En 2025, l'ordre mondial a profondément évolué. L’année a été marquée par une intensification des conflits entre grandes puissances et un affaiblissement des mécanismes de régulation multilatéraux. Nous assistons à une généralisation des guerres hybrides combinant cyberattaques et désinformation amplifiée par l'intelligence artificielle.
Dans
ce contexte, selon une enquête d’opinion Elabe pour France Assureurs (mars
2026), 80 % des Français sont inquiets pour leur pays, à court comme à long
terme. Leur inquiétude concerne également les risques auxquels ils sont
confrontés à titre personnel, par exemple la cybercriminalité ou leur situation
financière. La plupart des risques leur apparaissent désormais comme imminents.
Si les assureurs partagent ces préoccupations à court terme, leur vision à un
horizon de 10 ans semble moins pessimiste, comme le montre la 9e cartographie
des risques publiée en janvier dernier par France Assureurs. Cette capacité à
distinguer les turbulences conjoncturelles de la solidité des fondamentaux
permet à l'assurance une double réponse : agir dans l'urgence du présent, tout
en préparant les transformations structurelles de long terme.
L’assurance est un moteur de l’économie productive
Dans cet environnement incertain, les Français épargnent plus que jamais
: en 2025, leur taux d’épargne a atteint 18,3 %, soit 347 milliards d'euros,
dont 174 milliards investis dans l’immobilier. Sur les 185 milliards d’euros
restants, la part la plus importante de leur épargne, soit 81 milliards, a été
orientée vers l’assurance vie, qui affiche un rendement net moyen de 3,3 % en
2025, largement supérieur à l’inflation.
L'encours total de l'assurance vie s’élève à 2 107 milliards d'euros à
fin 2025. La part des unités de compte représente désormais 32 % de cet
encours, contre 19 % en 2005. Au total, les investissements des assureurs
français se montent à 2 774 milliards d'euros à fin 2025 (+6,3 %), un montant
qui a plus que doublé en vingt ans. C'est l'équivalent de 93 % du PIB français.
Ces investissements, réalisés à 81 % dans la zone euro, irriguent l’ensemble
de l’économie : la part consacrée au financement des entreprises est passée de
53 % en 2005 à 64 % aujourd’hui. Les assureurs sont ainsi des investisseurs
majeurs dans l’économie productive française. Ils financent également les
administrations publiques à hauteur de 642 milliards d’euros, don’t 317
milliards en obligations et bons du Trésor français. Cela représente 10 % de la
dette de l’État, soit plus de 22 % de la part détenue par les esidents.
L’assurance est un acteur majeur du modèle social français
La contribution des complémentaires santé au financement du système de
santé continue de progresser, atteignant 13,8 % du total (+ 1,1 point en cinq
ans). Les organismes complémentaires sont les premiers financeurs des dépenses
en optique, audiologie et dentaire, qui ont augmenté de 30 % en dix ans, tandis
que le reste à charge des ménages a diminué de 7 points depuis 2015, très
largement pris en charge par les complémentaires santé. Entre 2020 et 2024, le
coût des prestations d’assurance santé a augmenté de +23,6 % sans être compensé
par l’augmentation des cotisations (+21,7 %), accroissant la pression sur les
complémentaires santé.
En 2025, les impôts et taxes prélevés sur le secteur de l’assurance et sur les assurés ont atteint
36,4 milliards d’euros. Les hausses d’impôts
récemment annoncées par les pouvoirs publics se répercuteront sur le pouvoir
d’achat des Français puisqu’ils sont presque tous assurés. L’enjeu est donc de
maitriser les dépenses plutôt que de les taxer davantage. Les assureurs
formulent à cet égard plusieurs propositions concrètes et efficaces pour
réguler les dépenses de santé, comme la refonte du contrat responsable ou
encore une lutte plus efficace contre la fraude grâce à une nouvelle loi en
préparation.
Par ailleurs, la retraite des Français repose encore à 72 % sur les
régimes obligatoires, dont l’équilibre financier reste précaire en dépit des
nombreuses réformes engagées ces dernières années. Dans ce contexte, le Plan
d’Épargne Retraite (PER) assurantiel poursuit son développement : en 6 ans, il
a séduit près de 8 millions d’assurés et enregistre en 2025 une collecte nette
de plus de 11 milliards d’euros, pour atteindre un encours total de près de 112
milliards d’euros au 31 décembre 2025.
Afin de démocratiser l’épargne retraite, sans coût pour les finances
publiques et sans renchérir le coût du travail, les assureurs proposent
notamment de flécher une partie de l’intéressement et la participation vers le
PER, et d’en généraliser la mise en place dans toutes les entreprises de plus
de 10 salariés, sans obligation de versement.
Le dérèglement climatique transforme en profondeur la vie des Français
Le dérèglement climatique constitue désormais une réalité tangible. À
l’échelle mondiale, 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais
enregistrée, avec une température moyenne mondiale de 14,97°C, après 2024 et
2023. Pour la sixième année consécutive, les dommages assurés liés aux
catastrophes climatiques ont dépassé les 100 milliards de dollars.
En France, l’année a été contrastée en matière climatique : peu d’événements extrêmes, hormis le cyclone Garance en février 2025 à La Réunion qui a coûté près de 400 millions d’euros, mais un été classé troisième parmi les plus chauds derrière 2003 et 2022. Les 105 journées de grêle enregistrées en 2025, dont 68 avec des grêlons de plus de 2 cm, expliquent la facture de 2,2 milliards d’euros, soit la 2e année la plus coûteuse depuis le début des mesures en 1984, après 2022 (5,1 milliards d’euros).
Par ailleurs, le manque de
pluie combiné à un été parmi les plus chauds et à des températures très élevées
en juin, a provoqué un assèchement des sols superficiels. À l’échelle
nationale, cet épisode de sécheresse peut être considéré dans la moyenne des
dernières années, avec un coût total qui frôle le milliard d’euros selon CCR.
Au total, le coût des événements naturels a ttaint 5,2 milliards d’euros
en France en 2025. Le coût des aléas climatiques relevant du régime des
catastrophes naturelles reste stable sur les 3 dernières années, autour de 1,6
milliard d’euros. En parallèle, le coût de la grêle, pris en charge par les
seuls assureurs privés, représente au total 43 % de la charge climatique de l’année
2025. Enfin, au 5 mars 2026, le coût des dommages liés aux tempêtes Nils et
Pedro est estimé à 1,1 milliard d’euros.
L’assurance, une ceinture de sécurité pour les risques du quotidien
Chaque année, les assureurs gèrent 13 millions de nouveaux sinistres,
soit près de 36 000 par jour.
En assurance habitation, la fréquence des sinistres incendies recule
tendanciellement depuis le début des années 2010, mais cela ne compense pas la
forte hausse de son coût moyen : +118 % en 20 ans, particulièrement depuis 2020
(+49,7 %). En 2025, le coût moyen a de nouveau augmenté de +12 %. Au total, les
indemnisations des incendies ont augmenté de +57 % en 20 ans. Sur la même
période, les indemnisations liées aux dégâts des eaux ont progressé de 88 %,
sous l'effet des hausses cumulées de la fréquence et du coût moyen des
sinistres.
En assurance automobile, la fréquence des sinistres matériels est en
baisse de 2 % après une quasi-stagnation en 2024. Mais dans le même temps, le
coût moyen des sinistres matériels a continué d’augmenter en 2025 (+5,3 %,
après +6,7 % en 2024). Depuis 2020, la hausse est de +39 %. En 20 ans, ce coût
a augmenté 2,2 fois plus que l’inflation (+86 % contre +38 %).
En 2025, la sinistralité des assurances des professionnels et des
entreprises est restée à un niveau élevé, supérieur de 25 % à la moyenne des 10
dernières années, en faisant la 2e année la plus coûteuse depuis 20 ans. La
charge des sinistres graves recule par rapport à 2024, une année marquée par
les événements en Nouvelle-Calédonie qui avaient représenté un tiers de la
charge totale. Avec 935 millions d’euros, l’année 2025 reste toutefois la
troisième année la plus coûteuse des douze dernières années pour la profession,
hors événements urbains. Par exemple, l’incendie d’une usine de retraitement de
déchets, le 7 avril 2025 à Paris, a eu un coût estimé à plus de 50 millions
d’euros. Les assureurs se mobilisent donc pour renforcer la prévention au sein
des entreprises en finançant des essais à taille réelle pour mieux comprendre
les mécanismes de déclenchement, de propagation et d’extinction des incendies,
en particulier ceux liés aux batteries lithium-ion qui se sont généralisées
dans notre environnement quotidien.
Enfin, le nombre de contrats cyber pur a augmenté de +11 % en 2025, et
ces derniers représentent désormais 93 % d’un marché total estimé à 326
millions d’euros de cotisations.
La baisse parallèle de 8% des cotisations des contrats cyber pur
s’explique notamment par une meilleure ssureson des entreprises ssures : selon
la Fédération européenne des associations de risk management (FERMA), la
sinistralité cyber demeure élevée, mais elle est désormais mieux comprise,
mieux anticipée et mieux absorbée par le marché.
L’assurance française, championne d’Europe, est au service de la société
française
L’assurance est un service de proximité : son réseau de distribution
d’assurance couvre l’ensemble du territoire puisque 97 % de la population
française réside à moins de 5 kilomètres d'une offre d'assurance. Ce réseau
s’appuie sur les 300 000 salariés et intermédiaires indépendants du secteur.
L’emploi dans l’assurance continue de progresser (+10 % depuis 2019, +0,6 % en
2025), alors que l’emploi salarié de l’ensemble du secteur privé ralentit (−0,3
% en 2025). Le secteur offre des conditions de travail favorables : 93 % de ses
salariés sont en CDI, 71 % pratiquent le télétravail et 55% d’entre eux gagnent
plus de deux fois le SMIC, contre un tiers pour l’ensemble du secteur privé.
La France a donc besoin d’assurance car s’assurer demeure indispensable
pour se protéger. La solidité du secteur est confirmée par ses ratios de
solvabilité élevés (282 % en non vie et 231 % en assurance vie et mixte),
toujours très largement au-dessus des exigences réglementaires.
Selon Florence Lustman, présidente de France Assureurs : « Notre mission quotidienne en tant qu’assureurs, c’est de réparer le monde réel, après la grêle sur le toit, l'accident sur la route, ou quand la maladie s'installe. Et ce faisant, nous permettons à chacun de se projeter dans le futur, d'investir, de bâtir son avenir. L'assurance est une force stabilisatrice. Quand tout vacille, nous sommes là. Quand les risques se rapprochent, nous les anticipons. Quand l'avenir inquiète, nous aidons à le préparer. La France a besoin d'assurance, sur le court terme comme sur le long terme, et les assureurs sont au rendez-vous pour répondre aux besoins des Français et relever avec eux les grands défis de notre temps. »


