois
pour les entreprises, les financeurs et les investisseurs.
Ces financements verts
s’intègrent désormais pleinement dans les politiques bancaires et constituent
un levier stratégique de verdissement des bilans, au même titre que les prêts
transition.
Les prêts verts sont
des instruments financiers dédiés au financement de projets à impact
environnemental positif. Ils permettent aux entreprises de financer leur
développement tout en inscrivant leur stratégie dans une logique durable,
répondant ainsi aux attentes croissantes des investisseurs, des partenaires
financiers et des donneurs d’ordres.
Différentes solutions
s’offrent aux entreprises qui peuvent ainsi adapter leur financement à leur
situation.
> Les entreprises
s’ouvrent à ces nouveaux financements
Selon Fabrice Lemay, associé Walter France, de nombreux dirigeants d’ETI restent pleinement engagés dans des démarches RSE malgré le recul du périmètre d’application de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive, une directive européenne qui encadre la publication d’informations extra-financières sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance par les entreprises).
« C’est
avant tout une question d’état d’esprit et de responsabilité sociétale assumée.
Certes, la complexité introduite par la CSRD pose question et le coût de mise
en œuvre pour les entreprises doit rester acceptable. C’est pourquoi les
dirigeants souhaitant maintenir une politique RSE recherchent avant tout de
l’efficience. La possibilité d’accéder à des financements bonifiés s’inscrit
pleinement dans cette démarche. »
Les dirigeants
s’orientent de plus en plus vers ces nouvelles solutions de financements verts
et les considèrent désormais comme un véritable levier stratégique leur
permettant de réaliser leur transition écologique.
> Une offre de
financement diversifiée
Plusieurs niveaux de
prêts verts sont proposés par des acteurs spécialisés qui répondent aux
différents objectifs des entreprises.
- Les Prêts de transition énergétique permettent d’améliorer
l’efficacité énergétique. Ils financent la rénovation immobilière (labels RE
2020, RT 2012), les équipements verts tels les bornes de recharge électrique ou
les panneaux photovoltaïques, les véhicules propres (électriques, hydrogène,
biocarburants).
- Les Prêts de
transition industrielle sont destinés à favoriser la relocalisation et à réduire
l'empreinte environnementale : décarbonation des process de fabrication,
relocalisation et circuits courts, économie circulaire, machines à faible
consommation énergétique.
- Les Prêts de transition numérique permettent de financer
la transformation digitale des outils et/ou des process : sécurisation et
dématérialisation des données, amélioration des conditions de travail,
développement du commerce unifié, outils CRM et optimisation.
- Les Prêts « transition impact ». Ces financements sont
indexés selon 1 à 3 critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (RSE)
: bonification progressive du taux selon l’atteinte des objectifs, suivi annuel
par attestations certifiées, développement d’une stratégie RSE.
- Enfin, le crédit-bail
et la location financière, toujours très utilisés car ils permettent d’éviter un
important investissement initial, permettent de financer du matériel tels que
véhicules électriques, à hydrogène ou au gaz, des panneaux solaires, ou tous
autres équipements économes en énergie.
Les banques et les
établissements financiers développent des offres de plus en plus adaptées :
création de fonds dédiés, taux bonifiés attractifs accordés aux entreprises
selon des critères basés sur des scorings financiers et extra-financiers, etc.
> Au-delà du crédit,
pourquoi investir dans la transition ?
Les établissements
spécialisés proposent également des solutions de placement durable qui
financent des projets écologiques comme les obligations corporate (Green bonds)
émis par de grands acteurs – collectivités, banques, industrie –.
Ces green bonds offrent
le plus souvent des rendements comparables, voire supérieurs aux obligations
classiques ; ils répondent à une demande croissante aussi bien de la part des
investisseurs institutionnels que des particuliers.
Il existe également des
fonds de capital investissement qui investissent dans des projets innovants à
fort impact pour accompagner la mobilité décarbonée, la recherche
environnementale, l’agriculture durable ou l’économie circulaire, la gestion et
le retraitement des déchets, entre autres. Ces fonds peuvent générés des
rendements élevés car ils s’appuient sur l’innovation et la croissance des
marchés « verts » : recyclage, hydrogène vert, mobilité électrique, etc.
A noter que les Etats
et l’Union européenne multiplient les incitations pour les investissements
verts ; les entreprises et les investisseurs qui anticipent ces réglementations
réduisent leurs risques réglementaires et bénéficient d’avantages fiscaux.
Les green bonds et les
fonds verts offrent une double opportunité : des rendements attractifs et un
impact écologique mesurable, le tout en phase avec les nouvelles normes et les
valeurs des investisseurs.
> La durabilité, un
levier de financement et de croissance
Même si le périmètre
réglementaire de la CSRD a été recentré, les entreprises ont tout intérêt à
engager une démarche volontaire de durabilité. Le reporting ESG (environnement,
social, gouvernance) devient un facilitateur d’accès au crédit, un signal de confiance
pour les partenaires financiers et un facteur de différenciation durable.
Les prêts verts et les
financements durables s’imposent aujourd’hui comme de véritables opportunités
de développement, ils s’inscrivent ainsi dans une logique de long terme, où la
performance financière et la performance extra-financière deviennent indissociables.
Les entreprises doivent
structurer leurs projets de transition, définir le périmètre des critères ESG,
établir des rapports de durabilité (VSME, voluntary sustainability reporting
standard for non-listed SMEs, norme volontaire européenne de reporting de durabilité
destinée aux PME non cotées, CSRD volontaire) et, enfin, sécuriser les échanges
avec les partenaires bancaires.
Aurore Coillard-Damiani, associée membre affilié Walter Allinial, insiste : « Les entreprises doivent rendre leur démarche ESG lisible, mesurable et crédible, sans complexité inutile. Cette structuration permet aux banques de s’appuyer sur des informations fiables et comparables pour intégrer les enjeux extra-financiers dans leurs décisions de financement. Les dirigeants ont tout intérêt à se faire accompagner par des cabinets spécialisés pour multiplier leurs chances d’accéder à des financements verts et bonifiés, de renforcer leur scoring ESG, d’anticiper les exigences réglementaires (CSRD, taxonomie européenne) et de transformer la durabilité en avantage compétitif. »


